Les relations politiques entre Londres et Moscou sont « pratiquement mortes », a déclaré hier l’ambassadeur russe à Londres après la revue stratégique en matière de défense du gouvernement britannique qui présente la Russie comme une menace majeure pour le Royaume-Uni. Le gouvernement britannique a décidé de porter de 180 à 260, soit une hausse d’environ 45 %, le plafond maximum de son stock d’ogives nucléaires, une première depuis la chute de l’Union soviétique, au terme de sa revue stratégique en matière de sécurité, de défense et de politique étrangère qui a été publiée mardi dernier. Ce changement de cap controversé, après l’engagement pris par Londres en 2010 de réduire son stock d’ici à la mi-décennie 2020, est justifié par une « gamme croissante de menaces technologiques et doctrinales », selon le document. Dans une interview à la radio LBC, l’ambassadeur russe, Andreï Kelin, a déclaré que cette décision avait été une « grande surprise ». « Vous augmentez de 40 % le nombre d’ogives. C’est une violation du traité de non-prolifération », a-t-il déclaré. M. Kelin a avancé qu’aucune justification n’avait été fournie pour présenter la Russie comme une « menace aiguë » et que ces accusations « se réduisaient » à l’empoisonnement au Novitchok de l’ex-agent double Sergueï Skripal survenu en 2018, ce qui manque, selon l’ambassadeur, de « substance ou d’information ».
Monde - Crise Diplomatique
Les relations entre Londres et Moscou « pratiquement mortes »
OLJ / le 22 mars 2021 à 00h00


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