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Monde - Mali

La junte décide abruptement d’expulser l’ambassadeur de France à Bamako

La junte décide abruptement d’expulser l’ambassadeur de France à Bamako

L'ambassadeur de France à Bamako, Joël Meyer, discutant avec la presse, le 21 janvier 2022. Nicolas Réméné/AFP

Les autorités maliennes dominées par les militaires ont décidé d’expulser l’ambassadeur de France, dans une nouvelle escalade abrupte de la brouille entre Bamako et Paris, a annoncé hier la télévision d’État. Une mesure de rétorsion qui pose encore davantage la question de l’engagement militaire français au Mali.

« Le gouvernement de la République du Mali informe l’opinion nationale et internationale que ce jour (...) l’ambassadeur de France à Bamako, son excellence Joël Meyer, a été convoqué par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (et) qu’il lui a été notifié la décision du gouvernement qui l’invite à quitter le territoire national dans un délai de 72 heures », a annoncé un communiqué lu par la télévision d’État. Les autorités maliennes ont justifié cette décision par les récentes déclarations « hostiles » de responsables français à leur encontre.

Cette convocation marque un nouveau durcissement des tensions entre le Mali et la France, ancienne puissance coloniale engagée militairement contre les jihadistes au Mali et au Sahel depuis 2013. Les relations n’ont cessé de se détériorer depuis que des colonels ont pris par la force en août 2020 la tête de ce pays, plongé depuis 2012 dans une profonde crise sécuritaire et politique. Elles se sont encore envenimées en mai 2021, avec un nouveau putsch des mêmes colonels pour renforcer leur emprise.

La ministre française des Armées Florence Parly a déclaré le 25 janvier que la junte multipliait « les provocations ». Son collègue français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a, deux jours après, qualifié la junte d’« illégitime » et ses décisions d’« irresponsables », après que les autorités maliennes eurent poussé le Danemark à retirer son contingent de forces spéciales.

L’expulsion de Joël Meyer, 60 ans, en poste à Bamako depuis octobre 2018, « fait suite aux propos hostiles et outrageux » de M. Le Drian, et « à la récurrence de tels propos (...) en dépit des protestations maintes fois élevées », dit le communiqué lu à la télévision malienne, canal de communication privilégié des autorités.

« Réflexes coloniaux »

Bamako réitère cependant « sa disponibilité à maintenir le dialogue et poursuivre la coopération avec l’ensemble de ses partenaires internationaux, y compris la France, dans le respect mutuel et sur la base du principe cardinal de non-ingérence ». La junte est entrée ces derniers mois en résistance face à une grande partie de la communauté internationale et des partenaires du Mali, qui pressent pour un retour des civils à la tête du pays.

La France et ses alliés européens s’alarment aussi de l’appel fait, selon eux, par la junte aux mercenaires de la sulfureuse société russe Wagner, groupe réputé proche du Kremlin, accusé d’exactions en Centrafrique et engagé sur d’autres théâtres. La junte persiste à démentir.

La junte, qui entend se maintenir plusieurs années à la direction du Mali, s’est braquée en invoquant la souveraineté nationale. Elle vante aussi la qualité de sa coopération avec la Russie.

Elle a déjà demandé la révision des accords de défense avec la France. Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop avait prévenu vendredi que son pays n’excluait « rien » dans ses relations avec la France, y compris une dénonciation de ces accords.

Les officiels maliens s’en sont eux-mêmes durement pris à la France, ainsi qu’à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui a infligé le 9 janvier une série de sévères sanctions diplomatiques et économiques au Mali.

Le colonel Abdoulaye Maïga, ministre et porte-parole du gouvernement dit de transition, s’était livré mercredi à une charge virulente contre Mme Parly et la France, accusée de chercher à diviser les Maliens, « d’instrumentaliser » les organisations sous-régionales et de conserver ses « réflexes coloniaux ». Il avait donné pour « conseil » à Mme Parly de se taire.

La France a déployé plus de 5 000 soldats au Sahel et au Mali avant de décider en 2021 de réduire la voilure. Elle s’interroge à présent sur les modalités de sa présence. Le chef de sa diplomatie a déclaré vendredi que la France et ses partenaires européens ne pouvaient « rester en l’état ». « Notre combat contre le terrorisme doit se poursuivre mais sans doute dans d’autres conditions », a-t-il renchéri dimanche.

Le chef d’état-major de l’armée de terre française est resté prudent sur le sujet. « La question du Sahel est éminemment politique », a commenté le général Pierre Schill devant la presse. « Aujourd’hui, au quotidien, nos unités continuent leur partenariat avec les bataillons maliens. »

Source : AFP

Les autorités maliennes dominées par les militaires ont décidé d’expulser l’ambassadeur de France, dans une nouvelle escalade abrupte de la brouille entre Bamako et Paris, a annoncé hier la télévision d’État. Une mesure de rétorsion qui pose encore davantage la question de l’engagement militaire français au Mali.« Le gouvernement de la République du Mali informe l’opinion nationale et internationale que ce jour (...) l’ambassadeur de France à Bamako, son excellence Joël Meyer, a été convoqué par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (et) qu’il lui a été notifié la décision du gouvernement qui l’invite à quitter le territoire national dans un délai de 72 heures », a annoncé un communiqué lu par la télévision d’État. Les autorités maliennes ont...
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