Simone Inzaghi, entraîneur de l’Inter Milan (à droite), se montrant insatisfait alors que Sasa Lukic, milieu du Torino (au centre), s’empare du ballon lors du match Inter-Torino, mercredi soir au stade San Siro de Milan pour la dernière journée de Serie A avant la trêve. Miguel Medina/AFP
De l’après-Antonio Conte réussi par Simone Inzaghi, à l’Inter Milan, à la mission toujours plus impossible de Franck Ribéry, à la Salernitana, l’automne en Serie A (1re division de football italienne) a été souvent emballant, même si le bilan est sérieusement écorné par les cris racistes à répétition dans les stades.
Les tops
– Inzaghi embellit : succéder à Antonio Conte, parti sur un titre de champion d’Italie, et sans Romelu Lukaku, le challenge était ardu et il est pour le moment parfaitement relevé par Simone Inzaghi à l’Inter Milan. Avec un mercato malin (Dzeko, Calhanoglu, Dumfries), les Nerrazzurri sont montés en puissance pour se qualifier en 8es de finale de la Ligue des champions (C1) – une première depuis dix ans – et virer en tête du championnat à la mi-saison. Le tout avec une touche offensive inédite et un goût pour le jeu qui rendent l’Inter actuellement sans rival.
– Vlahovic empile : c’est la saison de la confirmation pour Dusan Vlahovic à la pointe de l’attaque d’une belle Fiorentina. L’attaquant serbe de 21 ans enfile les buts, dans la foulée de sa belle seconde partie de saison dernière. Qualité de frappe, sang-froid, sens du collectif, l’actuel meilleur buteur du championnat génère un intérêt croissant chez plusieurs clubs européens. La Viola (7e), en course pour retrouver l’Europe, fera tout pour le garder en janvier (lors du mercato hivernal), mais il ne serait pas surprenant de voir Vlahovic (sous contrat jusqu’en 2023) partir à l’été prochain (pour le mercato estival).
– Maignan enchante : il devait combler dans la cage de l’AC Milan l’immense vide laissé par Gianluigi Donnarumma. Mike Maignan n’a pas mis longtemps à rassurer les tifosi rossoneri. Après sept semaines d’absence pour se faire opérer du poignet, ce qui l’a privé de plusieurs matches décisifs en C1, le gardien n° 2 des Bleus (la sélection française) a retrouvé ses marques depuis décembre. Milan aura bien besoin de lui pour tenter de disputer le titre à l’Inter.
– Le jeu emballe : dans le sillage de la Nazionale de Roberto Mancini et de l’Atalanta de Gian Piero Gasperini, de plus en plus d’équipes de Serie A s’éloignent du classique jeu tactique et défensif à l’italienne pour regarder vers l’avant. C’est le cas du Milan de Stefano Pioli ou de la Fiorentina de Vincenzo Italiano. Mais même des équipes de second rang n’hésitent pas à prendre des risques, comme le promu Empoli, auteur de quelques jolis coups contre la Juventus Turin ou Naples.
Les flops
– Allegri ennuie : malgré cinq titres de champion et deux finales de Ligue des champions, la Juventus s’était séparée en 2019 du pragmatique Massimiliano Allegri pour tenter de développer un jeu plus séduisant. Après l’expérience Pirlo, conclue à la 4e place, Allegri a été rappelé pour ramener la Vieille Dame au sommet. La première moitié de saison est globalement une déception, avec des résultats en dents de scie, un jeu sans brio et une attaque orpheline de Cristiano Ronaldo. Paulo Dybala et Federico Chiesa, notamment, sont attendus en 2022.
– Ribéry en échec : non retenu par la Fiorentina, Franck Ribéry a créé la surprise en rejoignant à l’été dernier la Salernitana, promue en Serie A. Seule star d’une équipe à l’effectif limité, l’attaquant de 38 ans ne s’économise pas, mais ne suffit pas à éviter une saison aux allures de chemin de croix. Lanterne rouge avec la pire attaque et la pire défense, la Salernitana reste en plus menacée de ne pas pouvoir reprendre le championnat si elle ne change pas de propriétaire d’ici au 31 décembre, comme l’a imposé en début de saison la Fédération italienne de football.
