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Sport - Football / Ligue Des Champions

Liverpool-Real Madrid, une finale épique à Paris

Pour le Ballon d’or, l’Europe vote Benzema ; l’UEFA pérennise la mise au ban des Russes.

Liverpool-Real Madrid, une finale épique à Paris

Immortel Real Madrid ! Grâce à l’inévitable Karim Benzema (sur la photo), le « Roi d’Europe » a signé une nouvelle remontée extraordinaire en demi-finale retour de la Ligue des champions, mercredi soir dans son antre du stade Santiago-Bernabéu, pour renverser Manchester City (3-1 en prolongation, défaite 4-3 à l’aller) et rejoindre Liverpool en finale, le 28 mai au Stade de France de Saint-Denis en banlieue parisienne. Pierre-Philippe Marcou/AFP

Le rouleau compresseur de Liverpool contre l’immuable Real Madrid : la troisième finale de Ligue des champions (C1) de football entre ces deux mastodontes européens, le 28 mai au Stade de France (à Saint-Denis en banlieue parisienne), promet une bataille épique avec, en toile de fond, la quête d’un quadruplé et celle du Ballon d’or.

Les Reds contre la Maison blanche. Le duo Mohammad Salah/Sadio Mané contre le sauveur Karim Benzema. Le flamboyant Jürgen Klopp contre le sobre Carlo Ancelotti. Le foot européen pouvait-il rêver d’une meilleure finale pour sa prestigieuse C1 ? Le Stade de France, désigné en lieu et place de l’hôte initial Saint-Pétersbourg après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, se prépare donc à recevoir des cohortes rouges et blanches de supporteurs, dans ce qui se présente sans doute comme le sommet de la saison 2021-2022 du football mondial. Car en plus de délivrer des prestations spectaculaires à chaque match – la folle demi-finale retour entre le Real Madrid et Manchester City restera sans doute longtemps dans les mémoires (3-1 pour le Real en prolongation, défaite 4-3 à l’aller) –, ces deux écuries empilent les titres : le Real vient d’être sacré en championnat d’Espagne, quand Liverpool vise encore un incroyable quadruplé C1-Coupes nationales-Premier League.

L’enceinte francilienne et ses 80 000 places se prendra-t-elle à chanter You’ll Never Walk Alone, l’hymne liverpuldien ? L’exploit paraît impensable, mais Anfield en rêve depuis quelques semaines. Car Liverpool a déjà gagné la Coupe de la Ligue anglaise. Car il est en finale de la Coupe d’Angleterre contre Chelsea le 14 mai. Car il n’est, enfin, qu’à un point de Manchester City en Premier League, avec une 38e et dernière journée prévue le 22 mai, six jours avant Paris... « Aucune équipe dans l’histoire du football anglais n’a réussi le quadruplé, non ? C’est parce que c’est extrêmement difficile. On est encore très loin de penser à un truc aussi dingue », avait balayé Klopp début mars. Difficile, néanmoins, de chasser ce doux rêve maintenant que les Reds ont leur place en finale.

Les ingrédients sont donc réunis. Le Real vise une 14e Ligue des champions, ce qui ferait deux fois plus de titres que son dauphin dans l’histoire, l’AC Milan. Liverpool rêve, lui, de soulever la Coupe aux grandes oreilles pour la 7e fois après son dernier sacre en 2019 face à Tottenham. Entre les deux formations, c’est aussi une belle : la première finale entre les deux clubs est allée dans l’escarcelle de Liverpool (1-0 en 1981), la deuxième a souri aux Madrilènes (3-1 en 2018). Pour les entraîneurs enfin, il est question de suprématie. Si Jürgen Klopp peut marquer un peu plus l’histoire des Reds, Carlo Ancelotti n’est plus qu’à une marche de devenir le premier coach à remporter quatre fois le titre suprême.

« Benzemagic »

En outre, Saint-Denis accueille une panoplie de stars, mais un roi retient déjà l’attention : Karim Benzema. Dans le stade fétiche des Bleus, dont il a longtemps été banni avant de revenir en trombe l’été dernier, le héros de Madrid est prêt à écrire une nouvelle page de son histoire. Avec 15 buts cette saison en C1, dont 10 en phase finale, « KB9 » se pose en immense favori du Ballon d’or et se mesure directement aux deux rares concurrents qui le lui convoitent : Mané et Salah. Déjà finalistes de la Coupe d’Afrique des nations remportée par le Sénégal, ces deux attaquants tutoient à nouveau le Graal, avant d’ouvrir une page incertaine de leur carrière, alors que leurs contrats expirent dans un an et que leurs prolongations sont loin d’être assurées.

