Le ministre sortant de l'Intérieur, Mohammad Fahmi. Photo d'archives AFP
Le ministre sortant de l'Intérieur, Mohammad Fahmi, a affirmé mardi qu'il se conformait aux lois en vigueur dans le cadre de son suivi de l'enquête sur la double explosion au port de Beyrouth, justifiant ainsi sa décision de refuser la demande de comparution du directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, devant le juge d'instruction près la cour de justice Tarek Bitar, chargé de l'enquête.
"Je me conforme à la loi", s'est justifié M. Fahmi, lors d'un entretien avec le mufti de la République, le cheikh Abdelatif Deriane, à Dar el-Fatwa. "Passer outre la loi ne sert pas la justice et il est calomnieux de dire le contraire", a-t-il affirmé. "L'enquête sur l'explosion de Beyrouth concerne tous les Libanais", a-t-il estimé, soulignant "coopérer avec les familles des victimes "dans le cadre de ce que stipulent les lois en vigueur (...) qui préservent les droits de tous les Libanais".
Samedi soir, les parents des victimes avaient protesté contre la décision du ministre sortant de l'Intérieur, se mobilisant devant la maison de Mohammad Fahmi, qui les avait brièvement reçus.
Le juge Bitar fait face à une levée de boucliers de la classe politique, après avoir demandé la levée des immunités de responsables politiques et sécuritaires "en vue de les inculper et d'engager des poursuites pour éventuelle intention d'homicide", mais aussi pour "négligence et manquements", les responsables "n'ayant pas pris les mesures nécessaires pour éviter au pays le danger de l'explosion". En plus du général Ibrahim, des poursuites ont été lancées contre les députés Zeaïter, Khalil et Machnouk, l'ancien ministre Youssef Fenianos, l'ex-commandant en chef de l'armée Jean Kahwagi, un ex-chef des renseignements de l'armée, Camille Daher, plusieurs officiers et le chef de la Sécurité de l’État Tony Saliba. Les explosions du 4 août ont tué plus de 200 personnes, fait des milliers de blessés et détruit des quartiers entiers de Beyrouth.
Par ailleurs, le ministre sortant a affirmé que "les forces militaires se coordonnaient pour éviter des perturbations dans le pays". "La situation sécuritaire est sous contrôle. Les officiers et éléments des forces de sécurité libanaises sont prêts malgré les circonstances difficiles qu'ils traversent pour remédier à tout trouble pouvant survenir dans n'importe quelle région libanaise", a-t-il affirmé. Les soldats et les policiers touchent leur solde en livres libanaises et ont donc vu leur pouvoir d'achat diminuer au cours des derniers mois, tandis que les agences sécuritaires et la troupe manquent de moyens pour assurer l'ordre.


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