– Shevchenko englué : difficile première comme entraîneur de club pour Andriy Shevchenko, appelé au chevet du Genoa début novembre après avoir atteint les quarts de finale de l’Euro avec l’Ukraine. Seulement deux points pris en sept matches et un Genoa toujours englué dans la zone rouge (18e). Censé incarner un changement d’ère souhaité par le nouveau propriétaire américain du club, le Ballon d’or 2004 doit décoller en 2022.
– Le racisme embarrasse : après dix-huit mois à huis clos pour cause de pandémie de coronavirus, le retour des supporteurs (avec une jauge toujours limitée à 75 %) a ramené de l’ambiance dans les stades, mais aussi marqué le retour des débordements racistes qui embarrassent le football italien depuis des années. Koulibaly, Osimhen, Maignan, Ibrahimovic... Plusieurs joueurs ont été la cible d’injures à Florence, Turin ou Rome. Des enquêtes ont été ouvertes, mais peu de sanctions ont été prises, même si le capitaine de la Nazionale (l’équipe d’Italie), Giorgio Chiellini, a pris ses responsabilités en confiant sa « honte » après les injures contre Koulibaly.
La trêve hivernale
Après les dernières journées des phases aller en championnats avant la trêve hivernale, l’Inter Milan va donc passer les fêtes au chaud après sa 7e victoire de rang en Serie A, contre le Torino (1-0), avec pour seul dauphin l’AC Milan, qui profite de la défaite surprise de Naples (3e) à domicile contre la Spezia (0-1). Les Nerazzurri virent en tête avec 4 points d’avance sur les Rossoneri et 7 sur le Napoli. La Roma (6e) et la Fiorentina (7e) ont, elles, perdu le contact avec la Juve, désormais seule 5e à quatre points de l’Atalanta (4e).
Dans le championnat d’Espagne, le Real Madrid a terminé l’année en beauté en s’imposant (2-1), avec un doublé de son capitaine Karim Benzema, sur le terrain de l’Athletic Bilbao, mercredi soir en match avancé de la 21e journée de LaLiga. Avec 46 points (14 victoires, 4 nuls, 1 défaite), le Real devance désormais de 8 points son suivant immédiat, le FC Séville, et de 13 le Betis (3e), qui ne disputeront cette journée qu’en janvier. L’Athletic Bilbao est 10e. Mercredi aussi, l’Atlético Madrid, champion en titre en grande difficulté, a terminé son année 2021 sur une 4e défaite d’affilée, sur le terrain de Grenade (2-1), en match en retard de la 9e journée. L’équipe de Diego Simeone est 5e, à 17 points du Real.
Et en Ligue 1 française, le Paris SG a évité le pire à Lorient (1-1) grâce à Mauro Icardi, mercredi pour la 19e journée, la dernière avant la trêve, marquée par l’essor de Nice, nouveau dauphin, et les faux pas de Marseille et Lyon.
Supercoupe d’Afrique
Par ailleurs, le club égyptien d’al-Ahly, tenant du titre, a remporté la Supercoupe d’Afrique pour la huitième fois de son histoire en battant les Marocains du Raja Casablanca aux tirs au but (1-1 après le temps réglementaire, 6-5 t.a.b.), mercredi soir à al-Rayyan au Qatar. Ce nouveau sacre permet au club égyptien d’asseoir sa domination sur le football africain. Il compte désormais huit titres en Supercoupe, dix en Ligue des champions et un en Coupe de la CAF (la confédération africaine).
Transferts
Enfin, le FC Barcelone a accepté de verser 55 millions d’euros à Manchester City pour faire venir en Catalogne l’attaquant Ferran Torres, ont annoncé hier les chaînes BBC et Sky News en Grande-Bretagne. Ferran Torres, jeune international espagnol de 21 ans, avait rejoint Manchester City en provenance de Valence en août 2020 pour 20 millions d’euros. Le Barça, en proie à des difficultés financières et contraint de laisser partir Lionel Messi au PSG en août dernier, cherche à renforcer son secteur offensif après l’annonce la semaine dernière de la retraite de son buteur Sergio Agüero, victime de problèmes cardiaques, quelques mois à peine après son arrivée en Catalogne.
Source : AFP

