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Culture - Musée

Quand Degas rend visite à Toulouse-Lautrec

Quand Degas rend visite à Toulouse-Lautrec

Un spectacle, réalisé par Philippe Cotten, emmène chaque soir quelque 400 spectateurs « Dans les pas de Toulouse-Lautrec », en une « plongée poétique dans l’univers du peintre ». Lionel Bonaventure/AFP

Le Musée Toulouse-Lautrec d’Albi, dans le sud de la France, fête son centenaire par une mise en regard inédite des œuvres de ce peintre et de Degas qu’il admirait, et se pare de lumières en soirée pour conter la vie du célèbre portraitiste de la bohème parisienne.

« Quand Toulouse-Lautrec regarde Degas » : pour la première fois, une exposition donne à voir les « connivences » entre ces artistes, qui évoluaient dans « le même milieu, s’inspiraient des mêmes thèmes ».

En dépit de ces affinités, ils n’ont pourtant « jamais été amis et une génération les séparait », souligne Maud Rauffet, de la direction du Musée Toulouse-Lautrec, installé dans l’ancienne cité épiscopale d’Albi, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité.

Une centaine d’œuvres, certaines prêtées par le musée d’Orsay et d’autres, montrent ces femmes aux chevelures flamboyantes, ouvrières, musiciennes, danseuses d’opéra,

vedettes de cabaret ou pensionnaires des maisons closes qui les ont inspirés ; outre le cirque, les chevaux ou les figures du Paris du XIXe, tels leurs hommes en gibus.

L’exposition, jusqu’au 4 septembre, rappelle aussi leurs liens avec Suzanne Valadon, écuyère devenue modèle puis peintre, maîtresse d’Henri de Toulouse-Lautrec, élève d’Edgar Degas et mère d’un autre artiste, Maurice Utrillo ; ou avec la cantatrice Marie Dilhau, qu’ils peindront au piano, à vingt ans d’écart.

Affinités de deux artistes

Tous deux s’ingéniaient à expérimenter, utilisaient la technique du non finito, tronquaient les corps, aimaient les cadrages décalés pour capter un trait, une émotion. « Ils ne rechignent pas à détourner le regard pour montrer non l’artiste sur scène, mais les spectateurs », ajoute Maud Rauffet, devant La loge au mascaron doré de l’un, le Portrait d’homme de l’autre.

Si Toulouse-Lautrec, né à Albi en 1864, a pu parfois s’inspirer de Degas, de trente ans son aîné, des œuvres montrent leurs points communs bien avant qu’ils fréquentent les mêmes cercles. À seulement 17 ans, le plus jeune peint son père Le comte Alphonse de Toulouse-Lautrec à cheval avec un faucon, huile sur bois qui fait écho à l’aquarelle du Fauconnier de Degas.

Œuvres qui ne sont pas sans évoquer le surnom tendre de « petit faucon » dont Lautrec signait ses lettres à sa mère, ainsi que le conte le son et lumières donné à la nuit tombée dans les jardins, en contrebas de l’élégant palais.

Le spectacle, réalisé par Philippe Cotten, de son nom d’artiste CozTen, l’un des scénographes de la Fête des lumières de Lyon, emmène chaque soir quelque 400 spectateurs « Dans les pas de Toulouse-Lautrec », en une « plongée poétique dans l’univers du peintre ».

Pour l’occasion, la tour Maje s’est costumée en Moulin-Rouge, se parant d’ailes de 10 mètres d’envergure, montées à la main en rappel, le site classé n’étant accessible à aucun engin.

« L’idée, c’était de faire connaître Lautrec, le personnage, ses œuvres, en restituant l’ambiance montmartroise, les cabarets, le cirque, son époque aussi avec l’invention de l’électricité, le train, l’exposition universelle », précise CozTen.

Quand Toulouse-Lautrec regarde Degas » : pour la première fois, une exposition donne à voir les « connivences » entre ces deux artistes, qui évoluaient dans « le même milieu, s’inspiraient des mêmes thèmes ». Lionel Bonaventure/AFP

La vie, l’époque de Lautrec

« La lune trop blême pose un diadème sur tes cheveux roux... » fredonnant La complainte de la butte, chantée par Cora Vaucaire, le public descend sur le chemin de ronde qui longe le Tarn.

Les buis du jardin à la française s’illuminent de dizaines de pixels LED colorés, entrelacés sur près d’un kilomètre pour recréer l’atmosphère festive des nuits parisiennes.

Sur les immenses façades de brique rose, les tableaux de Lautrec, ses affiches de la Goulue, d’Aristide Bruant ou d’Yvette Guilbert, des ombres chinoises de trapézistes, etc. se succèdent, animés par une cinquantaine de projecteurs.

« Cela fait le lien avec l’exposition, nous replonge dans l’époque et les chansons que nous entendions enfants », se réjouit Françoise Le Noan, 59 ans, vacancière de Montélimar.

Non loin, des jeunes filles s’amusent des photographies d’un Lautrec provocateur, travesti ou nu en bord de mer, et sautillent au rythme du cancan. L’humeur joyeuse de l’artiste est contagieuse. « J’ai beaucoup aimé les effets de lumières. C’est plein d’humour aussi ! » témoigne Camille Lachère, 17 ans, originaire des Yvelines.

L’émotion est palpable lorsque le spectacle évoque la maladie, puis la mort de l’artiste à seulement 36 ans, par une nuit d’orage.

Comme sortant des murs, les ombres de deux faucons s’envolent alors au-dessus des jardins. Le silence et l’obscurité revenus, les applaudissements éclatent.

Florence PANOUSSIAN/AFP

Le Musée Toulouse-Lautrec d’Albi, dans le sud de la France, fête son centenaire par une mise en regard inédite des œuvres de ce peintre et de Degas qu’il admirait, et se pare de lumières en soirée pour conter la vie du célèbre portraitiste de la bohème parisienne.« Quand Toulouse-Lautrec regarde Degas » : pour la première fois, une exposition donne à voir les « connivences » entre ces artistes, qui évoluaient dans « le même milieu, s’inspiraient des mêmes thèmes ».En dépit de ces affinités, ils n’ont pourtant « jamais été amis et une génération les séparait », souligne Maud Rauffet, de la direction du Musée Toulouse-Lautrec, installé dans l’ancienne cité épiscopale d’Albi, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité.Une centaine d’œuvres,...
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