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Monde - France

Fort de sa réélection, Macron entend doubler la mise aux législatives

Fort de sa réélection, Macron entend doubler la mise aux législatives

Le président français Emmanuel Macron le 10 mai 2022. Christian Hartmann/AFP

Tout juste investi pour un second mandat, le président français Emmanuel Macron doit encore dévoiler le nom de son futur Premier ministre, avec en ligne de mire des élections législatives en juin qui s’annoncent délicates dans un pays fracturé et en pleine recomposition politique.

Après sa réélection le 24 avril, M. Macron pourrait mettre fin au suspense sur le nom de son prochain chef de gouvernement d’ici à vendredi minuit, heure à laquelle s’achève officiellement son premier quinquennat et débute le second.

Ce Premier ministre, dont la fonction est d’animer le gouvernement sous la houlette du président, sera en première ligne pour mener la campagne des législatives des 12 et 19 juin.

Pour l’heure, le chef de l’État reste mutique sur ses plans, se contentant d’assurer, lundi à Strasbourg (Est), qu’il a déjà fait son choix pour le remplacement de Jean Castex. Rien, légalement, ne l’oblige à dévoiler son nouveau chef de gouvernement et ses ministres avant les législatives.

Mais les spéculations vont bon train, M. Macron ayant lui-même livré un portrait-robot succinct : plutôt une femme, avec une fibre à la fois « sociale, environnementale et productive ».

Investi samedi dernier lors d’une cérémonie sobre mais hautement symbolique, le président « joue avec le calendrier », souhaitant une « campagne (des législatives) courte », analysait récemment un ministre sous couvert d’anonymat.

M. Macron a été confortablement réélu le 24 avril en battant sa rivale d’extrême droite Marine Le Pen avec 58,55 % des suffrages, contre 41,45 % – un score inédit –, lors d’une présidentielle qui a montré de larges fractures dans le pays, à la fois sociales et géographiques.

Ce centriste libéral dit vouloir « inventer une méthode nouvelle, loin des rites et chorégraphies usés », pour gouverner en « planifiant, en réformant, en associant » davantage ses concitoyens. Le choix du Premier ministre devrait livrer de premiers signaux.

Son quinquennat a été jalonné de crises, des manifestations antisystème du mouvement des gilets jaunes à la pandémie de Covid-19. Et le prochain risque d’être chaud, avec la perspective à l’automne d’une réforme majeure des retraites très contestée dans le pays, sur fond d’une poussée inflationniste sans précédent depuis des décennies affectant le portefeuille des Français.

L’élection présidentielle, marquée aussi par la guerre en Ukraine, a montré un fort rejet du système et une forte lassitude démocratique qui s’est matérialisée avec un taux quasi record de 28 % d’abstentions le jour du scrutin.

Objectif législatives

Les législatives apparaissent du coup déterminantes pour la suite de son quinquennat selon que le parti du président et ses alliés centristes pourront ou non rafler, comme c’est le cas actuellement, la majorité absolue dans la nouvelle Assemblée nationale (577 députés).

Depuis l’entrée en vigueur du quinquennat en 2002, qui fait désormais coïncider l’année de la présidentielle et des législatives, ces dernières « sont très fortement indexées aux résultats de la présidentielle », souligne Frédéric Dabi, directeur de l’institut de sondage IFOP à Paris, selon qui, traditionnellement, les électeurs y confirment leur choix. Mais, ajoute-t-il, il existe plusieurs incertitudes qui pourraient « fragiliser ce schéma classique », notamment une campagne électorale plus longue et la recomposition politique en cours dans le pays.

Si, selon les derniers sondages, la majorité présidentielle part largement favorite, l’opposition de gauche nouvellement rassemblée derrière le leader radical Jean-Luc Mélenchon caresse l’espoir de remporter les législatives et de contraindre le président à vivre une « cohabitation » (un président et un Premier ministre de partis opposés). L’instauration d’une cohabitation serait une première depuis 2002.

Longtemps divisée, la gauche française s’est en effet ralliée autour du charismatique Jean-Luc Mélenchon, fort de ses 22 % de voix au premier tour de la présidentielle le 10 avril. Cette coalition, baptisée Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale), rassemble les écologistes, communistes et socialistes, et le parti de M. Mélenchon, la France insoumise. Mais, en l’état, les experts jugent une telle victoire peu plausible. « Ça relève du vœu pieux », relève Frédéric Dabi. « La gauche part de tellement bas (...) que passer à une majorité (à l’Assemblée) paraît hautement improbable », même si la gauche pourrait, selon un sondage OpinionWay-KeaPartners publié mardi, devenir le premier parti d’opposition.

Du côté de l’extrême droite, le parti de Marine Le Pen s’est lui aussi lancé dans la campagne des législatives avec l’espoir de faire une entrée massive dans la nouvelle Assemblée dans le sillage de son score historique à la présidentielle. Le parti dispose de 8 députés dans l’actuelle Assemblée.

Pour les uns comme pour les autres, tout dépendra au final de la participation des Français en juin, alors que, traditionnellement, les législatives mobilisent moins, souligne encore Frédéric Dabi.

Source : AFP


Tout juste investi pour un second mandat, le président français Emmanuel Macron doit encore dévoiler le nom de son futur Premier ministre, avec en ligne de mire des élections législatives en juin qui s’annoncent délicates dans un pays fracturé et en pleine recomposition politique.Après sa réélection le 24 avril, M. Macron pourrait mettre fin au suspense sur le nom de son prochain...

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