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Monde - Afghanistan

Les talibans contrôlent la principale route de sortie vers le Tadjikistan

Le ministère de la Défense a procédé dans la nuit de lundi à mardi à l’envoi en renfort à Kunduz de centaines d’hommes, pour la plupart issus des commandos des forces spéciales, a assuré un responsable.

Les talibans contrôlent la principale route de sortie vers le Tadjikistan

Un commando afghan sur le site d’un champ de bataille où ont eu lieu des affrontements avec les talibans, hier dans la province de Kunduz. Photo Stringer/Reuters

Les talibans ont pris hier le contrôle de la principale route de sortie de l’Afghanistan vers le Tadjikistan, un axe névralgique dans les relations économiques avec l’Asie centrale, en plein retrait des forces américaines. Les insurgés tiennent désormais le poste-frontière le plus important avec le Tadjikistan et les autres voies de passage en direction de ce pays, ainsi que les districts qui conduisent à la capitale du Nord-Est, Kunduz, distante d’une cinquantaine de kilomètres, ont dit plusieurs responsables locaux.

Deux membres du Conseil provincial, Amruddin Wali et Khaliddin Hakmi, ont confirmé la prise du poste-frontière de Shir Khan « et de tous les autres postes frontaliers, après une heure de combats ». Selon un officier qui a refusé d’être identifié, « les talibans ont commencé à attaquer la nuit dernière et au matin, ils étaient partout, des centaines ». « Nous avons été forcés d’abandonner toutes nos positions ainsi que le poste-frontière. Certains de nos soldats ont traversé (la frontière) jusqu’au Tadjikistan » pour se mettre à l’abri, a-t-il ajouté. Le porte-parole des insurgés, Zabihullah Mujahid, a affirmé qu’ils « étaient en train de rétablir une situation normale » à la frontière.

Rassurer le Tadjikistan

Il a aussi souhaité « rassurer » le Tadjikistan : « Nous ne lui voulons aucun mal et nous allons garder la frontière côté afghan », a-t-il insisté. Face à la progression éclair des talibans dans le Nord, le ministère de la Défense a procédé dans la nuit de lundi à mardi à l’envoi en renfort à Kunduz de centaines d’hommes, pour la plupart issus des commandos des forces spéciales, a assuré un responsable. À 50 km de la frontière, cette capitale provinciale déjà tombée deux fois, en 2015 et 2016, aux mains des insurgés est maintenant encerclée.

Le correspondant de l’AFP sur place a entendu hier, du centre-ville, des tirs, ce qui illustre la présence proche des insurgés. Selon le porte-parole de la Chambre de commerce et d’industrie de Kunduz, Massoud Wahdat, « il y avait 150 camions chargés de marchandises quand Shir Khan est tombé. Nous n’avons aucune nouvelle, ce sera une perte financière énorme si ces biens sont perdus dans les combats ».

Le passage de la frontière est matérialisé par un pont enjambant le Panj, une rivière qui permet de relier Kaboul à Douchanbé, la capitale tadjike, et au reste de l’Asie centrale : son inauguration en 2007 a considérablement renforcé les échanges commerciaux régionaux. La perte de ce poste est « un sérieux revers » pour le gouvernement afghan, a estimé Atiqullah Amarkhail, un spécialiste des questions de défense. « L’incapacité à défendre une position aussi importante témoigne des difficultés des autorités à garder le contrôle sur le terrain. » Les talibans multiplient leurs offensives depuis le début, en mai, du retrait des soldats américains, qui progresse très vite.

Un appel à une mobilisation nationale

Mais le Pentagone a laissé entendre lundi que ces opérations pourraient être volontairement ralenties pour faire face à ces attaques – tout en respectant la date-butoir du 11 septembre pour un départ complet. L’homme fort du Nord, l’ex-gouverneur de la province de Balkh Mohammad Atta Noor, a appelé hier le gouvernement à décréter une « mobilisation nationale » pour contrer les offensives des talibans.

L’armée afghane est assaillie de toutes parts, en particulier dans les provinces du Nord, d’Est en Ouest – Kunduz, Baghlan, Badakhshan, Faryab, Maimana – et perd du terrain à un rythme très rapide. Elle a récemment subi de lourdes pertes, y compris dans les rangs de ses forces d’élite et a été contrainte d’abandonner des avant-postes assiégés dans des zones reculées.

Les talibans sont aujourd’hui présents dans presque toutes les provinces afghanes : ils revendiquent la capture de 87 districts depuis mai et encerclent plusieurs grandes villes, comme ils l’avaient fait dans les années 1990 pour s’emparer de la quasi-totalité du pays et installer un régime islamique autoritaire, chassé par l’intervention américaine en 2001.

« Plus de 50 des 370 districts afghans sont tombés depuis début mai. La plupart des districts qui ont été pris entourent les capitales provinciales, ce qui suggère que les talibans se positionnent pour essayer de prendre ces capitales une fois que les forces étrangères se seront complètement retirées », a déclaré hier au Conseil de sécurité de l’ONU la représentante spéciale des Nations unies à Kaboul, Deborah Lyons. Un responsable taliban a réaffirmé dimanche la volonté d’instaurer « un authentique régime islamique par la négociation », mais les pourparlers interafghans entamés en septembre dernier à Doha, la capitale du Qatar, avec le gouvernement sont au point mort.

Source : AFP


Les talibans ont pris hier le contrôle de la principale route de sortie de l’Afghanistan vers le Tadjikistan, un axe névralgique dans les relations économiques avec l’Asie centrale, en plein retrait des forces américaines. Les insurgés tiennent désormais le poste-frontière le plus important avec le Tadjikistan et les autres voies de passage en direction de ce pays, ainsi que les...

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