Toutefois, l’attaquant du Real crève les écrans cette saison et les experts ne lui voient guère de concurrents pour succéder à Lionel Messi au palmarès du prestigieux trophée. « Benzema est seul en course pour le Ballon d’or », estime ainsi Marca, le journal le plus vendu en Espagne. « Il est bon maintenant, mais il l’est depuis qu’il est arrivé. Désormais, ils ne peuvent plus lui enlever le Ballon d’or », s’est emballé Florentino Pérez, le tout-puissant président du Real, samedi dernier après le sacre de son équipe en LaLiga. Hors d’Espagne, « KB9 » fait aussi quasiment l’unanimité : « Benzemagic est un prétendant sérieux au Ballon d’or », juge le journal italien Corriere dello Sport, alors que L’Équipe, à Paris, donne la parole à Jean-Pierre Papin, lui-même ex-lauréat, qui affirme : « Pour moi, c’est aujourd’hui le meilleur attaquant du monde, le meilleur numéro neuf. Le dernier rêve pour Karim, c’est le Ballon d’or. Je pense qu’aujourd’hui, il a un coup d’avance. » Même ses adversaires sont impressionnés : « Actuellement, pour moi, Benzema est, avec (Robert) Lewandowski, le meilleur attaquant au monde. Il est bon des deux pieds, bon dans les airs. Je pense qu’il était sous-estimé par le passé. Pendant longtemps, il a été dans l’ombre de Cristiano Ronaldo, surtout dans les médias, mais, maintenant, il reçoit enfin l’attention et la reconnaissance qu’il mérite », a lâché Ilkay Gündogan, milieu de terrain allemand de Manchester City. « Et il ne s’agit pas seulement de ce qu’il fait, mais surtout de la manière dont il le fait », s’enthousiasmait cette semaine le magazine Kicker, en Allemagne, un pays où l’on attend pourtant depuis des années de voir récompensé Robert Lewandowski, le canonnier du Bayern Munich sacré deux fois meilleur joueur mais jamais Ballon d’or. Le lauréat 2021-2022 sera désigné en septembre ou octobre prochains par un jury de 100 journalistes (contre 170 auparavant) représentant les 100 premières nations du classement FIFA.

Le Zenit privé de C1

Par ailleurs, l’exclusion du football russe devient durable : l’UEFA a frappé fort lundi en excluant les clubs russes de ses compétitions européennes la saison prochaine, dont la lucrative Ligue des champions, pérennisant la mise au ban de la Russie à la suite de l’invasion de l’Ukraine. Déjà exclue fin février de la Coupe du monde 2022 au Qatar (21 novembre-18 décembre) et suspendue de toutes les compétitions internationales « jusqu’à nouvel ordre », la Russie voit ainsi le faisceau des sanctions s’élargir et s’étendre dans le temps, symbole de l’inhabituel volontarisme du monde sportif dans ce dossier.

Dans un long communiqué, l’UEFA a dressé la liste des mesures prises par son comité exécutif à l’encontre de la Russie, appliquant la mise au ban à toutes ses compétitions, des épreuves de clubs masculines, féminines et de jeunes en passant par le football de sélection. « Aucun club russe ne participera à la saison 2022-2023 des compétitions interclubs de l’UEFA », dont les principaux tours de qualification démarrent en juillet, à savoir la Ligue des champions, la Ligue Europa, la Ligue Europa Conférence ou encore la Ligue des champions féminine, a écrit l’UEFA. C’est un grave manque à gagner pour les équipes concernées, privées des généreuses dotations offertes par l’UEFA et qui risquent de voir partir leurs meilleurs joueurs alléchés par de meilleures perspectives sportives ou financières.

En l’état, la décision adoptée lundi prive le Zenit Saint-Pétersbourg, sacré champion de Russie 2022, de son billet direct pour la phase de poules de la prochaine C1. En Ligue des nations masculine, la Russie ne participera pas à la phase de poules qui débute en juin et finira automatiquement dernière de son groupe de Ligue B – composé de l’Islande, d’Israël et de l’Albanie –, une place synonyme de rétrogradation en Ligue C. En outre, l’UEFA acte ainsi le retrait de la Russie des 16 sélections participantes au prochain Euro féminin en Angleterre. Cela fait le bonheur du Portugal, battu par les Russes en barrage, qui se trouve repêché et versé dans le groupe C avec la Suisse, les Pays-Bas (tenants du titre) et la Suède. De même, pour les espoirs russes, la perspective de participer à l’Euro 2023 s’évanouit.

Enfin, la candidature russe à l’organisation de l’Euro en 2028 et 2032 a été jugée « irrecevable » par l’UEFA, qui s’abrite derrière son règlement pressant les pays hôtes potentiels de « ne pas agir d’une manière susceptible de discréditer » l’instance européenne ou sa compétition. L’intérêt des Russes pour décrocher l’organisation de leur premier Euro était connu de longue date. Leur mise à l’écart ouvre les perspectives pour la Turquie, l’alliance Royaume-Uni/Irlande et l’Italie, candidatures restant en lice pour l’organisation de ces deux tournois, qui doivent être attribués en septembre 2023.

Source : AFP

Le rouleau compresseur de Liverpool contre l’immuable Real Madrid : la troisième finale de Ligue des champions (C1) de football entre ces deux mastodontes européens, le 28 mai au Stade de France (à Saint-Denis en banlieue parisienne), promet une bataille épique avec, en toile de fond, la quête d’un quadruplé et celle du Ballon d’or.Les Reds contre la Maison blanche. Le duo Mohammad Salah/Sadio Mané contre le sauveur Karim Benzema. Le flamboyant Jürgen Klopp contre le sobre Carlo Ancelotti. Le foot européen pouvait-il rêver d’une meilleure finale pour sa prestigieuse C1 ? Le Stade de France, désigné en lieu et place de l’hôte initial Saint-Pétersbourg après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, se prépare donc à recevoir des cohortes rouges et blanches de supporteurs, dans ce qui se présente sans doute...
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