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Marche du Hirak empêchée, nombreuses arrestations, dont des journalistes


Marche du Hirak empêchée, nombreuses arrestations, dont des journalistes

Manifestation anti-régime le 9 avril 2021 dans une rue d'Alger. Photo REUTERS/Ramzi Boudina

La police algérienne a empêché vendredi la marche hebdomadaire du mouvement prodémocratie du Hirak à Alger, et procédé à de nombreuses arrestations de militants, opposants et journalistes, dont un photographe de l'Agence France-Presse (AFP). 

Des manifestants, qui s'apprêtaient à participer au rassemblement du Hirak dans le centre de la capitale ont été bousculés et interpellés, ont constaté un journaliste de l'AFP et des témoins. Un photographe de l'AFP, Ryad Kramdi, a été interpellé dans le quartier populaire de Bab El Oued pour vérification d'identité, et conduit au commissariat, selon un de ses collègues. Il restait injoignable en début de soirée. Au moins une dizaine d'autres journalistes et photographes ont été arrêtés, dont Khaled Drareni, correspondant en Algérie pour la chaîne francophone TV5, Kenza Khatto, journaliste à Radio M, et un vidéaste de l'agence internationale Reuters, selon des sites d'information indépendants. "Plusieurs journalistes ont été interpellés & empêchés de couvrir la 117e manif des vendredis du Hirak tandis que d'autres ont été molestés par les forces de l'ordre", a tweeté Reporters sans frontières (RSF). M. Drareni, directeur du site d'information Casbah Tribune et correspondant en Algérie de RSF, est devenu un symbole du combat pour la liberté de la presse après avoir été incarcéré pendant près d'un an.

Certains journalistes ont été relâchés en fin d'après-midi, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association d'aide aux prisonniers d'opinion. Le CNLD a fait état de nombreuses arrestations dans le pays, parmi lesquelles des figures du Hirak, des avocats et des opposants, comme le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas, et l'ancienne détenue et militante du Hirak Dalila Touat.

Comme chaque vendredi, des hirakistes se sont rassemblés après la prière du vendredi mais les forces de police, en grand nombre, ont encerclé la mosquée Errahma, point de départ de la marche, et ont dispersé la foule sans ménagement. 
Des dizaines de personnes ont ensuite été interpellées, selon des témoins. 
Quelque dizaines de manifestants ont néanmoins réussi à marcher, en scandant "Etat civil et non militaire", un slogan phare de la contestation. "Nous ne nous arrêterons pas, quoi que vous fassiez", ont crié les protestataires à l'adresse des autorités. 
Certains se sont dirigés vers Bab El Oued, un bastion du Hirak, où plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées. La police les a empêchés de marcher.

Briser le Hirak
Ailleurs, en province, des marches se sont déroulées à Oran, Mostaganem (nord-ouest), Jijel (est) et en Kabylie, à Béjaïa (nord-est) et Tizi Ouzou (est), au lendemain de la fête de l'Aïd El Fitr, marquant la fin du mois de jeûne du ramadan.
A l'approche des élections législatives anticipées du 12 juin, rejetées par le Hirak, la répression s'accroît en Algérie, selon les organisations de défense des droits humains. Plus de 70 personnes sont actuellement incarcérées, poursuivies pour des faits en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles, d'après le CNLD.

Le régime paraît déterminé à briser le mouvement de protestation afin d'appliquer sa "feuille de route" électorale, sans tenir compte des revendications de la rue -- Etat de droit, transition démocratique, justice indépendante -- et de la non participation des principaux partis d'opposition. Le ministère de l'Intérieur a ainsi décidé cette semaine d'obliger les organisateurs des marches du Hirak -- mouvement pacifique et sans véritable leadership -- à déclarer au préalable les manifestations auprès des autorités. 
"Les organisateurs (...) sont tenus à la déclaration, auprès des services compétents, des noms des organisateurs de la marche, des heures de début et de fin, de l'itinéraire et des slogans", a détaillé le ministère. Le non-respect de ces procédures "dénue la marche de tout caractère légal" et "implique un traitement en conséquence", a-t-il ajouté.

Vendredi dernier, Amnesty International avait appelé les autorités à autoriser les manifestations pacifiques et à ne pas recourir à "la force ni à d'autres mesures punitives injustifiées".

Né en février 2019 du rejet massif d'un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika -- qui a démissionné peu après --, le Hirak réclame un changement radical du "système" politique en place depuis l'indépendance en 1962.


La police algérienne a empêché vendredi la marche hebdomadaire du mouvement prodémocratie du Hirak à Alger, et procédé à de nombreuses arrestations de militants, opposants et journalistes, dont un photographe de l'Agence France-Presse (AFP). Des manifestants, qui s'apprêtaient à participer au rassemblement du Hirak dans le centre de la capitale ont été bousculés et...