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Monde - Conflit

Russes et Ukrainiens se battent jusqu’aux portes de Kiev

Biden assure que Poutine va devenir « un paria sur la scène internationale ».

Russes et Ukrainiens se battent jusqu’aux portes de Kiev

Des véhicules militaires ukrainiens traversant la place de l’Indépendance à Kiev, le 24 février 2022. Daniel Leal/AFP

Des combats meurtriers entre Russes et Ukrainiens se déroulaient hier jusqu’aux portes de Kiev, et la centrale nucléaire de Tchernobyl est tombée aux mains des assaillants, à la suite du déclenchement par l’armée de Vladimir Poutine d’une attaque massive contre l’Ukraine, avec frappes aériennes et invasion terrestre.

Pour éviter une extension de ce conflit à d’« autres pays européens », contre laquelle a mis en garde le chancelier allemand Olaf Scholz, les forces militaires des pays de l’OTAN ont été placées en état d’alerte et certaines unités vont faire mouvement afin de renforcer les défenses des alliés sur le flanc est.

La première journée de l’offensive, qualifiée de « succès » par le ministère russe de la Défense, a fait en quelques heures des dizaines de morts, provoquant un tollé dans la communauté internationale, surtout côté occidental.

L’attaque russe, après des mois de tensions et d’efforts diplomatiques pour éviter une guerre, a suscité une pluie de condamnations internationales, beaucoup redoutant qu’elle ne signale le début du plus grave conflit en Europe depuis 1945.

Joe Biden a dénoncé une « attaque injustifiée », Emmanuel Macron a parlé de « tournant dans l’histoire de l’Europe » et Olaf Scholz a estimé que cela « remettait en cause la paix » sur le continent. Après de premières sanctions en début de semaine, le président américain a annoncé sur Twitter que les dirigeants du G7, au cours d’une réunion virtuelle jeudi, s’étaient mis d’accord pour infliger des sanctions « dévastatrices » à la Russie. Le président américain a assuré que Vladimir Poutine allait devenir « un paria sur la scène internationale » après sa décision d’attaquer l’Ukraine. Joe Biden a également affirmé « ne pas prévoir de parler avec Poutine », lors d’une allocution télévisée à la Maison-Blanche. Il a annoncé des sanctions économiques et des restrictions d’exportation vers la Russie. Quatre banques russes supplémentaires vont aussi être sanctionnées et plus de la moitié des importations technologiques de la Russie supprimées, a-t-il affirmé. « Cela imposera un coût sévère à l’économie russe, à la fois immédiatement et à long terme », a prévenu le dirigeant américain. Joe Biden a assuré que couper la Russie du réseau interbancaire Swift, rouage essentiel de la finance mondiale, restait « une option ». Les États-Unis défendront « le moindre pouce de territoire de l’OTAN », mais n’enverront pas de troupes en Ukraine, a annoncé également le président américain.

Les Européens ont promis quant à eux un « isolement sans précédent » des responsables russes. Les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne étaient réunis hier soir à Bruxelles pour s’entendre sur « de nouvelles mesures restrictives qui auront des conséquences massives et sévères sur la Russie ». Elles incluront des « sanctions financières qui vont limiter drastiquement l’accès de la Russie aux marchés de capitaux » européens, entravant la capacité de Moscou d’y refinancer sa dette, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Elles « feront monter l’inflation, accéléreront les sorties de capitaux et éroderont progressivement la base industrielle » du pays, a-t-elle averti. Les dirigeants européens devaient aussi discuter d’autres options.

Mais Moscou a promis une réplique « sévère » à ces sanctions. Les analystes soulignaient de leur côté que Vladimir Poutine avait déjà montré qu’il ne craignait ni l’isolement ni d’ébranler l’ordre international, bien au contraire. Vladimir Poutine a averti ceux « qui tenteraient d’interférer » : « Ils doivent savoir que la réponse de la Russie sera immédiate et entraînera des conséquences que vous n’avez encore jamais connues. »

L’attaque a commencé à l’aube, après que Vladimir Poutine eut reconnu lundi l’indépendance de territoires séparatistes ukrainiens du Donbass, puis fait valider mardi une intervention militaire par le Parlement russe. « J’ai pris la décision d’une opération militaire spéciale » ayant pour but « une démilitarisation et une dénazification de l’Ukraine », a annoncé le maître du Kremlin à la télévision avant l’aube. « Nous n’avons pas dans nos plans une occupation des territoires ukrainiens, nous ne comptons rien imposer par la force à personne », a-t-il affirmé, appelant les militaires ukrainiens à « déposer les armes ». Pour tenter de justifier cette intervention, le président russe a notamment réitéré ses accusations, infondées, d’un « génocide » orchestré par Kiev dans les territoires séparatistes prorusses, cité un appel à l’aide des séparatistes et dénoncé la politique agressive de l’OTAN. La Russie n’avait « aucun autre moyen » de se défendre, a-t-il affirmé devant la presse jeudi soir.

