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Dernières Infos - Liban

Rifi prône un "gouvernement transitoire" et des législatives anticipées

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Achraf Rifi, ex-ministre libanais de la Justice. Photo d'archives ANI

Achraf Rifi, ancien ministre libanais de la Justice et grand opposant au Hezbollah, au président Michel Aoun et à son gendre Gebran Bassil, a estimé que la décision de la formation du gouvernement libanais- bloquée depuis neuf mois déjà- est entre les mains de l'Iran, prônant une équipe "transitoire" et réitérant son appel à la tenue de législatives anticipées, une demande brandie par nombre d'opposants depuis le cataclysme du 4 août 2020 au port de Beyrouth. 

"La décision de former le gouvernement est entre les mains de l'Iran", a déploré l'ancien ministre de la Justice dans une interview accordée lundi à la chaîne locale MTV, soulignant que le pays a besoin d'un "gouvernement transitoire et d'un plan de sauvetage". Des propos qui interviennent à l'heure où le Liban est plombé par une crise économique et politique inédite, marquée notamment par une dégringolade de la livre libanaise face au dollar et une paralysie totale des tractations dans la perspective de la mise en place d'un nouveau cabinet. 

M. Rifi, ouvertement hostile aux choix politiques du Premier ministre désigné, Saad Hariri, depuis l'entrée en vigueur du compromis présidentiel qui avait mené le général Michel Aoun à la tête de l'Etat en octobre 2016, a dit qu'il aurait souhaité que le leader du Futur ne se soit pas déclaré "candidat naturel" à la présidence du Conseil, "parce que tout gouvernement qui se formerait sous le mandat actuel ne serait qu'une copie conforme des équipe précédentes et obéirait au Hezbollah qui contrôle tout", a-t-il critiqué. L'ex-ministre faisait allusion à l'interview que M. Hariri avait accordée à la MTV également en octobre 2020. Il s'était alors déclaré candidat naturel à la présidence du Conseil, après la récusation de Moustapha Adib, ambassadeur du Liban à Berlin, quelques jours plus tôt. 

Le Premier ministre désigné ne parvient toujours pas à former son équipe à cause d'un bras de fer l'opposant au camp présidentiel. Mais pour Achraf Rifi, cela n'est pas la seule raison de l'impasse. "Si le Hezbollah avait intérêt à ce que le gouvernement soit formé, il aurait émis des signes allant dans ce sens. Et Gebran Bassil se serait plié à cette décision", a déclaré M. Rifi, estimant que le leader du Courant patriotique libre "n"est pas aussi fort que cela". 

Evoquant les législatives prévues en mai 2022, l'ex-directeur des FSI a fait savoir qu'il ne prendra pas part à la course, tout en se disant prêt à appuyer 'tout candidat souverainiste, honnête et patriotique". Il a toutefois renouvelé son appel à des législatives anticipées. "Mais nous sommes conscients du fait que le pouvoir en place ne permettra pas la tenue des élections aux dates prévues", a-t-il dit. Une appréhension que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait clairement exprimée lors de sa visite à Beyrouth, jeudi dernier. Il avait alors insisté sur le respect du calendrier électoral de 2022 au Liban. 

Pour ce qui est de son positionnement politique, Achraf Rifi a assuré qu'il fait partie des opposants au mandat Aoun, indiquant que plusieurs groupements (hostiles au pouvoir en place) s'activent dans le sens de (l'unification) de l'opposition, faisant état de contacts en cours avec les Kataëb, les Forces libanaises et les indépendants à ce sujet. 

Lors de sa rencontre avec des composantes de l'opposition et des collectifs issus pour certains du mouvement de contestation qui avait éclaté au Liban le 17 octobre 2019, M. Le Drian avait appelé les opposants à unifier les rangs pour prendre part au scrutin de 2022.



Achraf Rifi, ancien ministre libanais de la Justice et grand opposant au Hezbollah, au président Michel Aoun et à son gendre Gebran Bassil, a estimé que la décision de la formation du gouvernement libanais- bloquée depuis neuf mois déjà- est entre les mains de l'Iran, prônant une équipe "transitoire" et réitérant son appel à la tenue de législatives anticipées, une demande brandie...