Photo de famille des dirigeants des pays du G20, réunis à Rome. Erin Schaff/Pool via Reuters
Les pays du G20 n’arriveront pas les mains vides à la conférence de Glasgow sur le climat, mais les engagements sur lesquels ils se sont entendus dimanche à Rome laissent sur leur faim les organisations de défense de l’environnement.
Une déclaration qui va légèrement au-delà de l’accord de Paris sur l’objectif de limitation du réchauffement climatique à +1,5 °C, avec un engagement à ne plus subventionner les centrales au charbon à l’étranger. Mais pas de date claire pour sortir complètement du charbon ou des énergies fossiles, ni pour arriver à la neutralité carbone.
« Si le G20 était une répétition en costumes pour la COP26, alors les leaders mondiaux ont raté leur réplique », a estimé Jennifer Morgan, directrice exécutive de Greenpeace International. Et de dénoncer un communiqué final du G20 « faible, manquant d’ambition et de vision ».
« Tout ce que nous avons vu, c’était des demi-mesures plus que des actions concrètes », a renchéri Friederike Röder, vice-présidente de Global Citizen.
« Nous nous sommes engagés à conserver l’objectif de 1,5 degré à portée de main, a affirmé pour sa part le Premier ministre italien Mario Draghi, dans un discours concluant le sommet du G20, que son pays présidait cette année. Nous sommes fiers de ces résultats, mais nous devons avoir en tête que ce n’est que le début. »
Après leur sommet romain, les dirigeants du G20 partiront directement pour Glasgow, où s’est ouvert hier la conférence climat de l’ONU, une réunion de deux semaines considérée comme cruciale pour l’avenir de l’humanité. Et le signal qu’allait envoyer ce groupe, qui réunit les principales économies développées (UE, États-Unis) mais aussi de grands émergents comme la Chine, la Russie, l’Inde ou le Brésil, était d’autant plus attendu que ces pays représentent 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ils peuvent « faire le succès ou enterrer l’espoir de garder l’objectif de à +1,5 °C à portée », a commenté Alok Sharma, président de la COP26 qui accueillera lundi plus de 120 dirigeants du monde à Glasgow.
Le communiqué final du G20, négocié jusqu’au bout de la nuit de samedi à dimanche, réaffirme l’objectif de l’accord de Paris de 2015, à savoir « maintenir l’augmentation moyenne des températures bien en dessous de 2 °C et poursuivre les efforts pour la limiter à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels ».
Mais il insiste en ajoutant : « Conserver (l’objectif de) 1,5 °C à portée nécessitera des actions et des engagements significatifs et efficaces de tous les pays. » Soit un « langage plus fort » qu’en 2015, ont assuré deux sources ayant participé aux négociations.
Neutralité carbone... au milieu du siècle
Les pays du G20 se sont également entendus pour mettre fin « à l’octroi de financement public à l’international pour de nouvelles centrales électriques au charbon d’ici à la fin de 2021 ». Il ne donne pas en revanche d’objectif pour l’abandon du charbon au niveau national. Beaucoup de pays, notamment émergents, restent très dépendants de cette source d’énergie pour leur production électrique, a fortiori dans le contexte actuel de crise énergétique mondiale.
Pas de date précise non plus pour atteindre la neutralité carbone. Le G20 évoque seulement le « milieu du siècle ». Un horizon moins précis que l’horizon de 2050 voulu notamment par la présidence italienne du G20, « mais tout à fait significatif, considérant la diversité des pays qui participent au G20 », selon la présidence française. La Chine notamment s’est jusqu’ici seulement engagée pour 2060.
La COP26 est « le dernier et le meilleur espoir » de parvenir à limiter le réchauffement de la planète à +1,5°C, objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, a déclaré Alok Sharma à l’ouverture de cette conférence dimanche en Écosse. Pendant la pandémie de Covid-19, « le changement climatique n’a pas pris de vacances. Tous les voyants sont au rouge sur le tableau de bord du climat », a-t-il ajouté.
Les sept années de 2015 à 2021 seront probablement les plus chaudes jamais enregistrées, a ainsi annoncé dimanche l’Organisation météorologique mondiale (OMM), décrivant un climat mondial entrant en « terrain inconnu ».
Ce rapport annuel sur l’état du climat « révèle que notre planète est en train de se transformer sous nos yeux », et la conférence climat COP26 à Glasgow doit « marquer un tournant décisif pour l’humanité comme pour la planète », a commenté le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un communiqué.
Sur un autre plan, les pays du G20 se sont engagés à reverser aux pays vulnérables 100 milliards de dollars sur le montant global de 650 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS) émis par le Fonds monétaire international (FMI) pour affronter la crise causée par la pandémie du Covid-19.
USA/UE
En outre, le président américain Joe Biden et la chef de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont célébré dimanche à Rome « une nouvelle ère » et une « étape importante » de la relation transatlantique avec l’accord sur l’acier et l’aluminium. « Les États-Unis et l’Union européenne entrent dans une nouvelle ère de coopération transatlantique », a dit Joe Biden, aux côtés d’Ursula von der Leyen, en marge du sommet du G20 à Rome. Washington et l’Union européenne ont conclu un accord samedi pour lever des droits de douane additionnels sur les importations européennes d’acier et d’aluminium, un conflit qui empoisonnait les relations commerciales entre Washington et Bruxelles depuis l’imposition de ces taxes par l’administration Trump. « Nous avons restauré la confiance et la communication », a dit la présidente de l’exécutif européen, après que Donald Trump eut beaucoup malmené les Européens.
Mais à travers cet accord, les deux économies s’engagent aussi à promouvoir « la décarbonisation des industries mondiales de l’acier et de l’aluminium dans le combat contre le changement climatique », a expliqué la Commission européenne dans un communiqué, qui souligne que ces industries sont parmi celles qui rejettent le plus d’émissions de carbone au monde.
L’accord va permettre à des quantités limitées d’importations européennes d’acier et d’aluminium d’entrer aux États-Unis en franchise de droits. En échange, l’UE lève les mesures de rétorsion supplémentaires, prévues pour entrer en vigueur au 1er décembre sur des produits comme les motos Harley-Davidson ou le bourbon du Kentucky.
Source : AFP


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