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Il est « possible » que la loi de finances pour 2022 soit adoptée avant les législatives, estime Kanaan

La commission des Finances entame l’examen du projet de budget 2022.

Il est « possible » que la loi de finances pour 2022 soit adoptée avant les législatives, estime Kanaan

Le président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, le député Ibrahim Kanaan, au Parlement, lors d'une conférence de presse, le 8 mars 2022. Photo Ali Fawaz/Parlement libanais

Comme annoncé la semaine dernière, la commission parlementaire des Finances et du Budget a entamé mardi l’examen du projet de budget pour 2022, fruit de deux semaines de discussions en Conseil des ministres entre le 25 janvier et le 10 février, organisées en marge de la première session de discussions officielles entre le Liban et le Fonds monétaire international. Il a fallu attendre trois semaines pour que le document final soit transmis à la commission, qui doit désormais l’amender avant son examen puis le vote final par le Parlement en assemblée plénière. Beaucoup de changements ont été apportés à l’issue d’une dernière rencontre qui s’est tenue à Baabda dans une ambiance tendue.

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La première réunion de la commission a été l’occasion pour le ministre des Finances et ancien cadre de la Banque du Liban Youssef Khalil de présenter les grandes orientations du projet de loi de finances, dont les grandes lignes ont été résumées dans le projet de préambule soumis en même temps que l’avant-projet en janvier. Dans cette version, Youssef Khalil avait indiqué s’être basé sur un taux de change de 20 000 livres libanaises pour un dollar, soit un niveau voisin de celui affiché actuellement sur le marché parallèle et par la plateforme de change Sayrafa, opérée par la Banque du Liban. Ce taux marque une dépréciation de plus de 90 % de la valeur de la monnaie nationale qui s’effondre depuis plus de deux ans.

Prochaine réunion jeudi
Lors du point presse suivant la réunion, le président de la commission, le député Ibrahim Kanaan, a estimé qu’il était « possible » que la loi de finances pour 2022 soit adoptée avant les législatives prévues en mai. Il s’est également interrogé sur l’adéquation des moyens choisis par l’exécutif pour collecter plus de 47 milliards de livres de recettes publiques (le montant inscrit sur le projet de budget) avec la situation économique et financière du pays, rappelant que le projet prévoit plusieurs mesures alourdissant la pression fiscale sur les contribuables. La mise en place d’un « dollar douanier », terme utilisé par le gouvernement pour désigner le taux de change utilisé dans le calcul des droits de douane et qui doit être ajusté dans un contexte de dépréciation massive de la livre par rapport au dollar, fait partie des mesures les plus critiquées.

La commission a prévu de se réunir jeudi à 9h30 pour poursuivre les débats. Ceux-ci devraient porter sur les budgets des ministères de la Justice, de l’Information, de l’Environnement, de la Jeunesse et des Sports, du Tourisme et de la Culture. Les budgets de la présidence de la République et du Conseil constitutionnel pourraient aussi être passés en revue le même jour.

Le budget pour 2022, qui sera adopté en dehors des délais constitutionnels qui sont définitivement échus fin janvier, revêt une importance particulière pour la réussite des discussions entre le Liban et le FMI, sollicité pour débloquer une assistance financière devant contribuer à une sortie de crise. Le déficit budgétaire prévu par le gouvernement s’élève à 8 220 milliards de livres libanaises, pour des dépenses estimées à 47 329 milliards de livres et des recettes estimées à 39 109 milliards de livres.

Ce nouveau déficit est inférieur de 10 % à celui initialement prévu dans l’avant-projet du budget présenté par le ministère des Finances. Le 25 février, le ministre de l’Économie et du Commerce Amine Salam, qui fait partie du comité chargé des discussions côté libanais, avait déclaré que l’organisation n’était pas satisfaite de la copie rendue par le gouvernement, mais l’avait tout de même « acceptée en raison des circonstances actuelles, en dépit du déficit de 7 000 milliards de livres ».

Le 11 février, le chef de mission pour le Liban, Ernesto Ramirez-Rigo, avait estimé que les autorités devaient s’entendre et appliquer un programme de réformes global s’étendant sur plusieurs années et qui soit à même de « stabiliser l’économie », tout en s’attaquant aux « défis profondément ancrés », entre autres préconisations. Selon certains échos, l’organisation, qui a dépêché une délégation à Beyrouth la semaine dernière pour une visite éclair de trois jours, n’aurait pas été convaincue par le plan présenté par l’équipe de négociateurs libanais dirigée par le vice-Premier ministre Saadé Chami et qui comprend le gouverneur de la BDL Riad Salamé, critiqué pour son rôle dans la crise actuelle et au centre de plusieurs enquêtes au Liban comme à l’étranger.


Comme annoncé la semaine dernière, la commission parlementaire des Finances et du Budget a entamé mardi l’examen du projet de budget pour 2022, fruit de deux semaines de discussions en Conseil des ministres entre le 25 janvier et le 10 février, organisées en marge de la première session de discussions officielles entre le Liban et le Fonds monétaire international. Il a fallu attendre...