Des députés à l'Unesco, au début d'une séance parlementaire le 12 août 2021. Photo Hassan Ibrahim / Parlement libanais
Le président de la Chambre, Nabih Berry, a convoqué les députés à une séance plénière le vendredi 20 août afin de se pencher sur la lettre envoyée samedi par le chef de l'Etat, Michel Aoun, au Parlement, dans laquelle il demande que le législatif débatte de la situation socio-économique catastrophique du pays, surtout après la décision de la Banque du Liban de lever les subventions sur les carburants, ce qui a paralysé la plupart des secteurs du pays déjà en crise. M. Berry a convoqué la Chambre afin de "prendre position" sur cette question ainsi que sur les "mesures et décisions appropriées".
Dans sa missive, le chef de l'Etat demandait au Parlement de "débattre de la situation socio-économique survenue après la décision du gouverneur de la Banque du Liban d'arrêter les subventions des matières et denrées essentielles sans attendre la mise en place d'une carte d'approvisionnement, et les conséquences engendrées par cette décision". Le chef de l'État avait également rappelé que le gouvernement n'avait pas pu se réunir pour étudier ce dossier "suite au refus de son chef de le convoquer". En effet, le Premier ministre sortant, Hassane Diab, avait rejeté vendredi l'appel du chef de l'État à convoquer un Conseil des ministres, estimant que cela était contraire à la Constitution.
Depuis l'annonce par la BDL mercredi dernier de la levée des subventions sur les carburants, une décision contestée par le gouvernement et le chef de l'État et qui devrait entraîner une hausse de plus de 300% des prix de l'essence et du mazout, de nombreuses stations-service avaient arrêté de vendre leurs stocks en attendant que les nouveaux prix soient fixés, tandis que des files interminables de centaines d'automobilistes se pressaient devant les quelques établissements encore ouverts. L'armée avait ensuite forcé au cours du week-end les établissements à vendre leurs stocks aux tarifs officiels. Le pays souffre également de pénuries de gaz et de mazout, ce qui a poussé de nombreux commerces et secteurs à tout simplement fermer leurs portes.


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