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Sport - Alpinisme / Escalade

La cascade de glace veut faire frissonner les Jeux olympiques

La cascade de glace veut faire frissonner les Jeux olympiques

Situé à l’entrée du parc des Écrins dans les Hautes-Alpes, en France, le petit village de Freissinières a accueilli à la mi-janvier une compétition de cascade de glace, dans le cadre de la 32e édition de l’Ice Climbing Écrins, sur deux nouvelles tours de glace artificielle situées non loin d’un terrain de jeu naturel, où la cascade gelée de Madame Tape Dur et ses 40 mètres attirent les débutants. Olivier Chassignole/AFP

Piolets et crampons aiguisés, ils gravissent des parois d’eau gelée en sept secondes ou se contorsionnent sur des voies plus sèches. La cascade de glace séduit une dizaine de millions de personnes dans le monde et fait de l’œil aux Jeux olympiques.

Née sur les versants totalement ombragés de la montagne où les chutes d’eau se transforment en blocs gelés l’hiver, la cascade de glace – ou escalade sur glace – a conquis le terrain sportif. Lors du week-end écoulé, à Saas-Fee en Suisse, se sont tenus les Mondiaux sur des structures artificielles, au cœur d’un immense parking circulaire de 10 étages. Une évolution de la pratique qui pourrait lui ouvrir la voie olympique. « Il y a 20 ans, il y avait encore des compétitions sur des structures naturelles. Aujourd’hui, le niveau à l’international est tellement élevé que la simple glace ne suffit plus à départager les compétiteurs. Ça va s’apparenter un peu à un mur d’escalade », explique l’un des meilleurs de la discipline, le Français Tristan Ladevant, présent à Saas-Fe après s’être notamment préparé à Freissinières, dans les Hautes-Alpes, en France.

Situé à l’entrée du parc des Écrins, le petit village de Freissinières a accueilli à la mi-janvier une compétition dans le cadre de la 32e édition de l’Ice Climbing Écrins, sur deux nouvelles tours de glace artificielle, non loin d’un terrain de jeu naturel, où la cascade gelée de Madame Tape Dur et ses 40 mètres attire les débutants qui plantent avec force leurs piolets et leur crampons dans la solide paroi.

Apparentée à l’alpinisme, la cascade de glace existe depuis près de cinquante ans. L’activité compétitive a, elle, une trentaine d’années.

Situé à l’entrée du parc des Écrins dans les Hautes-Alpes, en France, le petit village de Freissinières a accueilli à la mi-janvier une compétition de cascade de glace, dans le cadre de la 32e édition de l’Ice Climbing Écrins, sur deux nouvelles tours de glace artificielle situées non loin d’un terrain de jeu naturel, où la cascade gelée de Madame Tape Dur et ses 40 mètres attirent les débutants. Olivier Chassignole/AFP

Vitesse et difficulté

À Freissinières, les sportifs se sont illustrés sur les deux épreuves de la discipline : la vitesse (mur glacé) et la difficulté (paroi en contreplaqués). Par moins sept degrés, les grimpeurs ont joué de créativité pour ancrer la pointe de leur piolet sur des prises de quelques millimètres. Après avoir chauffé les lames – l’acier froid glisse davantage – ils se sont activés de façon gymnique pour attraper des prises qui semblent inaccessibles, inversant même le piolet ou plaçant leur jambe à califourchon sur le bras tenant la petite pioche. « Comme on n’a pas la sensation des mains sur les prises, le seul moyen de tenir sur des prises qui ne sont pas dans le bon sens et qui sont là pour nous faire tomber, c’est de maintenir une pression entre le piolet et la prise. Il faut avoir une gestuelle plus intéressante qu’en escalade. C’est impressionnant à regarder et c’est kiffant pour nous à grimper », raconte le Français Louna Ladevant, n° 1 mondial en 2020. Sur l’épreuve de vitesse, les meilleurs mettent entre six et sept secondes pour grimper une tour de 15 à 18 mètres, « l’équivalent d’un 60 m en athlétisme », compare son frère Tristan.

En France, ce sont 6 000 personnes qui déclarent pratiquer ce sport, selon la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM). Dans le monde, les estimations faites par la Fédération internationale d’escalade et d’alpinisme (UIAA) tournent « autour de dix millions de personnes qui se rendent dans la montagne pour grimper », rapporte Rob Adie, en charge de la cascade de glace depuis cinq ans à l’UIAA. Sur les circuits, ce sont de 200 à 250 athlètes qui évoluent, venus pour beaucoup de Corée du Sud, de Russie, de Suisse, de France et même… d’Iran !

« Comme le sport a évolué, on est passé de beaucoup de glace à pas trop de glace pour proposer du dry-tooling (sur zones sèches). Et avec du pur dry-tooling, vous pouvez organiser des événements n’importe où, même au milieu du désert si vous le voulez ! »

relève Rob Adie. Tous les ingrédients semblent donc réunis pour que ce sport devienne olympique. « Je ne dirais pas que nous sommes tout à fait prêts. C’est ironique, mais la principale chose que nous devons faire, c’est de (re)mettre plus de glace. Pour devenir un sport olympique d’hiver, il faut de la neige ou de la glace. En (épreuve de) difficulté, on doit être à 20 % de glace, (et) je pense qu’il faudrait qu’on soit à 80 % pour devenir olympique », souligne encore Rob Adie, qui espère une entrée aux Jeux olympiques en 2030 après avoir essuyé un refus pour les Jeux olympiques de la jeunesse 2028.

Sabine COLPART/AFP

Piolets et crampons aiguisés, ils gravissent des parois d’eau gelée en sept secondes ou se contorsionnent sur des voies plus sèches. La cascade de glace séduit une dizaine de millions de personnes dans le monde et fait de l’œil aux Jeux olympiques.Née sur les versants totalement ombragés de la montagne où les chutes d’eau se transforment en blocs gelés l’hiver, la cascade de glace – ou escalade sur glace – a conquis le terrain sportif. Lors du week-end écoulé, à Saas-Fee en Suisse, se sont tenus les Mondiaux sur des structures artificielles, au cœur d’un immense parking circulaire de 10 étages. Une évolution de la pratique qui pourrait lui ouvrir la voie olympique. « Il y a 20 ans, il y avait encore des compétitions sur des structures naturelles. Aujourd’hui, le niveau à l’international est...
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