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Culture - Cimaises

L’art libanais prend ses quartiers à la Résidence des Pins

À l’initiative de l’ambassadrice Anne Grillo, qui a décidé de donner carte blanche à six importants galeristes beyrouthins, des œuvres de peintres et sculpteurs libanais se succéderont pendant deux ans dans les salons de réception de la « maison de France au Liban ».

L’art libanais prend ses quartiers à la Résidence des Pins

L’artiste Hannibal Srouji et la galeriste Nadine Begdache entourant l’ambassadrice Anne Grillo, le 11 février courant, à la Résidence des Pins. Photo Michel Sayegh

« J’ai été nommée en poste au Liban après l’explosion d’août 2020. Je suis arrivée dans une période difficile, dans un pays cassé, éprouvé. Une situation à laquelle s’est ajoutée la pandémie avec ses confinements et déconfinements successifs. Et dans ce moment très particulier que traversent les Libanais, j’avais le souhait de leur ouvrir dès que possible cette Résidence des Pins pour en faire un lieu où tous puissent se retrouver, se sentir bien, sans avoir uniquement le sentiment de venir à la résidence de l’ambassadeur de France, mais en y trouvant un espace commun, comme un trait d’union renouvelé entre la France et le Liban. Avec mon équipe, j’ai cherché à mûrir une action qui leur offre la possibilité de s’approprier ce lieu patrimonial, d’y apporter leur petite touche personnelle. Et de là est née l’idée, somme toute assez simple, de proposer à six galeristes reconnus de la ville d’y présenter un certain nombre d’artistes libanais ou franco-libanais de leurs choix », a révélé en toute simplicité l’ambassadrice de France Anne Grillo lors de la cérémonie de lancement du projet d’exposition de l’art libanais vendredi soir à la Résidence des Pins.

Des œuvres de Samir Khaddaje et Jamil Molaeb installées sur les murs du salon de musique à la Résidence des Pins. Photo Michel Sayegh

Un soutien complémentaire

Un projet dont la principale cheville ouvrière est Bénédicte Vigner, l’attachée de coopération culturelle près l’ambassade de France, dont l’objectif est d’apporter aussi, « d’une certaine façon plus personnelle, un soutien un peu diffèrent mais néanmoins complémentaire de toutes les actions que nous menons en faveur de la scène artistique et culturelle libanaise », a poursuivi l’ambassadrice en évoquant la force de l’engagement de la France dans ce domaine au Liban. « Un engagement renouvelé avec une intensité particulière après la dramatique explosion au port de Beyrouth », assure-t-elle. Avant de rappeler, entre autres, « les actions d’appui à la reconstruction et la préservation du patrimoine, ainsi que le programme de résidence Nafas qui offre aux artistes libanais durement touchés un temps de respiration en France. Et que nous faisons évidemment en lien avec des institutions culturelles françaises, toutes disciplines confondues ».

Bénédicte Vigner, attachée de coopération culturelle près l’ambassade de France, et la galeriste Nadine Begdache. Photo Michel Sayegh

Première carte blanche à Nadine Begdache

C’est donc dans la logique du programme de soutien apporté aux artistes et à la scène artistique libanaise que s’inscrit cette initiative. Et c’est dans un esprit de solidarité culturelle et de valorisation des talents libanais que les tableaux d’artistes français qui étaient accrochés dans les salons de la résidence des ambassadeurs de France – et qui appartiennent au Mobilier national français – ont cédé la place (temporairement) aux peintures modernes et contemporaines issues de la collection d’art libanais de Nadine Begdache.

La galeriste, qui a lancé certains des grands noms de la peinture libanaise, est la première à bénéficier de ces « cartes blanches » qui s’échelonneront sur deux ans à raison d’une nouvelle installation d’œuvres présentées chaque quatre mois par une galerie différente.

Pour mémoire

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Un premier choix motivé par « le désir que nous avions de revenir aux racines de la scène artistique, culturelle et intellectuelle beyrouthine, incarnée par Dar el-Fan, ce centre culturel initié dans les années d’avant-guerre par Janine Rubeiz et dont la fille Nadine Begdache a repris le flambeau en le transformant en galerie aujourd’hui reconnue », comme l’ont indiqué d’une même voix Anne Grillo et Bénédicte Vigner. L’ambassadrice, qui a également précisé avoir émis le souhait que les œuvres choisies pour orner les murs de la Résidence « illustrent le lien entre la France et le Liban », a par ailleurs laissé une totale liberté dans la sélection à la galeriste invitée.

Cette dernière a ainsi réalisé un accrochage privilégiant des œuvres modernes et contemporaines « d’artistes libanais et franco-libanais de renommée internationale ou connus sur le marché local et dont le travail s’intègre harmonieusement dans l’ambiance de ces salons riches en très beau mobilier des années soixante ».

Valoriser l’art libanais à l’international

Dans cet esprit, Nadine Begdache a disséminé dans les différentes salles de réception de la prestigieuse bâtisse les peintures signées Etel Adnan, Huguette Caland, Yvette Achkar, Chafic Abboud, Aref Rayess, Jamil Molaeb, Joseph Harb, Laure Ghorayeb et Mazen Kerbage, Samir Khaddaje, Hannibal Srouji, Élie Bourjeili ou encore François Sargologo… Lesquels déploieront donc durant quatre mois la diversité de leurs styles, langages et couleurs devant les visiteurs des lieux.

Une manière de contribuer à la promotion de l’art libanais à l’international. « Car, contrairement aux idées reçues, la Résidence des Pins est un lieu très fréquenté, par beaucoup de délégations étrangères notamment », signale Bénédicte Vigner, très impliquée dans ce projet de solidarité artistique avec le Liban. Une initiative différente dont l’une des finalités est de rappeler aussi que « le Liban a été un lieu de création et de rayonnement où artistes et intellectuels français venaient, et (qu’)il doit le rester », dixit Anne Grillo.

« J’ai été nommée en poste au Liban après l’explosion d’août 2020. Je suis arrivée dans une période difficile, dans un pays cassé, éprouvé. Une situation à laquelle s’est ajoutée la pandémie avec ses confinements et déconfinements successifs. Et dans ce moment très particulier que traversent les Libanais, j’avais le souhait de leur ouvrir dès que possible cette...

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Donc on peut juste y aller quand on veut ?

Warman69

08 h 19, le 14 février 2022

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Commentaires (1)

  • Donc on peut juste y aller quand on veut ?

    Warman69

    08 h 19, le 14 février 2022

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