La Belgique a réussi son lancement à l’Euro, samedi soir à Saint-Pétersbourg, avec un succès (3-0) contre la Russie. Romelu Lukaku (à droite) a été l’auteur d’un doublé. Kirill Kudryavtsev/Pool/AFP
Objectif Lune : la Belgique, programmée pour remporter l’Euro, a réussi son lancement samedi à Saint-Pétersbourg, avec un succès contre la Russie (3-0) qui amorce sa montée en puissance. Avec le retour imminent de Kevin De Bruyne, la suite s’annonce stellaire.
La force de la continuité
Expérience et ambition. Cela pourrait être le titre d’un roman russe, mais dans la bouche de Thibaut Courtois, les deux mots résonnent comme une formule magique. « On a faim de titres, a assuré vendredi dernier le gardien du Real Madrid. On a tous l’âge parfait pour être au meilleur de notre qualité. Des jeunes sont là aussi. C’est un bon moment pour écrire une jolie histoire. »
À Saint-Pétersbourg, la première nation du classement mondial de la FIFA a été à la hauteur, avec un succès qui la lance « parfaitement » dans le tournoi, pour le quotidien français L’Équipe. Solides, réalistes, collectifs, malgré l’absence de leur maître à jouer Kevin De Bruyne, les Diables rouges ont été de glace dans un contexte rendu brûlant, trois heures plus tôt, par le malaise du joueur danois Christian Eriksen. Auteur d’un doublé, son coéquipier à l’Inter Milan Romelu Lukaku a été « au-dessus du lot, incroyable », a remarqué la RTBF. Il faut y voir l’arrivée à maturité d’une génération qui, en dépit du talent d’Eden Hazard (30 ans), De Bruyne (29 ans), Lukaku (28 ans) ou Courtois (29 ans), n’a jamais atteint la finale d’une grande compétition.
Malgré des déceptions, le sélectionneur Roberto Martinez a toujours joué la carte de la continuité autour de ses stars. Ainsi, 18 joueurs des 26 convoqués pour l’Euro étaient déjà présents au Mondial 2018, terminé à la troisième place. La Belgique présente d’ailleurs l’effectif le plus capé de la compétition (1 334 sélections cumulées au début du tournoi), selon les données de l’UEFA. « On travaille avec ce groupe depuis beaucoup de temps, c’est un avantage », a souligné le technicien espagnol à l’immuable stratégie du 3-4-2-1. « Pour nous battre, il faudra une sacrée armada, a lancé le défenseur Thomas Meunier. On peut compter sur l’entièreté du groupe et on l’a montré. On a besoin de onze titulaires et de remplaçants pour aller au bout. » L’ancien Parisien a marqué et délivré une passe décisive, alors qu’il a débuté la partie depuis le banc. Il a fait son entrée à la 27e minute après la blessure au visage de Timothy Castagne, forfait pour le reste du tournoi.
Des stars qui reviennent
Le socle est donc posé. Reste à savoir comment construire dessus : « Il nous faudra grandir durant la compétition, comme on l’a fait au Mondial », a prévenu Courtois. Clin d’œil de l’histoire, les Diables rouges avaient démarré la Coupe du monde 2018, en Russie, par un succès... 3-0 face au Panama.
Le retour en compétition des cadres De Bruyne et Axel Witsel dessine un axe de progression évident. Les deux milieux, qui n’ont pas fait le voyage en Russie, sont attendus dans le groupe avant le match face au Danemark, jeudi à Copenhague. Le premier, blessé au visage lors de la finale de la Ligue des champions fin mai, est un candidat pour le Ballon d’or, après une nouvelle saison ébouriffante avec Manchester City. Le second n’a plus joué depuis janvier en raison d’une blessure à un tendon d’Achille qui a longtemps fait planer un doute autour de sa participation à l’Euro. Mais Martinez, fidèle à ses principes de continuité, lui a laissé une chance.
Autre moteur du jeu belge, Eden Hazard sort d’une saison pourrie par les blessures avec le Real Madrid. Son entrée en jeu pour les 20 dernières minutes du match contre la Russie offre une autre raison d’être optimiste. « J’ai eu de bonnes sensations. Les jambes étaient OK, ça fait du bien. Petit à petit, je vais retrouver la confiance avec le ballon, c’est ce qui m’a manqué », a admis l’ancien Lillois au micro de la RTBF. « On va travailler sur le plan individuel, il faut que tout le monde soit prêt », a assuré Martinez samedi soir, interrogé sur le planning des jours à venir. Au Danemark, son équipe pourra assurer sa place pour les huitièmes de finale en cas de succès. Une nouvelle étape vers le sommet tant désiré.
Alexis HONTANG/AFP

