De nouvelles recrues des talibans, lors d'une formation à Kandahar, le 9 février 2022. Photo Javed TANVEER / AFP
Téhéran a appelé les talibans à ouvrir "largement" les vannes situées en Afghanistan pour laisser passer librement l'eau de la rivière Helmand vers l'Iran conformément au traité signé par les deux pays en 1973.
"La partie afghane a promis à notre ministre de l'Energie, Ali Akbar Mehrabian, de libérer l'eau de la rivière, mais cette promesse n'est pas suffisante. Nous exigeons que l'Afghanistan laisse passer le quota d'eau stipulé dans le traité bilatéral de 1973", a déclaré le responsable chargé des fleuves frontaliers au ministère de l'Energie, Jabbar Vatan-Fada, à la télévision d'Etat.
La région connaît depuis plusieurs années une sécheresse à répétition. Le fleuve Helmand prend sa source dans la montagne de Baba-Yaghma, au centre de l'Afghanistan, traverse la frontière et permet d'irriguer quelque 140.000 hectares de terres agricoles dans le sud-est de l'Iran.
"Selon les termes du traité, il faut que l'eau coule de manière continue, mais les restrictions de l'autre partie (afghane) ont réduit sensiblement le débit. Nous maintenons nos exigences", a ajouté le responsable iranien. Le ministère iranien des Affaires étrangères avait annoncé en 2021 que le quota était de 26 m3 par seconde.
Fin janvier, des villageois iraniens avaient attaqué dans le sud-est du pays des camions conduits par des Afghans pour réclamer leur quota d'eau de la rivière Helmand, selon l'agence de presse officielle Irna. Des manifestations similaires avaient également éclaté devant le consulat d'Afghanistan à Zahedan, capitale de la province du Sistan-Baloutchistan, malgré l'interdiction des autorités.
L'année dernière, l'ex-président afghan, Ashraf Ghani, renversé depuis par les talibans, avait annoncé que l'Afghanistan ne fournirait plus d'eau "supplémentaire" gratuitement à l'Iran mais la lui vendrait contre du pétrole. Se basant sur le traité, l'Iran avait rejeté cette proposition alors que la question hydrique reste une source de tensions entre les deux pays.
Helmand alimentait le lac Hamun, qui est désormais tari en raison de la sécheresse et des restrictions d'eau imposées par l'Afghanistan. L'Iran, pays aride, connaît une sécheresse chronique depuis des années.

