Le Premier ministre libanais désigné, Saad Hariri (g), s'entretenant avec le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, le 14 juillet 2021 au Caire. Photo Twitter/@saadhariri
Le Premier ministre désigné, Saad Hariri, s'est entretenu mercredi avec le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, dans le cadre d'une visite-éclair au Caire. Les deux responsables ont discuté de la crise socio-économique que traverse le Liban et de la formation du nouveau gouvernement, attendu depuis bientôt un an. Dans ce contexte, M. Choukri a appelé les partis politiques libanais "à faire primer l'intérêt suprême du pays sur les intérêts étroits", assurant que "l'Egypte soutient le Liban pour l'aider à sortir de sa situation actuelle", dans des propos rapportés par M. Hariri sur Twitter.
وصل رئيس الحكومة المكلف سعد الحريري، إلى قصر التحرير في العاصمة المصرية #القاهرة، والتقى وزير الخارجية سامح شكري، الذي أكد دعم بلاده للبنان الشقيق للخروج من الوضع الحالي، وأنه من الضروري تغليب كافة الأطراف اللبنانية للمصلحة العُليا للبنان بمنأى عن أي مصالح ضيقة. pic.twitter.com/gTsBP3DZti
— Saad Hariri (@saadhariri) July 14, 2021
Lors d'une tournée pour récolter le soutien des puissances régionales, M. Hariri, qui n'a toujours pas réussi à former son gouvernement depuis octobre 2020, s'était rendu début février au Caire où il avait reçu l'appui des autorités égyptiennes. Toutefois, face au blocage persistant des tractations, l'Egypte a récemment adopté une position plus flexible concernant la présidence, par le leader du courant du Futur, du futur cabinet. Cette nouvelle perspective égyptienne devrait contribuer à la décision que doit prendre Saad Hariri, à savoir soit mettre sur pied sans tarder son équipe, soit se récuser et proposer le nom d'une personnalité sunnite qui pourrait reprendre sa mission.
C'est dans ce cadre qu'il est attendu à son retour du Caire dans l'après-midi, au palais de Baabda, où il devrait remettre au chef de l'Etat, Michel Aoun, une nouvelle mouture de 24 ministres sans tiers de blocage, conformément à l'initiative du président de la Chambre, Nabih Berry, dans ce qui serait une dernière chance de former un gouvernement attendu depuis près d'un an. La dernière - courte - entrevue entre MM. Aoun et Hariri remonte au 22 mars dernier, date à laquelle Saad Hariri avait présenté une formule de 18, comportant les noms des ministrables et leurs confessions, et à laquelle le chef de l'Etat n'avait pas donné suite.
Le Liban est sans gouvernement actif depuis août 2020, après la démission du cabinet de Hassane Diab intervenue dans la foulée de la double explosion dans le port de Beyrouth. Saad Hariri avait été désigné en octobre et en butte à un imbroglio politico-personnel qui l'oppose au chef de l'Etat et son camp politique, dirigé par son gendre Gebran Bassil. La mise sur pied d'un cabinet est pourtant cruciale pour mettre en œuvre des réformes, condition sine qua non à des aides financières internationales qui permettraient d'aider le Liban à s'extraire d'une crise profonde, marquée par une hyperinflation, la paupérisation de plus de la moitié de la population et des pénuries de produits de première nécessité.

