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Dernières Infos - Crise au Liban

Lors d'un sit-in devant le ministère de la Santé, les "blouses blanches" en appellent à l'ONU

Lors d'un sit-in devant le ministère de la Santé, les

Des médecins et infirmères participant au sit-in organisé le 11 juin 2021 devant le ministère libanais de la Santé. Photo Mohammad Yassine

Les "blouses blanches", un collectif de médecins et d'infirmières, ont observé vendredi un sit-in devant le ministère libanais de la Santé à Beyrouth, tirant ainsi la sonnette d'alarme quant à la survie du secteur médical, frappé de plein fouet par la grave crise économique et financière.

Cette crise se traduit par des pénuries de plus en plus fréquentes de médicaments et de matériel médical subventionné, menaçant la vie de nombreux patients. Une situation inquiétante qui nécessite une "intervention immédiate" des Nations unies, de l'Organisation mondiale de la Santé et de la Banque mondiale, selon ce collectif.

Plusieurs dizaines de médecins, infirmiers, pharmaciens ont ainsi répondu favorablement vendredi aux appels lancés la veille sur les réseaux sociaux pour la tenue de ce sit-in afin de mettre en garde contre l'effondrement du secteur de la santé. Selon notre journaliste sur place Mohammad Yassine, des représentants des manifestants sont parvenus à entrer dans les locaux du ministère. Ils ont demandé à s'entretenir avec le ministre sortant, Hamad Hassan, ou son représentant.

Le médecin Fadi Haddad a donné lecture d'un communiqué - rédigé en français - dans lequel il a souligné que "le Liban est confronté à une crise sans précédent dans le secteur de la santé qui met en péril la vie d'un grand nombre de Libanais". "A la lumière de la corruption persistante de la classe dirigeante, nous nous retrouvons actuellement à l'ombre d'un État défaillant", a-t-il déploré. Et d'ajouter: "Par conséquent, l'association des médecins des hôpitaux universitaires, avec l'organisation des Blouses blanches, lance un appel désespéré  à l'Organisation mondiale de la Santé pour qu'elle intervienne directement et prenne les choses en mains. Nous demandons incessamment d'envoyer au Liban une commission d'enquête pour empêcher la destruction croissante, par l’État, de son propre secteur de la santé", a tonné le professeur Haddad. Selon lui, "il s'agit d'un appel au secours et d'une grande urgence". "Cela nécessite l'intervention immédiate des Nations unies, de l'OMS et de la Banque mondiale, pour des raisons humanitaires, afin de sauver ce qui restera du peuple libanais".

Interrogé sur place par L'Orient-Le Jour, le docteur Hadi Mrad, explique que "des représentants de toutes les branches du secteur de la Santé ont pris part au sit-in parce que le secteur est devenu corrompu depuis que ce gouvernement (sortant de Hassane Diab) l'a pris en charge". "Ils (la classe politique) nous ont tués à travers l'explosion du 4 août (au port de Beyrouth), et aujourd'hui, il frappent le secteur de la santé dans toutes ses ramifications", a-t-il déploré. 

"Ce n'est pas pour que les gens meurent aux portes des hôpitaux que nous avons mis des années à préparer nos diplômes", s'est indignée le docteur Nathalie Nader Mahfoud, dans des propos accordés à L'OLJ, dénonçant "le manque de matériel médical dont le secteur souffre au quotidien. "Nous sommes dans l'enfer. Il est temps de sortir", a-t-elle tonné.

Le sit-in des blouses blanches intervient à l'heure où le différend entre les importateurs de matériel médical et la Banque centrale bat son plein. Il s'articule autour de la  subvention à 85 % des achats des importateurs au taux de change officiel, soit 1 507 livres libanaises pour un dollar. La BDL subventionne depuis le début de la crise économique et financière (octobre 2019) les importations de médicaments et de matériel médical. Mais avec des réserves qui ont atteint un seuil critique, elle scrute plus méthodiquement les factures qui lui sont présentées et agite le spectre d’un arrêt de la politique de subvention, faisant craindre le pire. Faute de matériel médical donc, les dialyses rénales sont menacées d’arrêt dès la semaine prochaine, alors que la pénurie de réactifs, de kits et de matériel de laboratoire, en raison du manque de fonds octroyés pour les importations en dollars, avait obligé certains laboratoires et établissements hospitaliers à refuser des tests jugés "non essentiels".


Les "blouses blanches", un collectif de médecins et d'infirmières, ont observé vendredi un sit-in devant le ministère libanais de la Santé à Beyrouth, tirant ainsi la sonnette d'alarme quant à la survie du secteur médical, frappé de plein fouet par la grave crise économique et financière.Cette crise se traduit par des pénuries de plus en plus fréquentes de médicaments et de...