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Monde - Invasion De L’Ukraine

De nouveaux pourparlers, malgré l’extension de l’offensive russe

L’Union européenne annonce un quatrième train de sanctions.

De nouveaux pourparlers, malgré l’extension de l’offensive russe

Une femme pleure alors que son appartement a été détruit par des bombardements russes sur la ville d’Obolon, le 14 mars 2022. Aris Messinis/AFP

Un nouveau round de pourparlers russo-ukrainiens a été prolongé jusqu’à mardi, faible lueur d’espoir alors que l’offensive russe contre l’Ukraine s’élargissait lundi à l’ensemble du pays, jetant sur les routes de l’exil près de trois millions de personnes.

Au 19e jour de l’invasion de l’Ukraine lancée par Vladimir Poutine, le Kremlin a même évoqué « la possibilité de prendre sous contrôle total (les) grandes villes qui sont déjà encerclées ». Ce qui impliquerait un assaut militaire majeur, vu la farouche résistance ukrainienne.

Ces derniers jours, les combats se sont intensifiés autour de Kiev, presque entièrement encerclée, qui s’est vidée de plus de la moitié de ses trois millions d’habitants.

Dès l’aube lundi, un bâtiment de huit étages d’un quartier nord de la capitale, Obolon, a été touché, vraisemblablement « par un tir d’artillerie » qui a fait un mort et douze blessés, selon les services d’urgence ukrainiens. Plus tard, un autre bombardement a touché un autre quartier, faisant un autre mort. Kiev est « une ville en état de siège », a estimé un conseiller du président ukrainien.

À Donetsk, les séparatistes prorusses soutenus par Moscou, qui tiennent ce centre industriel de l’est de l’Ukraine depuis 2014, ont affirmé qu’une frappe de l’armée ukrainienne avait visé le centre-ville, faisant au moins 16 morts selon le « ministère » local de la Santé et 23 morts selon le puissant Comité d’enquête russe. L’armée ukrainienne a fermement démenti avoir tiré un missile sur Donetsk. « Il s’agit définitivement d’un missile russe ou d’un autre type de munition », a déclaré le porte-parole de l’armée ukrainienne Leonid Matioukine.

Dans la région voisine de Lougansk, où les séparatistes prorusses ont également fondé une « république populaire » depuis 2014, toute la partie qui restait sous contrôle ukrainien jusqu’à l’invasion le 24 février est désormais « sous les bombardements », a indiqué son chef militaire ukrainien Serguïi Gaïdai. Il a accusé les Russes de frapper « habitations, hôpitaux, écoles, réseaux d’eau, de gaz et d’électricité », ainsi que les trains évacuant vers l’ouest les civils, au rythme de quelque 2 000 personnes par jour.

Plus à l’ouest, dans une autre grande ville industrielle, Dnipro, où se réfugiaient jusqu’ici les civils arrivant de Kharkiv ou Zaporojie, les sirènes d’alerte ont retenti lundi pendant cinq heures d’affilée, pour la première fois depuis le début de l’invasion russe le 24 février.

La Russie resserre aussi son étau dans le sud du pays. Ses forces navales ont « établi un blocus à distance de la côte ukrainienne de la mer Noire », selon le ministère britannique de la Défense.

La situation reste dramatique dans le port stratégique de Marioupol (Sud-Est), assiégé par les Russes. Pour la première fois depuis des jours, un convoi de quelque 160 voitures a cependant pu quitter la ville lundi en direction de Zaporojie, selon la municipalité. Des milliers d’habitants y vivent terrés dans des caves, privés d’eau, d’électricité, de chauffage. Plus de 2 187 habitants ont péri à Marioupol depuis le 24 février, selon la municipalité.

La guerre gagne aussi l’ouest du pays, jusqu’ici plutôt calme. Des bombardements avaient déjà fait 35 morts dimanche sur la base militaire de Yavoriv, proche de la Pologne, pays membre de l’OTAN et de l’Union européenne, et proche de Lviv, ville refuge de milliers de déplacés. Hier, neuf personnes sont mortes dans une frappe contre une tour de télévision près de Rivne, non loin de Loutsk où un aérodrome militaire avait déjà été touché samedi.

Au total, plus de 2,8 millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe, selon le dernier décompte publié hier par l’ONU, qui recense aussi environ 2 millions de déplacés à l’intérieur du pays.

