Rechercher
Rechercher

Culture - Initiative

Le Conservatoire libanais doté de 16 pianos Carl Bechstein

Rendez-vous ce soir, vendredi 14 janvier, à 17 heures précises, au Conservatoire national supérieur de musique, sis à Zokak el-Blatt, face au Grand Sérail, pour un récital de piano inaugurant une initiative de Pascale Ojeil et l’association des Amis de l’Orchestre philharmonique du Liban.

Le Conservatoire libanais doté de 16 pianos Carl Bechstein

Au conservatoire de Zokak el-Blatt, deux jeunes pianistes donnent le « la » au nouveau piano Bechstein offert par la fondation éponyme. Photo DR

Ce soir, les mélomanes ont rendez-vous au Conservatoire national supérieur de musique (CNSM) à Zokak el-Blatt pour un concert pas tout à fait comme les autres. Au clavier d’un somptueux piano à queue noir lustré Carl Bechstein, deux jeunes élèves, Elena Khoury et Tamara Kastoun, interpréteront des pages de Beethoven, Brahms, Liszt, Granados et Rachmaninoff. Un moment musical exceptionnel destiné à annoncer l’arrivée du lot de seize pianos offerts par la Fondation Carl Bechstein pour pallier le désastre suscité par la double explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth… Une donation d’une valeur de 300 000 euros qui a été rendue possible grâce à l’initiative de Pascale Ojeil et de l’association des Amis de l’Orchestre philharmonique du Liban.

L’Orient-Le Jour a rencontré Pascale Ojeil qui livre plus de détails concernant le soutien humanitaire et culturel apporté depuis la catastrophe au secteur éducatif et musical. Avec son allure de star, le teint hâlé – « le soleil est ma meilleure étoile », dit-elle –, la jeune femme de 44 ans ne passe pas inaperçue. Sous une apparence plutôt boute-en-train se cache une tout autre réalité. Plus sérieuse et mue par l’altérité, elle évoque le soutien aux démunis, l’intérêt à la culture…

Si elle reste discrète sur sa carrière d’économiste (diplômée de l’USJ en money et banking), Pascale Ojeil s’étend volontiers sur sa carrière de chanteuse de variétés (Édith Piaf, Charles Aznavour, Michel Berger) au Music-Hall ainsi que sur sa brève expérience de cantatrice opératique dans le concert Les Requiems de Verdi et Cherubini dont elle a été l’initiatrice puis la marraine.

La facette artistique de Ojeil est à l’évidence placée sous le signe de la passion et d’un amateurisme chevronné. « Je fais tout d’instinct », confesse-t-elle d’ailleurs dans un éclat de rire et un flot intarissable de paroles. Tout comme cette chanson corse (une prière à la Vierge) qu’elle interprète avec véhémence et ardeur, se l’appropriant comme d’un drapeau de conquérant. Sa version chantée d’un air traditionnel issu de la quatrième île de la Méditerranée par sa superficie a fait le tour du monde, pour sensibiliser la planète sur la destruction massive suscitée par le drame du 4 août. Tout en drainant réconfort et similitude entre le Liban et la Corse.

Plongée dans ses recherches financières la journée, dans le chant le soir, Pascale Ojeil a ajouté une autre corde à son arc depuis 2020, celui de combattante pour les causes humanitaires et culturelles.

Pascale Ojeil en compagnie de l’ambassadeur d’Autriche, le Dr René Amry, et de l’attaché militaire Thomas Holzhaider lors de la réception de la dotation des pianos Bechstein à l’aéroport de Beyrouth. Photo DR

Jamais les mains vides

Très active sur le plan des collectes de fonds – elle a déjà réalisé 16 missions d’aide humanitaire et culturelle tous azimuts – avec son sens du contact et sa grande persévérance, cette dynamique jeune femme se porte au secours d’une ville et de ses habitants.

Depuis son concert à Gordes (dans le sud-est de la France) avec Abdel Rahman el-Bacha en juillet 2020 jusqu’à sa chanson Sintineddi (dédiée à soutenir les familles en difficulté pour les aider à payer les scolarités de leurs enfants) avec le chanteur corse Jean-Charles Papi, Pascale Ojeil se bat pour ne jamais rester les mains vides afin d’aider ses compatriotes.

