Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi lors d'une réunion au siège de l'organisation, à Vienne, le 7 mars 2022. Photo JOE KLAMAR / AFP
Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui a proposé de se rendre en Ukraine pour établir un cadre garantissant la sécurité des sites nucléaires pendant le conflit, a déclaré lundi attendre une réponse sous peu, appelant à "ne pas perdre de temps".
"J'espère que mes consultations aboutiront dans les prochaines heures", a déclaré Rafael Grossi à la presse, au premier jour d'une réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA à Vienne, siège de l'instance onusienne. "Il ne faut pas perdre de temps. Chaque jour ou presque, nous assistons à un nouvel épisode".
Le directeur général de l'AIEA avait dit vendredi être prêt à se rendre à Tchernobyl, théâtre d'un accident nucléaire majeur en 1986 et premier site ukrainien à être tombé aux mains des soldats russes le 24 février. "Nous avons entendu que la Fédération russe préférait que la rencontre se tienne ailleurs", a-t-il indiqué, précisant que le lieu et les autres modalités sont en cours de discussion.
Cela "va être très compliqué" à organiser "mais nous devons le faire (...) Nous devons nous entendre sur un cadre commun clair" pour empêcher un accident nucléaire, a insisté M. Grossi. Le chef de l'agence a par exemple évoqué la nécessité "de mesures concrètes pour faciliter le transport de matériel" indispensable à la maintenance des centrales. Il n'a pas non plus exclu le possible envoi "d'observateurs ou d'inspecteurs" sur les lieux.
L'Ukraine dispose de 15 réacteurs dans quatre centrales en activité, ainsi que de plusieurs dépôts de déchets nucléaires. Vendredi, les forces russes ont pris le contrôle de la centrale de Zaporojie, la plus grande d'Europe, à la suite de combats avec les troupes ukrainiennes, qui ont provoqué un incendie, détruisant notamment un laboratoire scientifique. "On a échappé de justesse" à un accident nucléaire, a souligné Rafael Grossi en s'adressant au Conseil. "Une telle situation ne doit jamais, en aucun cas, se répéter".
Désormais, le personnel sur place doit répondre aux ordres des militaires russes. Or "un opérateur doit être laissé en paix", a expliqué M. Grossi, qui s'est également inquiété de l'interruption de la plupart des communications et d'une nourriture qui vient à manquer. Pour l'instant, les opérations se déroulent de manière "sûre, mais "pour combien de temps encore?", a-t-il lancé.
Des problèmes ont également été constatés à Tchernobyl, où les contacts ne sont possibles actuellement que par courrier électronique. Ses plus de 200 employés ne seraient pas non plus en mesure d'effectuer des rotations, ce qui a conduit M. Grossi à insister sur "l'importance pour le personnel d'exploitation de pouvoir se reposer afin d'effectuer ses tâches importantes en toute sécurité".

