Le ministre sortant des Affaires étrangères, Charbel Wehbé. Photo fournie par notre correspondante Hoda Chédid.
Le ministre sortant des Affaires étrangères, Charbel Wehbé, a remis mardi à l'ambassadeur de Syrie au Liban, Ali Abdel Karim Ali, un mémorandum appelant les autorités syriennes à entamer la négociation de leur frontière maritime commune avec le Liban "sur la base des relations fraternelles et du droit international".
L'ambassadeur syrien a déclaré qu'il transmettrait "le désir du ministre Wehbé et des dirigeants libanais" "d'entreprendre des négociations sur tous les dossiers, y compris la frontière maritime".
Le diplomate s'est également félicité des actions entreprises par le Liban quant aux négociations sur la frontière maritime méridionale avec Israël, dans une allusion au projet d'amendement du décret 6433 qui ajoute une superficie supplémentaire de 1 430 km2 à la zone réclamée par le Liban.
La question de la délimitation de la frontière maritime entre la Syrie et le Liban a été soulevée ces dernières semaines, après que Damas a mandaté une entreprise russe pour entamer des travaux d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures dans un bloc de sa Zone économique exclusive qui empiète sur celle du Liban. Beyrouth a déjà signalé à plusieurs reprises sa position à la Syrie depuis 2010, date du dépôt aux Nations unies d’un décret promulgué par le pays du Cèdre afin de délimiter sa frontière maritime. En 2014, la Syrie avait fait part aux Nations unies de son désaccord par rapport à la vision libanaise de cette frontière maritime. Entre les tracés libanais et syrien, 750 km² se chevauchent, ce qui pourrait conduire à un conflit juridico-politique entre les deux pays.
Le Liban a également un contentieux sur la délimitation de sa frontière maritime méridionale avec Israël, avec lequel des négociations indirectes débutées en octobre 2020 sont interrompues depuis décembre dernier. Lundi, les ministres sortants des Travaux publics et des Transports Michel Najjar, et de la Défense, Zeina Acar, ont signé un projet de révision de la frontière maritime sud en y ajoutant une superficie supplémentaire de 1 430 km2 qu’ils estiment revenir de droit au Liban.
Charnel Wehbé et Ali Abdel Karim Ali ont également évoqué la question des réfugiés syriens au pays du Cèdre. Dans ce contexte, l'ambassadeur de Syrie a affirmé que son pays souhaitait "le retour de tous ses enfants et avait fourni toutes les facilités et garanties possibles pour leur retour. "Cela nécessite une coordination entre les dirigeants concernés des deux pays et le refus de laisser ceux qui veulent investir dans la crise syrienne et leurs problèmes perturber la reconstruction et la renaissance de la Syrie", a-t-il estimé.
Le diplomate syrien a souhaité au Liban de trouver une issue à la crise gouvernementale et de parvenir à affronter tous les défis dont il souffre. Ali Abdel Karim Ali a dit espérer que les sanctions qui "frappent l'économie et le développement" en Syrie et par ricochet le Liban soient levées. De son côté, M. Wehbé s'est dit opposé à "la poursuite des sanctions injustes qui étouffent le peuple syrien et avec lui le peuple libanais".