Pour cette dernière initiative destinée à venir en aide au Conservatoire national supérieur de musique, la pasionaria a frappé à la porte du prince de Monaco et du prince Hans Adam II du Liechtenstein. Tout a commencé avec l’aide de l’ambassadeur d’Autriche, Dr René Amry, et le concours de l’ONG Artists for Children, explique-t-elle en évoquant le cheminement qui a abouti à cette donation avec l’association des Amis de l’Orchestre philharmonique du Liban de la part de la Fondation Carl Bechstein.

Le Conservatoire se voit ainsi doté d’un piano à queue de concert D282, de dix pianos droits Feurish modèle 122 Universal et de 5 pianos demi-queue Feurish modèle 179. La Fondation Bechstein a également couvert les frais de transport jusqu’au port et l’aéroport de Beyrouth ainsi que les frais d’accordage, réalisés par un expert en la matière venu de Vienne. L’entretien des pianos fera d’ailleurs l’objet d’un échange avec les techniciens du Conservatoire à la Fondation Carl Bechstein à Vienne. Un technicien de concert de Vienne viendra à Beyrouth en février afin de poursuivre la tâche…

Grâce à cette donation salutaire, les élèves du Conservatoire pourront s’atteler brillamment à la mission que s’est fixée la Fondation Carl Bechstein : celle de promouvoir le talent des jeunes et de leur permettre d’avoir accès aux touches d’un clavier pour un meilleur épanouissement d’une carrière ou d’une vocation musicale de pianiste…

Outre ce concert organisé ce soir à Beyrouth, et dédié à Gregor Willmess et Ernest Bittner de la Fondation Bechstein, en remerciement pour cette donation, la Fondation Bechstein organisera un concert le 22 mars prochain au Ehrbar Hall de Vienne avec le talentueux pianiste Abdel Rahman el-Bacha. Une soirée dont les recettes soutiendront également le CNSM.

« Je crois que c’est quelque chose qui n’a pas de prix ce que Bechstein fait pour le Liban. De donner ce qu’il y a de meilleur parmi les instruments – les pianos, plus précisément – pour que le Liban puisse encore profiter de la culture et de la musique. Et pour que les artistes aussi puissent donner leur meilleur, il leur faut de bons instruments », commente pour l’occasion l’éminent pianiste. Le Dr Walid Moussallem, président du CNSM, indique pour sa part que « le piano de concert Bechstein, offert par la maison Bechstein, sera la perle qui ornera la nouvelle salle de concert aujourd’hui en construction et qui sera inaugurée en octobre 2023. Un piano au son magique, à l’équilibre parfait et qui fera la joie des interprètes et des mélomanes. Merci Bechstein. Vous nous avez offert un cadeau inestimable qui fera désormais partie de notre histoire et de notre culture musicale ».

Le dernier mot dans cette constructive aventure entre une institution, les hommes et la musique revient à Pascale Ojeil qui rêve déjà à d’autres possibilités, d’autres potentialités, d’autres occasions de gommer les distances, d’effacer les barrières et surtout de voler au secours des autres…

« Je suis en plein projet de jumelage entre une ville française et une autre libanaise pour un échange culturel, un partage, un regard commun, une histoire qui se décline en une onde duelle, fraternelle… » révèle cette jeune femme infatigable, au terme de seize projets exécutés main dans la main avec des ONG, en moins de deux ans. « J’aimerais que les jeunes s’investissent dans ce pays… » termine-t-elle, toujours volontaire, déterminée et d’une énergie débordante.

Alors pour commencer, dans le recueillement et la communion dans la musique, écoutons les premiers accords issus de ce piano Bechstein venu de loin nous parler de reconstruction, de paix, de fraternité, d’inspiration, de solidarité et de générosité…


Ce soir, les mélomanes ont rendez-vous au Conservatoire national supérieur de musique (CNSM) à Zokak el-Blatt pour un concert pas tout à fait comme les autres. Au clavier d’un somptueux piano à queue noir lustré Carl Bechstein, deux jeunes élèves, Elena Khoury et Tamara Kastoun, interpréteront des pages de Beethoven, Brahms, Liszt, Granados et Rachmaninoff. Un moment musical...

commentaires (3)

Que peut on dire de plus que UN GRAND MERCI de donner du bonheur aux Libanais

Georges Zehil Daniele

16 h 28, le 15 janvier 2022

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Que peut on dire de plus que UN GRAND MERCI de donner du bonheur aux Libanais

    Georges Zehil Daniele

    16 h 28, le 15 janvier 2022

  • It’s sont tout petits a cote d.Elle

    Zampano

    14 h 27, le 14 janvier 2022

  • Bravo!

    Joseph Madi

    08 h 25, le 14 janvier 2022

Retour en haut