Le départ de la 15e édition de la Transat Jacques Vabre a été donné hier à 13h27 précises, au large du Havre. Comme attendu, les bateaux de la classe Ultim, cinq maxi-trimarans volants et plus grands voiliers de course au monde, ont pris les devants. Loïc Venance/AFP
Ils étaient tous là pour un nouveau show en mer ! Les multicoques géants volants, les monocoques héroïques du Vendée Globe, les petits bolides de 12 m et les catamarans de 15 m ont repris le large hier dimanche pour une Transatlantique qui s’annonce palpitante, avec la 15e édition de la Transat Jacques Vabre (TJV). Neuf mois après le dénouement sous haute tension de la course autour du monde en solitaire, le Vendée Globe, 158 skippers étaient au départ de la course en double disputée tous les deux ans, soit 79 bateaux répartis sur quatre classes : les Ultim (32 m) et les Ocean Fifty (15 m) en multicoques, et les Imoca (les bateaux de 18 m du Vendée Globe) et les Class 40 (12 m) en monocoques.
Le départ a été donné hier à 13h27 précises au large du Havre par Boris Diaw, ancien capitaine de l’équipe de France de basket-ball et passionné de voile, pour une destination inédite dans l’histoire de cette course : la Martinique. Avec une autre innovation : trois parcours sont proposés pour permettre un tir groupé d’arrivées des vainqueurs de chaque classe à Fort-de-France dans une fenêtre de 5 à 7 jours. De quoi maintenir un suspense durant les quinze jours annoncés pour traverser l’Atlantique, après un départ tonitruant alors que le vent soufflait entre 18 et 23 nœuds (de 33 à 42 km/h environ). Les bateaux ont filé très rapidement, sur une mer animée par la houle avec des creux de deux mètres, sans pour autant être démontée. Des milliers de personnes s’étaient massées le long des falaises d’Étretat pour assister au départ de la course au large. Comme attendu, les Ultim, les plus grands bateaux de course au monde, ont pris les devants. Ces cinq maxi-trimarans volants renouent avec une grande course après leurs multiples déboires lors de la Route du Rhum 2018.
Bateaux debout
« Ça va être spectaculaire ! Les bateaux vont être debout, ça va être comme sur le parking du super U le dimanche matin ! » s’est réjoui Romain Attanasio, skipper de l’un des 22 Imoca (Fortinet Best Western), à la veille de la course. « Ça va être beau. Ces bateaux (avec leur foils), c’est aussi impressionnant quand ils volent très haut. Des fois ils décrochent, ça te fait des haut-le-cœur comme dans l’ascenseur, c’est étonnant. » À ses côtés seront aussi sous le feu des projecteurs le vainqueur du Vendée Globe 2020 Yannick Bestaven (Maître Coq), mais aussi son dauphin, le Normand Charlie Dalin (Apivia), tout comme Jérémie Beyou (Charal), grand favori du dernier Vendée Globe mais victime de plusieurs avaries (13e au classement final).
Parmi les cinq maxi-trimarans, deux tout nouveaux bateaux font leurs débuts en compétition : celui de François Gabart coskippé avec Tom Laperche (SVR Lazartigue), et le Maxi Banque Populaire XI d’Armel Le Cléac’h et son coéquipier Kevin Escoffier, qui avait marqué les esprits avec son chavirage puis sauvetage lors du Vendée Globe 2020. Franck Cammas/Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild), Thomas Coville/Thomas Rouxel (Sodebo Ultim 3) et Yves Le Blévec/Anthony Marchand (Actual Ultim 3) complètent cette classe. À l’exception d’Actual 3, tous sont de toute dernière génération.
« On a une course qui est longue. Quinze jours à l’échelle d’un Ultim, c’est un tiers de tour du monde », prévient Le Cléac’h. Le parcours qui leur est dédié devrait avoir son lot de surprises. « Il y a deux Pot-au-Noir, sauf pour les Class 40. Il y a un peu de suspense pour savoir quelle classe va arriver en premier avec cette histoire. Le Pot-au-Noir c’est aléatoire. Lors du trophée Jules Verne (record du tour du monde en équipage), on pensait le passer en une dizaine d’heures. On a mis 24 heures », commente Cammas. Pour Coville, la flotte « va faire un beau tracé ». « On va traverser le golfe de Gascogne, après il y aura l’alizé, le Pot-au-Noir, de nouveau l’alizé au niveau du Brésil, et on va remonter le Pot-au-Noir. On traverse beaucoup de systèmes météo. Ça va être une course de vitesse incroyable pour les cinq Ultim. Tous comme en MotoGP ! »
Source : AFP

