Samedi à Birmingham, le perchiste suédois Armand Duplantis a de nouveau échoué à améliorer son propre record du monde (6,18 m). Mail il est reparti tout de même avec la meilleure performance mondiale de l’année en poche (6,05 m). Adrian Dennis/AFP
Encore raté : le Suédois Armand Duplantis a de nouveau échoué à améliorer son propre record du monde du saut à la perche, samedi à Birmingham, mais repart tout de même avec la meilleure performance mondiale de l’année en poche (6,05 m).
Le prodige de 22 ans n’en finit pas de chasser ce petit centimètre qui ferait toute la différence. Mais comme lors de ses trois premières sorties de la saison en salle, il n’a pas réussi à trouver la bonne formule pour marquer un peu plus l’histoire de la discipline de son empreinte, comme il avait su le faire en février 2020 (6,18 m). Sans adversaire à sa mesure capable de le pousser dans ses derniers retranchements, le champion olympique a vécu un concours très paisible. Peut-être trop. Après avoir effacé tranquillement 5,61 m puis 5,81 m, des barres d’entraînement pour lui, Duplantis a d’abord voulu passer 6,05 m, histoire de se chauffer un peu et d’en profiter pour aller plus haut que le 9 février à Uppsala devant son public (6,04 m). Mais il a dû s’y prendre à trois fois pour y arriver avant de s’attaquer à son record du monde. Le défi a semblé trop compliqué, même s’il s’est quelque peu approché du Graal à son dernier essai à 6,19 m. Mais ce n’est sans doute que partie remise pour Duplantis, qui domine la perche depuis deux ans et sera le grandissime favori aux Mondiaux indoor (18-20 mars à Belgrade) puis en plein air (15-24 juillet à Eugene), les deux grands titres qui manquent à son palmarès.
Sur 60 m, Elaine Thompson-Herah n’a pas fait d’étincelles pour sa première sortie en indoor en trois ans, l’emportant en 7 sec 8/100es, assez loin de son meilleur chrono (6 sec 98/100es) qui date de 2017. La quintuple championne olympique, reine des JO de Tokyo avec trois médailles d’or, n’a de toute façon pas d’objectif précis pour cette saison hivernale et n’a pas encore décidé si elle participerait ou non aux Mondiaux en salle. La Jamaïcaine est la deuxième femme la plus rapide de l’histoire sur 100 m (10 sec 54/100es) derrière l’Américaine Florence Griffith-Joyner et son sulfureux record (10 sec 49/100es).
Chez les hommes, Noah Lyles a battu son record personnel en 6 sec 55/100es, coiffant sur le poteau son compatriote Ronnie Baker (6 sec 55/100es). Pas de quoi s’extasier pour le champion du monde 2019 du 200 m, 3e des Jeux de Tokyo, qui est resté loin de la meilleure performance mondiale de l’année détenue par le Bahaméen Terrence Jones en 6 sec 45/100es. Enfin, personne n’a réussi à contester la suprématie de Grant Holloway sur 60 m haies. L’Américain, recordman du monde de la distance (7 sec 29/100es), a survolé la course en 7 sec 41/100es, deux jours après s’être imposé à Liévin (7 sec 35/100es). À moins d’une énorme surprise, comme aux JO qu’il avait finis 2e sur 110 m haies, il n’aura pas de concurrent à sa taille aux championnats du monde en salle.
L’All Star Perche
Samedi également, à Clermont-Ferrand, le Néerlandais Menno Vloon (avec un bond à 5,87 m) et la Russe Anzhelika Sidorova (qui a franchi 4,87 m) ont remporté l’All Star Perche, au cours duquel le Français Renaud Lavillenie n’a pu franchir 5,71 m.
Après avoir assuré leur victoire, Vloon et Sidorova ont demandé à passer une barre, respectivement à 6 m et 5 m, sans succès. Le Néerlandais a devancé au classement le Grec Emmanouil Karalis (2e) qui a franchi 5,81 m au premier essai, avant d’échouer à 5,87 m. Lavillenie, dont la saison 2021 a été gâchée par les blessures, notamment aux Jeux olympiques, est l’un des organisateurs de la réunion, dont c’était la 7e édition. Toutefois, il n’a pu évacuer un trop-plein d’émotion. Les autres Français engagés – Thibaut Collet, Alioune Sene et Valentin Lavillenie – ont également échoué à 5,71 m.
Chez les dames, Sidorova a été poussée dans ses retranchements par sa jeune compatriote Polina Knoroz (22 ans), en l’absence de la championne olympique de Tokyo, l’Américaine Katie Nageotte, qui a renoncé à participer après une blessure à l’échauffement. Médaillée d’argent à Tokyo l’été dernier, Sidorova a franchi 4,87 m au 3e essai, une barre représentant la meilleure performance mondiale de l’année. Elle avait sauté à 4,85 m jeudi dernier à Liévin. De son côté, en passant 4,81 m à sa première tentative, Knoroz (2e) a battu son record personnel en salle qui était de 4,70 m. De leur côté, les Françaises Elina Giallaruchis, Ninon Chapelle et Margot Chevrier n’ont pu franchir 4,55 m.
Le dopage, encore et toujours
Par ailleurs, la Grande-Bretagne a perdu la médaille d’argent du 4 x 100 m des JO de Tokyo en raison du contrôle antidopage positif de l’un de ses sprinteurs, Chijindu « CJ » Ujah, une médaille qui devrait revenir au Canada, selon une décision du Tribunal arbitral du sport (TAS). « CJ » Ujah et ses coéquipiers – Zharnel Hughes, Richard Kilty et Nethaneel Mitchell-Blake – avaient terminé à la 2e place derrière l’Italie (1re) et devant le Canada (3e), qui devrait donc remonter à la 2e place. La Chine (4e) devrait, elle, obtenir le bronze olympique.
En outre, la sprinteuse nigériane Blessing Okagbare a été suspendue dix ans pour usage de substances prohibées et non-coopération dans l’enquête menée par les autorités antidopage, a annoncé l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU). L’AIU a précisé qu’Okagbare (33 ans) a trente jours pour faire appel de la décision auprès du TAS.
Source : AFP

