Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Photo d'archives/ANI
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a exprimé jeudi son soutien aux familles des victimes de la double explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth et qui réclament la levée de l'immunité des responsables impliqués dans ce drame. Il a ainsi affirmé que "la bataille se poursuit", indépendamment de la levée ou non de l'immunité de ces suspects, alors que le ministre sortant de l'Intérieur, Mohammad Fahmi, refuse jusqu'à présent d'autoriser la comparution devant la justice du patron de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim.
"Que l'immunité soit levée ou pas, la bataille continue", a affirmé le leader maronite à l'issue de la réunion hebdomadaire de son groupe parlementaire. "L'immunité parlementaire a essentiellement pour but d'aider le député lorsqu'il doit s'exprimer, elle n'est pas destinée à entraver une enquête" a estimé le chef des FL, qui affirme que "ce qui se passe est très suspect".
Mohammad Fahmi avait affirmé mercredi qu'il ne reviendrait pas sur sa décision, provoquant la colère des familles des victimes qui manifestent quasi-quotidiennement ces dernières semaines et qui sont lassées des interférences politiques dans le pouvoir judiciaire. Leur manifestation avait dégénéré mardi en violentes échauffourées devant le domicile du ministre sortant de l'Intérieur. Plusieurs manifestants et des policiers ont été blessés.
"Je ne sais pas qui soutient M. Fahmi, mais personne ne doit entraver l'enquête, quelles que soient les circonstances", a affirmé M. Geagea. "Le groupe de la République forte tient, plus que jamais, à ce que cette enquête soit menée jusqu'au bout", a-t-il ajouté, précisant qu'"il est inacceptable de faire l'impasse sur un crime aussi grand que celui de l'explosion à Beyrouth". "Vous voyez pourquoi notre formation n'a pas démissionné du Parlement ?", a-t-il dit.
Le juge Bitar est confronté à des tentatives d'obstruction de la part de la classe politique, après avoir demandé la levée de l'immunité parlementaire de responsables "en vue de les inculper et d'engager des poursuites pour éventuelle intention d'homicide", mais aussi pour "négligence et manquements". En plus du général Ibrahim, des poursuites ont été lancées contre les députés Ghazi Zeaïter, Ali el-Khalil et Nouhad Machnouk, l'ancien ministre Youssef Fenianos, l'ex-commandant en chef de l'armée Jean Kahwagi, un ex-chef des renseignements de l'armée, Camille Daher, plusieurs officiers et le chef de la Sécurité de l’État Tony Saliba.


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