Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian (à gauche), recevant son homologue américain, Antony Blinken, hier à l’Élysée. Ludovic Marin/AFP
Les États-Unis et la France ont averti hier les nouvelles autorités iraniennes que le temps pressait pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien et qu’elles devaient se résoudre à prendre des « décisions courageuses et fortes ».
Une semaine après l’élection de l’utraconservateur Ebrahim Raïssi à la présidence de l’Iran, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, en visite à Paris, a affirmé qu’il serait « très difficile » pour les États-Unis de revenir dans l’accord si les négociations en cours devaient s’éterniser. « Il arrivera un moment où, oui, il sera très difficile de revenir aux standards établis par le JCPOA », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse commune avec son homologue français Jean-Yves Le Drian.
Le chef de la diplomatie française, dont le pays est cosignataire de l’accord avec l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine, a pour sa part exhorté Téhéran à faire un pas décisif en faveur d’un sauvetage du JCPOA. « Nous attendons des autorités iraniennes qu’elles prennent les dernières décisions, sans doute difficiles, qui permettront de conclure » les négociations engagées à Vienne, a-t-il dit, tout en faisant part d’un « optimisme modéré mais d’un optimisme quand même ». « C’est le moment. On arrive au terme du processus. On arrive dans la phase dure » qui « supposera des décisions courageuses et fortes », a-t-il martelé.
Le JCPOA offre à l’Iran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes en échange de son engagement à ne jamais se doter de l’arme atomique, et d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l’ONU. Mais cet accord a été torpillé en 2018 par la décision de l’ex-président américain Donald Trump de s’en retirer et de rétablir les sanctions américaines. En riposte, l’Iran a renoncé à une partie de ses engagements. À son arrivée à la Maison-Blanche en janvier, Joe Biden a annoncé son intention de revenir dans cet accord et des négociations ont repris en avril dans la capitale autrichienne entre les pays signataires pour définir le cadre de ce retour.
Par ailleurs, la France et les États-Unis ont affiché leur volonté de faire pression ensemble sur la classe politique libanaise afin de sortir le pays de la crise économique et financière sans précédent dans lequel il est englué (voir par ailleurs).
« Tu es ici chez toi »
Les États-Unis ont aussi réaffirmé un soutien sans faille à la France dans sa lutte contre le jihadisme au Sahel, à l’heure où Paris annonce une réduction et une réorganisation de sa présence militaire dans la région. « Nous avons été les partenaires les plus proches, et ce partenariat va se poursuivre », a assuré le secrétaire d’État américain. Les États-Unis fournissent une précieuse aide en matière de renseignement à la force Barkhane, qui compte plus de 5 000 hommes sur le terrain.
Les deux responsables ont également minimisé les divergences de leurs deux pays sur le rôle de l’OTAN face à la Chine, menace numéro un dans le monde aux yeux des États-Unis, qui souhaitent voir l’Alliance s’impliquer plus sur cet enjeu stratégique, contrairement à Paris. « Nous avons décidé de nous coordonner » dans les réponses à apporter face à la Chine, a simplement répondu Jean-Yves Le Drian.
Les deux ministres ont affiché leur plaisir à échanger ensemble en français, Antony Blinken, qui a vécu une partie de sa jeunesse à Paris, étant un parfait francophone.
« Ici, tu es un peu chez toi. Je serais tenté de dire : bienvenue chez toi ! » lui a lancé Jean-Yves Le Drian. « Permettez-moi de dire à quel point je suis content de me retrouver en France, une seconde patrie pour moi », a répondu son homologue. Antony Blinken, aujourd’hui âgé de 59 ans, est arrivé enfant en France, où il a passé toute la décennie 1970 avec sa mère, remariée à l’avocat Samuel Pisar, l’un des plus jeunes rescapés de la Shoah.
Source : AFP
L’AIEA n’a pas reçu de « réponse » de l’Iran après l’expiration de l’accord sur les inspections
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’a pas reçu de « réponse » de l’Iran sur une possible extension de l’arrangement temporaire sur les inspections nucléaires qui vient d’expirer, a annoncé hier l’instance onusienne. Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a informé le Conseil des gouverneurs que « l’Iran n’avait pas répondu à sa lettre » sur le sujet. Téhéran « n’a pas indiqué s’il avait l’intention de maintenir l’arrangement actuel », qui permet à l’agence de continuer à exercer une certaine surveillance du programme nucléaire iranien, a ajouté M. Grossi. Le chef de l’AIEA insiste sur « l’importance vitale qu’il y a à poursuivre le travail nécessaire de vérification et de surveillance des activités de l’Iran », appelant à « une réponse immédiate ». Le Conseil suprême de la sécurité nationale prendra « une décision » sur cette question lors de sa « première réunion » après l’expiration du délai, avait rapporté mercredi le site internet de la télévision d’État iranienne en citant le directeur de cabinet du président Hassan Rohani, Mahmoud Vaézi, sans donner de date. L’Iran avait restreint en février l’accès des inspecteurs et refuse depuis cette date de fournir en temps réel les enregistrements de caméras et autres outils. Mais l’AIEA avait à l’époque négocié un compromis de trois mois avec Téhéran pour garantir un degré nécessaire de surveillance, accord qui avait été prolongé en mai jusqu’au 24 juin.
Le chef de la diplomatie...


L'Iran est dans la merde et le Liban suit , pauvre pays du Cèdre .
18 h 57, le 26 juin 2021