Gains territoriaux

Juste après le discours de M. Poutine, des explosions ont retenti à Kiev, la capitale, à Kramatorsk, une ville de l’est qui sert de quartier général à l’armée ukrainienne, à Kharkiv (Nord-Est), la deuxième ville d’Ukraine, à Odessa, sur la mer Noire, et à Marioupol, le principal port de l’est de ce pays. La centrale de Tchernobyl, site du pire accident nucléaire de l’histoire en 1986, est tombée aux mains des soldats russes, d’après les autorités ukrainiennes.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proclamé la loi martiale et annoncé la rupture des relations diplomatiques avec Moscou. Dans la matinée, un membre de son équipe indiquait que « plus de 40 militaires ukrainiens avaient péri, des dizaines étaient blessés » et « près de 10 civils tués ». Rien que dans la région d’Odessa, le bilan officiel était de 18 habitants d’un village morts dans des frappes. En début de soirée, les autorités de la région de Kherson (Sud) ont par ailleurs fait état de 13 civils et neuf militaires tués.

Au fil des heures, les forces russes semblaient s’approcher de Kiev, où un couvre-feu a été imposé. Les autorités ukrainiennes ont assuré que les forces terrestres russes étaient dans les environs de la capitale et qu’un avion militaire ukrainien s’était écrasé dans la région avec 14 personnes à son bord.

M. Zelensky a par ailleurs déclaré que l’armée ukrainienne tentait de reprendre un aéroport militaire près de Kiev, où des « parachutistes ennemis ont été stoppés ».

Les deux camps faisaient des déclarations invérifiables, mais l’armée russe gagnait du terrain. Dans la région de Kherson, les autorités locales ont annoncé que les troupes russes étaient présentes dans plusieurs zones et avaient notamment pris le contrôle de Genichesky, une ville à quelque 300 km à l’ouest de la frontière russe.

Évacuations

À Kiev, dès l’aube, les habitants pris de court se pressaient dans le métro pour s’abriter ou tenter de quitter la ville. Des voitures remplies de familles fuyaient la capitale, le plus loin possible de la frontière russe, située à 400 km. D’autres étaient décidés à rester. Sur les grandes routes de l’est de l’Ukraine, l’armée ukrainienne était partout. En Pologne voisine, anticipant un afflux de réfugiés ukrainiens, le ministre de l’Intérieur a annoncé l’ouverture imminente de centres d’accueil. L’UE s’est dit aussi « pleinement préparée » à accueillir les réfugiés.

À Moscou, certains habitants exprimaient leur inquiétude, d’autres leur soutien à Vladimir Poutine. Des rassemblements contre la guerre ont eu lieu dans le centre de Moscou, sur la place Pouchkine et la grande rue Tverskaïa, ainsi qu’à Saint-Pétersbourg. Des dizaines de personnes ont été arrêtées, près de 1 400 sur l’ensemble du territoire russe, selon une ONG. Les autorités ont prévenu qu’elles réprimeraient toute manifestation non autorisée.

Enfin, plusieurs anciens dirigeants européens, dont les chefs de gouvernement finlandais Esko Aho, italien Matteo Renzi et autrichien Christian Kern, ont démissionné des conseils d’administration des sociétés russes dans lesquels ils siégeaient, à la suite de l’invasion de l’Ukraine par les troupes de Moscou. Mais tous n’ont pas démissionné, du moins dans l’immédiat, notamment l’ex-chancelier allemand Gerhard Schröder, président du conseil d’administration de Rosneft, premier groupe pétrolier russe, et du comité d’actionnaires de Nord Stream 2.

L’offensive russe intervient huit ans après que Moscou a annexé la Crimée et parrainé la prise de contrôle de régions du Donbass par des séparatistes prorusses, déclenchant un conflit régional qui a fait plus de 14 000 morts.

Source : AFP

Des combats meurtriers entre Russes et Ukrainiens se déroulaient hier jusqu’aux portes de Kiev, et la centrale nucléaire de Tchernobyl est tombée aux mains des assaillants, à la suite du déclenchement par l’armée de Vladimir Poutine d’une attaque massive contre l’Ukraine, avec frappes aériennes et invasion terrestre.Pour éviter une extension de ce conflit à d’« autres pays européens », contre laquelle a mis en garde le chancelier allemand Olaf Scholz, les forces militaires des pays de l’OTAN ont été placées en état d’alerte et certaines unités vont faire mouvement afin de renforcer les défenses des alliés sur le flanc est.La première journée de l’offensive, qualifiée de « succès » par le ministère russe de la Défense, a fait en quelques heures des dizaines de morts,...
commentaires (1)

croire que les ""allies"" de l'Ukraine avaient mal analyse la situation cree par Poutine avant l'invasion serait stupide. qu'ils aient evite de se mouiller plus que d'envoyer qqs tonnes d'aremements serait la verite vraie. Pauvre Ukrainiens .

Gaby SIOUFI

15 h 52, le 25 février 2022

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Commentaires (1)

  • croire que les ""allies"" de l'Ukraine avaient mal analyse la situation cree par Poutine avant l'invasion serait stupide. qu'ils aient evite de se mouiller plus que d'envoyer qqs tonnes d'aremements serait la verite vraie. Pauvre Ukrainiens .

    Gaby SIOUFI

    15 h 52, le 25 février 2022

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