Les dégâts causés dans les silos du port de Beyrouth après la double explosion du 4 août 2020. Photo d'archives AFP
Le juge d'instruction en charge de l'enquête sur les explosions meurtrières du 4 août 2020 au port de Beyrouth, Tarek Bitar, a poursuivi son travail mercredi en émettant des commissions rogatoires adressées aux pays concernés, directement ou non, par le passage de la cargaison de nitrate d'ammonium transportée par le navire Rhosus. Cette cargaison, qui avait été stockée pendant sept années dans un hangar du port, était à l'origine de la déflagration. Les pays concernés sont la Géorgie, le Mozambique, la Grèce, Chypre et la Turquie.
Le juge Bitar attend parallèlement un rapport d'experts français qui ont participé au volet technique de l'enquête.
Le juge d'instruction a fini d'interroger les 25 personnes se trouvant actuellement sous les verrous. L’avocat général près la Cour de cassation Ghassan Khoury a approuvé jeudi 11 demandes et rejeté les autres. Ce sont notamment les petits employés et les officiers subalternes (grade d’aspirant et au-dessous) qui ont profité de l’avis favorable du parquet de cassation, tandis que directeurs généraux et hauts officiers se sont vu refuser leur requête. Il reste que rien n’est encore acquis pour chacun des 25 détenus, l’avis du parquet n’étant pas contraignant pour le juge Bitar selon la loi. Le magistrat continue donc d'étudier les demandes de mise en liberté des détenus dans cette affaire - un processus qui pourrait prendre plusieurs semaines.
La double explosion meurtrière au port de Beyrouth a fait plus de 200 victimes et 6.500 blessés, dévastant des quartiers entiers de la capitale. Plusieurs responsables sécuritaires et politiques, notamment le Premier ministre sortant Hassane Diab et les députés Ali Hassan Khalil, Ghazi Zeaïter et l'ex-ministre Youssef Fenianos, avaient été inculpés pour négligence par le juge Fadi Sawan. Celui-ci, initialement en charge de l'enquête, en avait été dessaisi au début de l'année pour être remplacé par Tarek Bitar.