Rencontre Poutine-Zelensky ?

C’est dans ce contexte qu’ont repris lundi, par visioconférence, des pourparlers entre délégations russe et ukrainienne. En début d’après-midi, le président Zelensky, qui n’y participe pas directement, qualifiait les négociations de « difficiles ». « Nous devons tenir bon et nous battre pour gagner, pour parvenir à une paix que les Ukrainiens méritent, une paix honnête avec des garanties de sécurité pour notre État, pour notre peuple. Et pour les mettre par écrit lors de négociations, de difficiles négociations », a-t-il déclaré dans une vidéo. Vers 16h00 heure locale, le chef des négociateurs ukrainiens Mykhaïlo Podoliak annonçait une « pause technique » et une reprise des pourparlers mardi.

Après trois tours de discussions en présentiel en Biélorussie, puis une rencontre jeudi en Turquie des chefs de la diplomatie russe et ukrainien, les deux parties s’étaient montrées dernièrement plus optimistes. Un négociateur russe avait évoqué dimanche soir des « progrès significatifs » et « des documents à signer » en préparation. Samedi, M. Zelensky a estimé qu’il y a une approche nouvelle, « fondamentalement différente », de Moscou dans les négociations. Pour le chef de l’État ukrainien, sa délégation a « une tâche claire : tout faire pour assurer une rencontre des présidents ».

De son côté, le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal est intervenu hier devant les membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Il les a appelés à décider « l’expulsion immédiate » de la Russie de cette organisation paneuropéenne de défense des droits humains, ce qui serait une première dans son histoire.

En attendant l’issue des négociations, le risque d’un élargissement du conflit est dans tous les esprits. Le conseiller à la Sécurité nationale du président américain Joe Biden, Jake Sullivan, rencontrait dans la plus grande discrétion Yang Jiechi, le plus haut responsable du Parti communiste chinois pour la diplomatie. La Maison-Blanche s’inquiète d’une possible assistance de Pékin à Moscou.

Bien que prévus de longue date, des exercices de l’OTAN, « Cold Response 2022 », ont aussi démarré hier en Norvège, qui testeront avec une urgence nouvelle la capacité de ses membres à porter secours à l’un d’eux. Quelque 30 000 soldats, 200 avions et une cinquantaine de navires de 27 nations seront mobilisés dans l’Arctique.

Nouvelles sanctions

Pour l’instant, les Occidentaux utilisent avant tout l’arme économique contre la Russie. L’Union européenne a annoncé un quatrième train de sanctions, pour les étendre à de nouveaux oligarques russes, dont le milliardaire Roman Abramovitch, propriétaire du club anglais de football de Chelsea. Auparavant, 862 personnes et 53 entités russes figuraient déjà sur cette liste noire qui interdit l’entrée sur le territoire de l’UE et permet la saisie de leurs avoirs. Les nouvelles sanctions visant la Russie n’ont pas été détaillées, mais elles entreront en vigueur dès leur publication au Journal officiel de l’UE.

Le bras de fer économique russo-occidental a des effets très concrets sur la population russe : dernier en date, le réseau social Instagram, propriété du groupe américain Meta, est devenu inaccessible en Russie lundi. Moscou, qui accuse Meta de propager des appels à la violence contre les Russes en lien avec le conflit en Ukraine, a ajouté le réseau à sa liste de sites en « accès restreint », comme Facebook, Twitter et plusieurs médias critiques du Kremlin.

Source : AFP

Un nouveau round de pourparlers russo-ukrainiens a été prolongé jusqu’à mardi, faible lueur d’espoir alors que l’offensive russe contre l’Ukraine s’élargissait lundi à l’ensemble du pays, jetant sur les routes de l’exil près de trois millions de personnes.Au 19e jour de l’invasion de l’Ukraine lancée par Vladimir Poutine, le Kremlin a même évoqué « la possibilité de prendre sous contrôle total (les) grandes villes qui sont déjà encerclées ». Ce qui impliquerait un assaut militaire majeur, vu la farouche résistance ukrainienne.Ces derniers jours, les combats se sont intensifiés autour de Kiev, presque entièrement encerclée, qui s’est vidée de plus de la moitié de ses trois millions d’habitants.Dès l’aube lundi, un bâtiment de huit étages d’un quartier nord de la capitale,...
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