Un Israélien passe à côté d’un panneau électoral représentant le Premier ministre Benyamin Netanyahou et des politiciens d’extrême droite à Jérusalem en 2019. Photo d'archives AFP
Le parcours de la marche qui devait se dérouler en partie dans les quartiers palestiniens de la Vieille ville "n'a pas été autorisé par la police", ce qui a provoqué son annulation, a affirmé à l'AFP le porte-parole d'un des mouvements organisant la manifestation.
De son côté, la police israélienne a déclaré dans un communiqué que, "dans les grandes lignes actuelles et à la date présentée, l'événement n'est pas approuvé", tout en refusant de parler d'une interdiction. "S'il est décidé par les organisateurs de modifier le contour et/ou la date de la marche, la question sera examinée comme d'habitude", a t-elle ajouté.
Le très controversé député d'extrême droite Itamar Ben Gvir ainsi qu'une proche du Premier ministre Benjamin Netayahu, la députée May Golan (Likoud) ont néanmoins annoncé sur Twitter qu'ils défileraient quand même jeudi à Jérusalem, la loi les y autorisant de par leur statut de parlementaire.
Cette "marche des drapeaux", à l'appel de plusieurs figures de l'extrême droite nationaliste israélienne, devait rassembler des centaines de personnes jeudi dans la Vieille ville de Jérusalem.
En matinée, le mouvement islamiste palestinien Hamas a menacé d'une nouvelle escalade si la marche était maintenue. "Nous mettons en garde l'occupation contre la (possibilité) que la marche des colons s'approche de Jérusalem(-Est) et de l'esplanade des Mosquées", a déclaré dans un discours Khalil al-Hayya, un ténor du Hamas au pouvoir à Gaza. "Nous espérons que la journée de jeudi ne devienne pas" un nouveau 10 mai, a-t-il ajouté en référence au début de l'escalade de violence entre le Hamas et Israël qui avait mené à une guerre de 11 jours le mois dernier.
Depuis plusieurs jours, les appels se sont multipliés, y compris venant de la part du ministre de la Défense israélien Benny Gantz, pour interdire cet évènement susceptible de raviver les tensions.
La marche controversée avait pour objectif de marquer "la journée de Jérusalem", commémorant pour les Israéliens la "réunification" de la ville en 1967. Elle avait déjà été annulée le 10 mai, alors que les tensions avaient atteint leur apogée entre manifestants palestiniens et forces de sécurité israéliennes.
"Le commandant de la police n'est pas capable de défendre des marcheurs dans les rues de Jérusalem avec des drapeaux d'Israël (...) c'est une capitulation honteuse devant le terrorisme et les menaces du Hamas", a réagi l'un des organisateurs, Bezalel Smotrich, chef du parti d'extrême droite pro-colonisation Sionisme religieux.

