Gianluigi Donnarumma, le portier italien sacré meilleur joueur de l’Euro au début de l’été, retrouve ce soir le stade San Siro, théâtre de la demi-finale Italie-Espagne de la Ligue des nations, pour la première fois depuis son départ de l’AC Milan pour le Paris SG. Franck Fife/AFP
L’Italie avec l’esprit de Wembley, l’Espagne pensant à la Coupe du monde 2022 au Qatar : trois mois après leur épique demi-finale à l’Euro de football, la Nazionale et la Roja sont écartelées entre passé et avenir avant de se disputer une place en finale de la Ligue des nations, ce soir à Milan.
Imiter le Portugal, vainqueur de la Ligue des nations en 2019 en tant que champion d’Europe en titre, ce « serait fantastique », reconnaît Roberto Mancini, le sélectionneur des Azzurri. Mais « l’Espagne est l’équipe contre laquelle nous avons eu le plus de mal pendant l’Euro » (1-1 après prolongation, 4-2 aux tirs au but), a-t-il souligné sur le site de l’UEFA. Histoire de prévenir tout excès d’optimisme à domicile, en dépit de l’impressionnante série en cours de 37 matches sans défaite de la Nazionale (record pour une sélection), invaincue depuis septembre 2018. Pour les retrouvailles avec la Roja, Mancini s’est très largement appuyé sur les héros des « Nuits magiques » de l’Euro cet été, avec une liste où les seuls grands absents sont l’avant-centre Ciro Immobile et le latéral Leonardo Spinazzola, blessés. Federico Chiesa, auteur du but italien en demi-finale contre l’Espagne, ou le stratège Jorginho, auteur du tir au but décisif, seront encore une fois les grands atouts italiens, tout comme l’ex-gardien milanais Gianluigi Donnarumma de retour au stade San Siro.
Le portier de l’Italie, sacré meilleur joueur de l’Euro après avoir été de nouveau décisif lors de la finale contre l’Angleterre (1-1 après prolongation, 3-2 aux tirs au but), n’aura pas cette fois l’occasion de briller face à Alvaro Morata, buteur lors du match à Wembley mais malheureux dans l’exercice des tirs au but. L’attaquant de la Juventus Turin, blessé, est l’un des nombreux absents côté espagnol, où le sélectionneur Luis Enrique Martinez est privé d’autres protagonistes de l’Euro, comme Pedri, Jordi Alba, Gerard Moreno et Dani Olmo, tous indisponibles. Car si Mancini doit surtout s’employer à préserver l’esprit combatif et solidaire de l’Euro, Luis Enrique pense, lui, davantage au Mondial au Qatar, en appelant toujours plus de jeunes espoirs du foot espagnol. Pour la phase finale de la Ligue des nations, le sélectionneur a ainsi convoqué Pedro Porro, Pablo Fornals ou Bryan Gil, tous âgés de moins de 25 ans et ayant moins de cinq sélections au compteur. Mais ce sont surtout les noms des nouveaux venus Gavi et Yeremi Pino qui ont créé la surprise. Le premier a 17 ans et ne compte que sept participations chez les professionnels avec le Barça, dont les deux déroutes face au Bayern (3-0) et Benfica (3-0) en Ligue des champions. Le second n’a que 18 ans, mais est déjà un solide titulaire à Villarreal.
L’ex-entraîneur du Barça avait déjà convoqué avec brio de jeunes stars comme Pedri, Ferran Torres, Eric Garcia ou Mikel Oyarzabal à l’Euro, où une Espagne fougueuse et joueuse avait séduit, avant de s’arrêter en demi-finale dans un match plutôt dominé par la Roja. Mancini assure d’ailleurs avoir beaucoup appris face aux techniciens espagnols : « C’est l’équipe qui sait le mieux faire circuler le ballon à terre. Nous n’avions pas eu le temps d’acquérir une telle maîtrise. » Mais « ce sera différent cette fois-ci », assure-t-il, dans un stade où l’Italie n’a jamais perdu (en 28 matches depuis 1927), mais où elle reste sur cinq nuls (dernier succès en 2012), dont le traumatisant nul sans but (0-0) contre la Suède en novembre 2017 en barrages retour de qualifications, qui avait privé les Italiens du Mondial 2018 en Russie.
Le vainqueur ce soir rencontrera dimanche en finale la France ou la Belgique, opposées dans l’autre demi-finale demain soir à Turin. Le stade San Siro de Milan affichera complet avec 37 000 billets vendus, soit le maximum possible en vertu de la capacité des stades toujours limitée à 50 % en Italie, en raison des restrictions liées à la pandémie de Covid-19.
Source : AFP


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