Un campement de migrants en France. Photo d'archives FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Un campement d'environ un millier de migrants a été évacué mardi par les forces de l'ordre dans le nord de la France à Grande-Synthe, sur fond de tensions entre Paris et Londres autour de la question migratoire et de contestation du traitement réservé aux exilés sur le littoral français.
L'évacuation s'est achevée en début d'après-midi: 663 migrants ont été "mis à l'abri" et 35 passeurs présumés interpellés, selon un communiqué de la préfecture du Nord. D'autres sont partis, auront leur droit de séjour examiné ou recevront un traitement judiciaire. Les exilés sont conduits par cars "à l'écart du littoral", dans "des centres d'hébergement répartis dans le Nord" et "d'autres régions françaises". Le préfet, Georges-François Leclerc, s'était plus tôt félicité d'une évacuation menée "dans le calme". Il a précisé que le campement, d'environ un millier de personnes, abritait "essentiellement des Irakiens, Pakistanais et Syriens".
Le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé dans un tweet le lancement de l'opération sur ce "campement illicite", installée sur une friche industrielle. L'opération est menée à un moment de tensions entre Paris et Londres mais selon l'entourage du ministre, elle était prévue, indépendamment de la visioconférence lundi soir entre M. Darmanin et son homologue Priti Patel. Dans un communiqué commun publié mardi, les deux ministres indiquent être convenus "de renforcer encore la coopération opérationnelle" pour "mettre fin aux traversées dangereuses" de la Manche. Ils "ont discuté d'une série de mesures supplémentaires" et se sont engagés "à renforcer le partage des renseignements".
Nouvelles évacuations
"Il faut trouver une solution pour ces gens-là d'autant que nous allons arriver en hiver. L'Etat les empêche de prendre la mer et de rester ici: c'est un cercle vicieux", a plaidé le cabinet du maire socialiste (opposition) de Grande-Synthe, Martial Beyaert. Le préfet du Nord a promis de nouvelles évacuations "dans les jours qui viennent" à Dunkerque, autre ville du nord de la France. Une cinquantaine de migrants ont par ailleurs été évacués mardi à Marck et "52 personnes" sur "d'autres sites à Calais", selon la préfecture du Pas-de-Calais.
Depuis des années, des migrants affluent sur ce littoral dans l'espoir de rallier le Royaume-Uni, avec une envolée depuis 2020 des traversées à bord de petites embarcations. Selon le Royaume-Uni, 22.000 migrants avaient ainsi réussi vendredi à rallier l'Angleterre depuis janvier. Le bilan humain s'élève à trois morts et quatre disparus. Des dizaines d'opérations de sauvetage étaient d'ailleurs en cours mardi dans le détroit, selon la préfecture maritime. Le traitement des migrants cristallise les critiques des associations et responsables humanitaires, ainsi que d'élus.
L'évacuation s'est achevée en début d'après-midi: 663 migrants ont été "mis à l'abri" et 35 passeurs présumés interpellés, selon un communiqué de la préfecture du Nord. D'autres sont partis, auront leur droit de séjour examiné ou recevront un traitement judiciaire. Les exilés sont conduits par cars "à l'écart du littoral", dans "des centres d'hébergement répartis dans le Nord" et "d'autres régions françaises". Le préfet, Georges-François Leclerc, s'était plus tôt félicité d'une évacuation menée "dans le calme". Il a...

