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Des électrices déçues par l'absence de femmes parmi les élus

Des électrices déçues par l'absence de femmes parmi les élus

Des électrices qataries votant le 2 octobre 2021 à Doha. Photo REUTERS/Ibraheem Al Omari

A l'issue d'élections inédites pour choisir la majorité des membres de l'organe législatif du Qatar, riche pays du Golfe gouverné par une famille régnante et où les partis politiques restent interdits, des électrices se disent déçues qu'aucune femme n'ait été élue.

La totalité des 30 sièges à pourvoir au Majlis al-Choura a été remportée par des candidats masculins, selon le ministère de l'Intérieur. Aucune des 28 femmes autorisées à se présenter n'a été élue lors de ces élections, qui se sont tenues samedi et au cours desquelles certains des 284 candidats se sont retirés de la course.

Le conseil de la Choura est un organe consultatif sans grand pouvoir. Jusqu'alors, l'ensemble des 45 membres de ce conseil étaient nommés par l'émir du Qatar. C'est à l'émir Tamim ben Hamad Al-Thani qu'il revient de désigner les 15 autres membres du Majlis al-Choura, et beaucoup espèrent qu'il nommera des femmes pour réduire le déséquilibre.

"Le quota de l'émir est la seule opportunité pour assurer une représentation des femmes dans la prochaine assemblée", souligne la candidate Aïcha Jassem al-Kouari qui concourrait dans une circonscription avec quatre autres femmes face à 14 candidats masculins. "Nous espérons que quatre ou cinq femmes seront désignées car la présence des femmes est très importante", a-t-elle ajouté. "Certaines candidates sont déçues, bien-sûr, car elles présentaient des programmes solides, mais nous ne devons pas oublier que certaines électrices ont choisi des hommes et que c'est la volonté du peuple." Le Majlis al-Choura pourra désormais proposer des lois, approuver le budget ou encore révoquer des ministres, prérogatives qu'il n'avait pas avant. Mais le tout-puissant émir aura un droit de véto.

"Modifier" les lois

On ignore quand l'émir annoncera les nominations des membres non élus ni la date de la réunion inaugurale du conseil de la Choura.

"Je ne suis pas contente car seuls des hommes (ont été élus), et certains sont vieux. Honnêtement, j'étais surprise. Ce n'est pas juste", déplore Chamma, une Qatarie qui n'a pas souhaité donner son nom. "On est vraiment tristes", soupire-t-elle alors que la plupart des élus sont issus de familles influentes du monde des affaires ou du gouvernement.

Dania Zafer, directrice du Gulf International Forum, a pour sa part dit être "persuadée que des femmes seront nommées par l'émir" au conseil de la Choura. Sur Twitter, l'auteure à succès Ibtesam al-Saad a également réagi s'adressant directement aux femmes: "Vous avez perdu la bataille de la victoire, mais vous avez gagné la guerre de la participation." "Nous hésitons encore à accepter les femmes (...) les électeurs sentent encore qu'il est plus aisé de communiquer avec les hommes qu'avec les femmes."

L'ONG de défense des droits humains Gulf Center for Human Rights estime "nécessaire de modifier entièrement" les lois électorales du Qatar afin de donner une chance aux candidates féminines lors des futurs scrutins. Le taux de participation a été de 63,5%, selon des chiffres officiels, soit beaucoup plus que lors des élections municipales de 2019 où moins d'un électeur sur dix avait voté.

Au Qatar, le ministère de la Santé est dirigé par une femme et le pays dispose d'une porte-parole pour le ministère des Affaires étrangères. Les femmes jouent aussi un rôle important dans le comité d'organisation de la Coupe du monde de football en 2022 dans l'émirat. Elles sont aussi très présentes dans les domaines de la philanthropie, la médecine, le droit, les affaires et les arts. Mais en mars, l'ONG Human Rights Watch a dénoncé le système de "tutelle" qui exige aux femmes l'obtention de l'accord d'un homme (parmi leurs proches) pour leurs activités quotidiennes. La Constitution de ce pays conservateur du Golfe prévoit l'"égalité des chances pour tous les citoyens".

A l'issue d'élections inédites pour choisir la majorité des membres de l'organe législatif du Qatar, riche pays du Golfe gouverné par une famille régnante et où les partis politiques restent interdits, des électrices se disent déçues qu'aucune femme n'ait été élue.La totalité des 30 sièges à pourvoir au Majlis al-Choura a été remportée par des candidats masculins, selon le ministère de l'Intérieur. Aucune des 28 femmes autorisées à se présenter n'a été élue lors de ces élections, qui se sont tenues samedi et au cours desquelles certains des 284 candidats se sont retirés de la course.Le conseil de la Choura est un organe consultatif sans grand pouvoir. Jusqu'alors, l'ensemble des 45 membres de ce conseil étaient nommés par l'émir du Qatar. C'est à l'émir Tamim ben Hamad Al-Thani qu'il revient de désigner...