Le ministre sortant des Finances, Ghazi Wazni. Photo Dalati et Nohra
Alors que la pénurie d'électricité se fait toujours plus sévère au Liban, provoquant des manifestations de colère, le ministre sortant des Finances, Ghazi Wazni, a accepté mercredi l'ouverture d'une ligne de crédit pour l'importation de gas-oil à destination d'Electricité du Liban (EDL).
Selon son bureau de presse, M. Wazni a ouvert une ligne de crédit de 35.472.360 dollars qui devrait permettre d'importer une cargaison de gas-oil pour alimenter les centrales d'Electricité du Liban (EDL). Le texte ne précise pas les quantités de carburant qui seront importées.
À court de devises, le pays peine à importer suffisamment de carburant pour faire fonctionner ses centrales, provoquant des rationnements de courant pouvant atteindre 23 heures par jour. En temps normal, des exploitants de générateurs privés prennent le relais lors des coupures de courant, mais en raison de pénuries de mazout, ceux-ci sont également obligés de les éteindre plusieurs heures en journée et pendant la nuit, obligeant les habitants à vivre sans courant. En plus de s'approvisionner en carburant selon le mécanisme de spot-cargo (appel d’offres ponctuel permettant d’acheter des hydrocarbures au prix du marché) pour alimenter ses centrales, le Liban devrait prochainement bénéficier de l'importation d'un million de tonnes de pétrole irakien, ce qui permet en théorie de couvrir un tiers des besoins annuels d’EDL (fuel-oil de grades A et B et gas-oil inclus). Toutefois, le fuel irakien ne pouvant pas être utilisé par les centrales libanaises, en raison notamment de sa teneur élevée en soufre, les quantités fournies serviront donc de monnaie d’échange qui permettront au Liban d’acheter du carburant compatible auprès d’autres fournisseurs.
Pour protester contre la pénurie actuelle d'électricité, des manifestants ont coupé la route de Beddaoui au Liban-nord avec des camions et des voitures pour "dénoncer la détérioration de leurs conditions de vie et les pénuries de mazout sur le marché", rapporte l'Agence nationale de l'information (Ani, officielle). L'armée libanaise est intervenue pour rouvrir les voies, le sit-in ayant provoqué de graves embouteillages. Dans la Békaa, des propriétaires de générateurs privés et des habitants du village de Kab Elias ont organisé un sit-in devant le bâtiment d'EDL. Ils ont protesté contre "les coupures permanentes du courant électrique, la pénurie du mazout et l'augmentation de son prix sur le marché parallèle qui a atteint 270.000 LL (les 20 litres, ndlr)", selon la chaîne locale LBCI.
Et les perquisitions se poursuivent par ailleurs contre les commerçants et particuliers qui stockent illégalement du mazout pour le revendre sur le marché noir. Dans ce contexte, des inspecteurs du ministère de l'Economie et de la Sécurité de l'Etat de la région d'Amioun, dans le caza du Koura (Liban-Nord), ont par ailleurs confisqué mercredi "de grandes quantités de mazout stockées dans des citernes de stations-service de la compagnie Aouad Arida dans région de Bohsas, près d'Electricité de Qadisha". Selon l'ANI, ces quantités "seront redistribuées de manière équitable aux propriétaires de générateurs privés de la région, conformément aux instructions du procureur général ".

