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Mikati dément des poursuites judiciaires en Europe à son encontre


Mikati dément des poursuites judiciaires en Europe à son encontre

Le Premier ministre libanais Nagib Mikati au palais présidentiel de Baabda, le 5 août 2021. Photo Dalati et Nohra

Le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, poursuivi en 2019 pour enrichissement illicite dans l'affaire de la Banque de l'habitat, a démenti que de nouvelles poursuites aient été engagées par la justice européenne à son encontre, alors que d'anciens messages entre la justice de Monaco et le pouvoir judiciaire libanais ont refait surface.

Dans un communiqué publié vendredi, le bureau de presse de M. Mikati a estimé que la fuite de ce document "dissimule des objectifs politiques bien connus", à l'heure où le milliardaire sunnite de Tripoli serait le candidat favori à sa propre succession à la tête du gouvernement. 

M. Mikati a noté que "d'anciens messages envoyés par la justice de Monaco au pouvoir judiciaire libanais, via l'ambassade du Liban à Paris, pour demander une aide judiciaire, et dans lesquels figuraient les noms du Premier ministre sortant, de son fils Maher et de son Frère Taha, circulent de nouveau". "Ces messages étaient intervenus en réponse à une lettre envoyée par le pouvoir judiciaire libanais durant la période où une enquête sur les prêts commerciaux obtenus par des membres de la famille Mikati avait été menée", a précisé le bureau de presse, soulignant que "la justice de Monaco a obtenu la réponse requise et ce dossier a été fermé". 

"Il est clair que la fuite de ce document en ce moment précis en particulier cache des objectifs politiques bien connus, sous la houlette de personnalités politiques et judiciaires agissant dans l’intérêt de cette demande", poursuit le texte, en notant que ce "dossier est invoqué et exploité politiquement à chaque échéance". Ces propos interviennent alors que le chef de l'État Michel Aoun devrait entamer des consultations parlementaires contraignantes jeudi prochain pour nommer un nouveau chef du gouvernement à la suite des législatives du 15 mai. La candidature de M. Mikati à ce poste serait envisagée par plusieurs forces politiques. 

Réagissant à ces développements, la procureure près la Cour d'appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, qui avait engagé en 2019 des poursuites contre M. Mikati, son fils Maher et son neveu Azami, fils de Taha Mikati, frère du Premier ministre, a démenti avoir contacté la justice de Monaco. "Je n'ai pas du tout  contacté les autorités de Monaco. Si cela avait eu lieu, ça l'aurait été par l'intermédiaire du ministère de la Justice, ce qui n'est pas arrivé", a-t-elle poursuivi, citée par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). 

En 2018, le journaliste Salem Zahrane avait déjà rapporté que des responsables politiques et des personnes fortunées avaient bénéficié par le passé de prêts au logement subventionnés par la Banque du Liban (BDL). Documents à l’appui, il avait précisé que plusieurs sociétés dirigées par des membres de la famille de M. Mikati ont bénéficié entre 2010 et 2013 de neuf prêts immobiliers subventionnés pour une valeur totale de 14 millions de dollars. Or, avec des fortunes personnelles d’environ 2,8 milliards de dollars, les frères Nagib et Taha Mikati sont des habitués du top 1.000 des plus grosses fortunes du monde publié chaque année par Forbes. Le groupe Mikati avait alors estimé être la cible d’une "campagne de dénigrement". Un conseiller de M. Mikati avait pour sa part assuré que ces prêts avaient été octroyés en conformité avec les règlements de la BDL.

Le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, poursuivi en 2019 pour enrichissement illicite dans l'affaire de la Banque de l'habitat, a démenti que de nouvelles poursuites aient été engagées par la justice européenne à son encontre, alors que d'anciens messages entre la justice de Monaco et le pouvoir judiciaire libanais ont refait surface. Dans un communiqué publié vendredi, le bureau de presse de M. Mikati a estimé que la fuite de ce document "dissimule des objectifs politiques bien connus", à l'heure où le milliardaire sunnite de Tripoli serait le candidat favori à sa propre succession à la tête du gouvernement. M. Mikati a noté que "d'anciens messages envoyés par la justice de Monaco au pouvoir judiciaire libanais, via l'ambassade du Liban à Paris, pour demander une aide judiciaire, et dans lesquels figuraient les...