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Un opposant irano-suédois accusé de "corruption sur terre" risque la mort

Un opposant irano-suédois accusé de

Le drapeau iranien. Photo d'archives AFP

Un opposant irano-suédois, détenu depuis plus d'un an en Iran, a été accusé mardi de "terrorisme" et surtout de "corruption sur terre", la charge la plus grave du code pénal iranien qui entraîne généralement la peine capitale.

Fait rarissime dans des affaires de sécurité, la télévision d'Etat a diffusé en différé le procès de cet opposant. Le président du tribunal a annoncé une nouvelle audience sans préciser la date.

Barbe et cheveux poivre et sel, le visage caché par un masque sanitaire, Habib Farjollah Chaab, connu également comme Habib Asyud, ce quadragénaire était seul sur le banc des accusés. Chef du groupe de l'ASMLA (Mouvement arabe de lutte pour la libération d'Ahvaz), considéré comme un mouvement terroriste par les autorités iraniennes, il avait disparu en octobre 2020 après s'être rendu à Istanbul et avant de réapparaître un mois plus tard détenu en Iran.

La Suède, dont il est citoyen, a initié des démarches pour lui offrir un aide consulaire mais sans résultat, car l'Iran ne reconnaît pas la double nationalité.

"Affaire intérieure" 

"Nous avons demandé un accès consulaire auprès du détenu mais nous ne l'avons pas obtenu jusqu'à présent. L'Iran maintient que Habib Chaab est seulement un citoyen iranien et qu'il s'agit donc d'une affaire intérieure", a précisé dans un communiqué le ministère suédois des Affaires étrangères "Nous ne partageons pas le point de vue iranien. Nous avons également soulevé la question auprès des ambassadeurs iranien et turc à Stockholm", a ajouté le ministère suédois.

Vêtu d'un pyjama de prisonnier bleu-clair à bandes bleu marine, portant des lunettes, Habib Chaab, a écouté durant près d'une heure les accusations portées à son encontre par le représentant du parquet. Dans la salle de la branche 26 du tribunal révolutionnaire à Téhéran, avaient pris place des parents des victimes d'attentats attribués à son groupe. Ils arboraient les photos de leurs proches.

"L'accusé a un avocat et son dossier démontre qu'il est sain d'esprit", a lancé le procureur. "Selon l'enquête menée par le ministère des Renseignements, les aveux de l'inculpé et les preuves en possession du tribunal, Habib Chaab est accusé d'avoir, par le biais de son organisation, propagé la "corruption sur terre", dirigé et organisé le groupe appelé le Mouvement arabe de lutte pour la libération d'Ahvaz". Il est également accusé d'avoir "planifié et mené des actions terroristes et détruit des biens publics", a expliqué le procureur.

"Le groupe a mené des actions terroristes horribles avec l'utilisation de bombes contre des biens publics". "Il a commis des vols à main armée et des actions terroristes qui ont blessé ou tué 74 citoyens iraniens", a martelé le procureur. Selon lui, le principal objectif du groupe était "la désintégration de la province iranienne du Khouzestan et l'établissement d'un Etat arabe".

Outre l'accusé, six autres dirigeants du groupe installés dans des pays européens, dont le Danemark, les Pays-Bas et la Suède étaient chargés de commettre des attentats terroriste en Iran, selon le procureur. L'accusation a montré des vidéos d'hommes armés et cagoulés menant des exercices militaires.

En novembre 2020, la télévision iranienne avait diffusé une vidéo de Habib Chaab, dans laquelle il reconnaissait notamment travailler pour les services de renseignement saoudiens. Il s'accusait également d'un attentat meurtrier ayant visé en septembre 2018 un défilé militaire à Ahvaz, chef-lieu de la province du Khouzestan.

La population de la province du Khouzestan, riche en pétrole, compte une importante minorité arabe, qui se plaint d'être laissée pour compte par les autorités. Le Khouzestan avait été l'un des points chauds de la vague de contestation, violemment réprimée en novembre 2019.


Un opposant irano-suédois, détenu depuis plus d'un an en Iran, a été accusé mardi de "terrorisme" et surtout de "corruption sur terre", la charge la plus grave du code pénal iranien qui entraîne généralement la peine capitale.
Fait rarissime dans des affaires de sécurité, la télévision d'Etat a diffusé en différé le procès de cet opposant. Le président du tribunal a annoncé...