Le pilote italien Valentino Rossi, légende des courses moto et nonuple champion du monde, va prendre sa retraite après le GP de Valence ce week-end, après vingt-six saisons en piste. Devant le paddock réuni, il a posé pour la photo avec chacune des motos sur lesquelles il a été titré. José Jordan/AFP
La fin d’une ère : l’Italien Valentino Rossi va prendre sa retraite après le Grand Prix de Valence, l’ultime course du pilote aux neuf titres mondiaux, dont sept en catégorie reine, en vingt-six saisons.
Voir une dernière fois le mythe. Pour beaucoup de supporteurs ce week-end, l’attraction ne sera pas le champion du monde 2021, le Français de 22 ans Fabio Quartararo, mais bien Valentino Rossi, 42 ans, qui ne gagne plus, mais déplace encore les foules. « Je ne sais pas ce que je vais ressentir, je ne peux pas prévoir mes émotions, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse spécialement organisée en son honneur. Généralement, dans ce genre d’occasion, je profite, je rigole. Je ne pleure pas beaucoup, c’est mon caractère. »
Le pilote qui écrasait tout dans la première décennie du siècle a depuis longtemps laissé les commandes du MotoGP. Il y a eu l’Espagnol Marc Marquez, titré six fois en sept saisons de 2013 à 2019. Il y aura peut-être, pour les années 2020, la domination Quartararo. Mais en attendant, l’heure est aux adieux. Après son 372e Grand Prix en catégorie reine depuis l’an 2000 et son 432e au niveau mondial depuis 1996, Rossi raccrochera sa combinaison. Devant le paddock réuni, il a posé pour la photo avec chacune des motos sur lesquelles il a été titré : les Aprilia de 1997 (125 cc) et 1999 (250 cc), la Honda de son titre en 500 cc en 2001, le premier dans l’élite, celles depuis le passage à l’appellation MotoGP de 2002 et 2003, et, enfin, les Yamaha de 2004, 2005, 2008 et 2009.
Une icône
Au-delà des résultats, « la chose la plus positive de (sa) carrière est d’avoir amené un grand nombre de personnes à suivre le MotoGP », a-t-il assuré. « C’est sympa de se dire qu’au cours de ma carrière, je suis devenu quelque chose de différent, comme une icône », a-t-il souri. Une icône au-delà du MotoGP, comme l’illustrent les propos du septuple champion du monde de F1 Lewis Hamilton, interrogé avant le GP du Brésil qui se déroulera ce week-end également. « Il est l’un des plus grands pilotes, si ce n’est le plus grand. C’est triste de voir Vale s’arrêter, son dynamisme et sa passion pour le pilotage sont incroyables. Mais il a des choses excitantes à venir, fonder une famille », a-t-il déclaré.
Ces dernières années, en revanche, ne resteront pas dans les annales, avec une 7e place en 2019, une 15e en 2020 et, pour l’instant, une 20e en 2021, relégué dans l’écurie satellite Yamaha-SRT en début de saison. Son meilleur résultat n’est qu’une 8e position pour la pire saison de sa carrière, la première sans podium. Rossi restera néanmoins omniprésent. Comme patron d’équipe, avec l’arrivée de la VR46 en MotoGP, nouvelle écurie satellite de Ducati. Comme mentor, aussi, des pilotes formés dans son académie. Dans les cœurs, enfin. De ses fidèles supporteurs, mais aussi des jeunes pilotes qui ont grandi en l’idolâtrant. « Dernière danse pour le roi », a par exemple écrit sur Instagram Quartararo qui, le premier, voyait Rossi comme « le héros de (son) enfance ».
À part l’émotion, ce dernier Grand Prix ne revêt aucun enjeu sportif, Quartararo et son vice-champion Bagnaia ayant eu la politesse de régler leurs comptes fin octobre pour ne pas faire de l’ombre au « Docteur ». Avec Joan Mir (Suzuki) 3e, le podium est déjà bouclé et, pour du suspense, on se tournera vers la place de 4e qui reste à décider entre Jack Miller (Ducati) et Johann Zarco (Ducati-Pramac), séparés par deux points. Quartararo, qui vient d’abandonner sur chute au Portugal, est néanmoins « heureux d’avoir une dernière chance » de gagner une sixième victoire cette saison, pour finir 2021 en beauté. « Pecco » Bagnaia (24 ans), vainqueur dimanche dernier à Portimao de son 3e Grand Prix, voudra enchaîner pour envisager 2022 avec un plus grand capital confiance. Marc Marquez, en revanche, a encore déclaré forfait, comme au Portugal, à cause d’une chute lors d’un entraînement tout-terrain. L’Espagnol, qui a souffert d’une commotion cérébrale au moment du choc, est sujet à une diplopie (vision double) qui l’empêchera également de participer aux tests hivernaux de Jerez la semaine prochaine.
Olivier LEVRAULT/AFP

