Le président biélorusse Alexandre Loukachenko s’exprimant devant un parterre de dignitaires du régime, hier. Maxim Guchek/Belta/AFP
Droit dans ses bottes, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a proclamé hier que le déroutage d’un avion de ligne puis l’arrestation d’un opposant à bord étaient légaux, avant d’accuser l’Occident de vouloir « étrangler » son pays.
« J’ai agi légalement en protégeant mes gens », a lancé le dirigeant biélorusse, s’exprimant devant un parterre de dignitaires du régime qu’il contrôle depuis 1994.
« C’est un mensonge absolu (de dire) que l’avion a été forcé d’atterrir par un MiG-29 », a-t-il martelé, « la mission de l’avion de chasse était d’établir la communication, d’accompagner l’atterrissage de l’avion de passagers en cas de situation d’urgence », avant d’affirmer qu’excepté Minsk, « personne n’a voulu accueillir l’avion », citant les prétendus refus des aéroports ukrainiens de Lviv et Kiev, ainsi que Vilnius et Varsovie.
Il s’agissait de la première prise de parole du président biélorusse depuis l’interception dimanche par un avion de chasse MiG-29 d’un vol Athènes-Vilnius de la compagnie Ryanair, sous prétexte d’une alerte à la bombe qui s’est révélée fausse. Deux passagers du vol, le journaliste d’opposition Roman Protassevitch et sa compagne russe Sofia Sapega, ont été arrêtés à Minsk avant que l’avion ne reparte, suscitant une avalanche de condamnations occidentales et des sanctions de l’UE. Pour les autorités biélorusses, la présence à bord de ce détracteur du régime et donc son arrestation relèvent du hasard. Selon l’Union européenne, les États-Unis et l’opposition biélorusse, l’alerte à la bombe était un subterfuge pour arrêter l’opposant. L’UE a adopté lundi soir de premières sanctions contre la Biélorussie, fermant son espace aérien à ses avions et recommandant à toutes les compagnies d’éviter les cieux biélorusses. Un appel très suivi.
Face au tollé international suscité par ces arrestations, M. Loukachenko s’en est pris à ses « adversaires de l’étranger et à l’intérieur du pays », dénonçant leurs méthodes « dépassant les limites de l’entendement et de la morale humaine ».
Moscou n’a de son côté pas rejoint les critiques occidentales envers Minsk.
Après le discours de M. Loukachenko, le Kremlin a dit ne pas avoir « de raisons de ne pas croire les déclarations des dirigeants biélorusses ».
Source : AFP
« J’ai agi légalement en protégeant mes gens », a lancé le dirigeant biélorusse, s’exprimant devant un parterre de dignitaires du régime qu’il contrôle depuis 1994.
« C’est un mensonge absolu (de dire) que l’avion a été forcé d’atterrir par un MiG-29 », a-t-il martelé, « la mission de l’avion de chasse était d’établir la communication, d’accompagner l’atterrissage de l’avion de passagers en cas de situation d’urgence », avant d’affirmer qu’excepté Minsk, « personne n’a voulu accueillir...

