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Sport - Athlétisme / Championnats Du Monde

Rojas au triple saut et Barshim à la hauteur, double triplé à Eugene

La Vénézuélienne et le Qatari ont remporté un troisième titre consécutif dans l’Oregon, aux États-Unis.

Rojas au triple saut et Barshim à la hauteur, double triplé à Eugene

Le Qatari Mutaz Essa Barshim a été sacré champion du monde au saut en hauteur. Andrej Isakovic/AFP

Au pays du « triple double », performance statistique du basket-ball, la Vénézuélienne Yulimar Rojas au triple saut et le Qatari Mutaz Essa Barshim au saut en hauteur ont fait un « double triple » en remportant un 3e titre mondial consécutif à Eugene, dans l’Oregon, aux États-Unis. L’athlétisme, comme la NBA (la Ligue nord-américaine de basket), adore les chiffres, les séries et les records. Deux de ses plus grands champions lui ont offert de quoi rafraîchir ses livres statistiques en étirant leur règne. Presque en même temps, et à une vingtaine de mètres de distance, Rojas et Barshim ont de nouveau dominé leurs concurrents lors d’une finale mondiale après 2017 à Londres et 2019 à Doha.

À Eugene, dans l’Oregon, aux États-Unis, la Vénézuélienne Yulimar Rojas a été sacrée championne du monde au triple saut. Ezra Shaw/AFP

Comme à son habitude, la Vénézuélienne n’a pas étiré le suspense en réussissant dès le 2e saut une performance de 15,47 m (1,9 m/s de vent), la 6e meilleure de tous les temps (cinq sur six lui appartiennent), pour battre la Jamaïcaine Shanieka Ricketts (14,89 m) et l’Américaine Tori Franklin (14,72 m). La grande athlète (1,92 m) aux cheveux courts teints en blond, spécialiste du show à base de sauts à tomber de sa chaise et de petits pas de danse, a fait frémir la foule avec une tentative mordue a priori proche de son record du monde, établi en mars à Belgrade (15,74 m). À 26 ans, la Vénézuélienne, issue d’un milieu défavorisé d’Altavista, un secteur du barrio (quartier populaire) de Pozuelos, en banlieue de Puerto La Cruz, domine sa discipline alors qu’elle a déjà remporté deux fois l’or olympique (2016 et 2021). L’athlète, qui vit et s’entraîne en Espagne sous les ordres du Cubain Ivan Pedroso, regrettera juste de ne pas pouvoir s’aligner également sur le saut en longueur à Eugene parce que sa performance qualificative réussie en juin avait été invalidée pour des chaussures non conformes.

Pour sa part, Mutaz Essa Barshim a réussi un concours parfait en franchissant toutes ses barres au 1er essai jusqu’à 2,37 m. « Le triplé n’a jamais été fait avant, c’est une très belle statistique. Je veux accomplir de grandes choses, je veux être le sauteur en hauteur qui marque l’histoire. J’ai peu concouru, mais j’ai beaucoup travaillé depuis huit mois, même si, après Tokyo, ça a été dur de retrouver la motivation », a commenté Barshim. Le filiforme Qatari est longtemps resté sous la menace de l’endiablant Sud-Coréen Woo Sangh-yeok (en argent avec 2,35 m), passé proche de franchir 2,39 m. Avec son énergie, le champion du monde en salle a conquis la foule de connaisseurs, qui scandait « Woo ! Woo ! Woo ! » à chaque tentative. Mais Barshim est resté le patron après son titre olympique de 2021 qu’il avait partagé avec l’Italien Gianmarco Tamberi (4e à Eugene). Andriy Protsenko (3e à Eugene) apporte, lui, avec le bronze, la première médaille de ces championnats du monde à l’Ukraine. Le sauteur de Kherson n’a pu quitter son pays, envahi en février par la Russie, qu’en avril avec sa femme et ses deux enfants, direction le Portugal, l’Espagne puis la France. Il espère rejoindre la Pologne en revenant des États-Unis.

Les temps forts de la 6e journée

Pour la sixième journée de ces Mondiaux, la renaissance potentielle du Sud-Africain Wayde Van Niekerk sur 400 m sera l’un des temps forts attendus, tout comme la lutte qui s’annonce acharnée sur le 3 000 m steeple femmes. Pour le double tour de piste (800 m), tout semble ouvert. Le Kényan Emmanuel Korir, sacré champion olympique à Tokyo devant son compatriote Ferguson Rotich et le Polonais Patryk Dobek, espère marcher sur les traces d’un autre Kényan, David Rudisha, médaillé d’or olympique en 2012 et 2016, mais aussi aux Mondiaux en 2011 et 2015. Depuis cette date, le titre planétaire a échappé au Kenya alors que ses coureurs ont fait main basse sur les quatre dernières éditions des Jeux olympiques. Parmi les autres coureurs, Wyclife Kinyamal, vainqueur des qualifications au Kenya devant le champion du monde des moins de 20 ans Emmanuel Wanyonyi, veut jouer les trouble-fêtes. L’Américain Donavan Brazier, sacré à Doha en 2019 mais gêné par des pépins physiques, aura du mal à défendre son titre.

Par ailleurs, la Jamaïcaine Shelly-Ann Fraser-Pryce, sacrée à Eugene championne du monde du 100 m pour la 5e fois, sera présente au meeting de Ligue de diamant de Monaco le 10 août, ont annoncé hier mardi les organisateurs du tournoi. À 35 ans, Fraser-Pryce a dominé la finale du 100 m en 10 sec 67/100es, confirmant son statut de femme la plus rapide de la saison et sa longévité exceptionnelle, 13 ans après son premier sacre mondial. Les organisateurs ont également annoncé la présence de l’Américain Grant Holloway, sacré champion du monde du 110 m haies pour la seconde fois à Eugene et deuxième performeur de tous les temps sur la distance (12 sec 81/100es en 2021). Il retrouvera notamment à Monaco le Français Sasha Zhoya, éliminé en demi-finales à Eugene. Sont également prévus la Kényane Faith Kipyegon, sacrée sur 1 500 m à Eugene, et l’Américaine Katie Nageotte, également championne du monde de la perche dans l’Oregon.

Source : AFP

Au pays du « triple double », performance statistique du basket-ball, la Vénézuélienne Yulimar Rojas au triple saut et le Qatari Mutaz Essa Barshim au saut en hauteur ont fait un « double triple » en remportant un 3e titre mondial consécutif à Eugene, dans l’Oregon, aux États-Unis. L’athlétisme, comme la NBA (la Ligue nord-américaine de basket), adore les chiffres, les séries et les records. Deux de ses plus grands champions lui ont offert de quoi rafraîchir ses livres statistiques en étirant leur règne. Presque en même temps, et à une vingtaine de mètres de distance, Rojas et Barshim ont de nouveau dominé leurs concurrents lors d’une finale mondiale après 2017 à Londres et 2019 à Doha.À Eugene, dans l’Oregon, aux États-Unis, la Vénézuélienne Yulimar Rojas a été sacrée championne...
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