Outre Nick Kyrgios, une difficulté supplémentaire menace Rafael Nadal en demi-finales de Wimbledon : la douleur abdominale qui l’a mené au bord de l’abandon en quarts face à Taylor Fritz. Glyn Kirk/AFP
Deux demi-finales inattendues aboutiront-elles à un nouvel épisode du plus récurrent des duels du circuit ATP (qui gère le tennis masculin) ? Aujourd’hui à Wimbledon – troisième levée du Grand Chelem –, le triple tenant du titre Novak Djokovic affronte Cameron Norrie, et Rafael Nadal, s’il est en état de jouer, sera opposé à Nick Kyrgios. Djokovic, en quête d’un 7e succès sur le gazon londonien (le 4e d’affilée), et Nadal, double lauréat, se sont affrontés 59 fois.
Pour Nadal, outre Kyrgios qui a atteint une demi-finale de Majeur pour la première fois, une difficulté supplémentaire le menace : la douleur abdominale qui l’a mené au bord de l’abandon en quarts de finale. « Je ne sais pas », a répondu le n° 4 mondial espagnol quand on lui a demandé s’il serait en mesure d’affronter l’Australien. Il a expliqué ne pas vouloir être plus précis pour ne pas être traité de « menteur » si les résultats des examens, prévus hier jeudi, étaient contradictoires avec ses déclarations. Quoi qu’il en soit, il a souligné que la raison pour laquelle il n’avait pas jeté l’éponge en quarts face à l’Américain Taylor Fritz, alors que ses abdominaux le torturaient, est qu’à 36 ans, il « déteste abandonner ».
Le public est rarement derrière Djokovic. Aujourd’hui, il le sera encore moins puisque le Serbe affronte Norrie (12e mondial) et que le Center Court n’avait plus eu l’occasion d’y voir un des siens en demies depuis Andy Murray en 2016, lorsque le Britannique avait ensuite remporté son second titre sur ce gazon. Pour Djokovic, qui a pris deux longueurs de retard sur Nadal dans la course aux titres du Grand Chelem (22 pour Nadal), le titre à Wimbledon revêt une importance particulière puisqu’il pourrait être le seul de l’année. Expulsé d’Australie avant le tournoi pour ne pas s’être fait vacciner contre le Covid-19, il pourrait manquer l’US Open qui débute le 29 août pour les mêmes raisons. Quant à Norrie, malgré le soutien du public, il sera l’outsider.
Dans le tableau féminin, si Simona Halep, lauréate du tournoi en 2019 pour sa dernière participation, a l’expérience des demies à Wimbledon, les trois autres qualifiées, Elena Rybakina, Ons Jabeur et Tatjana Maria sont, elles, des novices à ce stade en Grand Chelem.
Ons Jabeur et Tatjana Maria sont amies dans la vie. « C’est ma partenaire de barbecue », lance la Tunisienne qui « pour deux heures » va mettre leur amitié de côté. « Je plaisantais avec Charlotte (la fille aînée de Maria) en lui demandant si elle serait pour moi ou pour sa mère », s’amuse Jabeur. Elle avoue d’ailleurs son admiration pour sa prochaine adversaire allemande : « Elle a eu un tableau vraiment compliqué. Elle joue vraiment bien et je suis heureuse qu’elle obtienne ce qu’elle mérite. Il n’est pas facile de revenir après avoir eu deux enfants », insiste la
n° 2 mondiale. Arrivant à Wimbledon invaincue sur gazon cette saison, Jabeur sera forcément favorite face à la 103e mondiale. Sans compter que Jabeur est en mission, pour elle, le peuple arabe et plus généralement le continent africain. Première joueuse du monde arabe à être parvenue en quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem, à l’Open d’Australie en 2020, la Tunisienne est aussi la première joueuse africaine à atteindre les demi-finales d’un Majeur depuis la Sud-Africaine Amanda Coetzer (Roland-Garros 1997). En face, Maria considère vivre un « moment de folie », elle qui avait atteint une fois le 3e tour à Wimbledon (2015), mais jamais dépassé le 2e tour dans les autres Majeurs.
Trois ans après son titre et des mois passés à lutter contre les blessures, Halep est, elle, de retour en demi-finales. L’ex-n° 1 mondiale, actuellement 18e au classement WTA, a reconnu : « C’est génial d’être de retour en demi-finales, je suis très émue. » La Roumaine de 30 ans n’a pas encore perdu un set lors du tournoi. Pour tenter d’atteindre sa seconde finale à Wimbledon, elle devra écarter Rybakina (23e mondiale). « C’est incroyable. Je suis si heureuse d’être en demi-finales », a commenté la joueuse née il y a 23 ans et qui sera la première représentante du Kazakhstan, hommes et femmes confondus, à jouer une demi-finale d’un tournoi du Grand Chelem.
Source : AFP

