Andrée Daouk promue chevalier de la Légion d’honneur.
« En reconnaissance de votre action au service de l’éducation et de la culture, et au nom du président de la République française, je vous fais chevalier de la Légion d’honneur », a déclaré Jean-Christophe Deberre, ancien directeur général de la Mission laïque française, chargé de décerner cette distinction à l’ambassadrice de la MLF Andrée Daouk.
La cérémonie de remise s’est déroulée à Paris, au siège du Sénat, mercredi 6 juillet, en présence d’un nombre de proches, d’amis et de collègues, notamment ses enfants, Ayman Daouk et Alya Daouk Sabbagh, des députés Karim Ben Cheikh et Amélia Lakrafi, des sénateurs Samantha Cazebonne et André Ferrand, du président de la MLF François Perret et de l’ancien ambassadeur de France au Liban Bruno Foucher, actuellement président de l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger, ainsi que de la présidente du Festival de Beiteddine Nora Joumblatt.
Une passionnée dans l’aventure MLF
« Votre engagement et votre énergie consacrée entièrement à l’éducation et au service des autres constituent votre personnalité. » C’est par ces mots que Jean-Christophe Deberre a entamé son discours relatant la carrière d’Andrée Daouk, qui, durant quarante ans, a dirigé la maternelle du collège Louise Wegmann, fondée par Mmes Simone Cattoni et Raymonde Abou. « À cette époque, vous aviez déjà embrassé la cause de l’éducation et vous y étiez préparée depuis vos premiers pas à la tête de la filière de jardinière d’enfants créée par la Mission laïque française. Des études de pédagogie et de psychologie de l’enfant vous dotèrent d’une vraie spécialisation. »
Au début des années 2000, retirée du collège Louise Wegmann, « Andrée Daouk s’est lancée si pleinement dans l’aventure MLF que les présidents de l’époque Paul Fahy puis Jean-Pierre Bayle lui demandaient d’en être la représentante au Liban après en avoir été la conseillère ». Et M. Deberre de rendre hommage par la même occasion à l’époux de la détentrice des insignes de chevalier, feu Issam Daouk, qui fut « un soutien indéfectible » et « un complice de tous les instants ». Ainsi qu’à son beau-père, « Ahmad bey Daouk, ancien élève du Lycée français, haute figure de la politique, de la diplomatie et de l’histoire des premiers pas de l’indépendance qui vous a transmis l’esprit Mission laïque française ».
Jean-Christophe Deberre s’est estimé « en peine à compter tous les engagements de la décorée ». À savoir, pour la protection de l’enfant, la sauvegarde du patrimoine, notamment de Tyr, mais aussi au service de la Fondation de Gaulle au Liban et du Festival de Beiteddine, dont elle est un des membres fondateurs aux côtés de sa présidente Nora Joumblatt. Il a également cité sa contribution à l’Aflec (Association franco-libanaise pour l’enseignement et la culture) aux côtés du délégué général Rimah Hammoud.
« Femme hyperactive, passionnée dans son engagement à la MLF, elle a mis à la disposition de l’association ses réseaux de connaissance et a accompagné des projets, comme le Lycée franco-libanais de Habbouche à Nabatiyé, l’établissement Rassi au Akkar, le Lycée Montaigne à Beit Chabab... »
Une action en faveur du Liban
Toute en émotion, les premières pensées d’Andrée Daouk ont été à son époux feu Issam, « qui m’a comblée d’amour et de tendresse », à ses enfants Alya et Ayman, à sa maman, et ses frères Paul et René Khoury, à sa sœur Gigi, représentée ce jour-là par sa fille Patricia, et à son époux Didier Constant et leur fille Audrey. De même, elle a remercié « tous ceux qui ont porté mon nom pour cette prestigieuse distinction qui m’est décernée aujourd’hui dans ce haut lieu de la République, et particulièrement dans le salon René Coty, un ami de feu mon beau-père Ahmad Daouk, qui a été dès 1953 le premier ambassadeur du Liban en France ».
Et Mme Daouk d’enchaîner : « Si j’ai choisi, il y a bien longtemps, le domaine de l’éducation, c’est que je percevais l’importance d’une action en faveur d’un Liban fort, porteur de valeurs qui me sont essentielles dans la vie. J’ai eu la joie et le plaisir, tout au long de ce chemin, de tisser des liens forts entre la France et le Liban, mes deux pays de cœur. Malgré les événements qu’a traversés notre Liban, nombreux sont ceux qui ont partagé et partagent encore aujourd’hui mes projets et mes valeurs. Qu’ils soient présents ou disparus, je leur adresse toute ma gratitude. » Et de citer Simone Cattoni, Raymonde Abou, Sélim Abou, Mounir Chamoun, l’ancien ambassadeur de France Denis Pietton, Paul Fahy, ex-président de la MLF et de la Ligue de l’enseignement, ainsi que Pierre Vandevoorde, ancien doyen de l’Inspection générale vie scolaire, et Stéphane Attali, ancien directeur général de l’ESA Business School à Beyrouth trop tôt disparu. « Ils ont enrichi mon parcours académique et socioculturel, et contribué à rendre mon militantisme plus rayonnant. » Et Andrée Daouk de remercier les présidents, actuel et anciens, de la MLF ainsi que leurs équipes « d’avoir toujours été à l’écoute de nos problèmes ».

