Un jeune Russe recevant le vaccin Spoutnik V. Evgueny Kozyrev/Reuters
L’Agence européenne des médicaments s’est dit hier « fermement convaincue » des avantages du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19, dont l’utilisation est suspendue par plusieurs pays inquiets de possibles effets secondaires.
L’Organisation mondiale de la santé, dont des experts se penchaient hier sur le sujet, tout comme l’EMA ont recommandé de continuer à administrer le vaccin AstraZeneca.
L’OMS a souligné qu’il n’y avait pas à ce stade de « rapport » avéré entre le vaccin et de graves problèmes sanguins observés chez des personnes vaccinées, et le régulateur européen estime que les avantages « l’emportent sur les risques ».
« Nous sommes toujours fermement convaincus que les avantages du vaccin AstraZeneca dans la prévention du Covid-19, avec son risque associé d’hospitalisation et de décès, l’emportent sur le risque de ces effets secondaires », a affirmé hier la directrice exécutive de l’EMA, Emer Cooke. Elle a précisé que l’agence « examinait » les effets « indésirables associés à tous les vaccins », même si l’attention est pour le moment concentrée sur celui d’AstraZeneca.
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre italien Mario Draghi ont jugé « encourageantes » les déclarations de l’EMA. « Les déclarations préliminaires faites aujourd’hui (mardi) par l’EMA sont encourageantes », sont convenus MM. Macron et Draghi après un entretien téléphonique, alors que plusieurs pays européens, dont la France et l’Italie, ont suspendu la vaccination avec le sérum du laboratoire anglo-suédois en raison de possibles effets secondaires graves.
Sept États européens (Allemagne, France, Italie, Slovénie, Espagne, Portugal et Lettonie) avaient allongé lundi la liste des pays ayant suspendu par précaution l’administration du vaccin du laboratoire suédo-britannique suite à ces problèmes, telles que des difficultés à coaguler ou la formation de caillots (thrombose), dans l’attente d’un avis de l’EMA. La Suède, le Luxembourg et Chypre ont fait de même hier.
Le groupe consultatif d’experts de l’OMS sur la vaccination s’est réuni de son côté hier pour étudier le vaccin, a annoncé Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS. Mais « nous ne voulons pas que les gens paniquent », a déclaré la chef scientifique de l’OMS Soumya Swaminathan.
Le Covid-19 a fait plus de 2,66 millions de morts dans le monde, dont plus de 900 000 en Europe, continent le plus touché, selon un comptage réalisé hier.
Accélération pour Pfizer dans l’UE
Le ministre français de la Santé, Olivier Véran, a assuré que ceux qui avaient déjà reçu une injection « ne sont pas en danger ».
Une quinzaine de pays au total ont suspendu par précaution l’utilisation du vaccin. Mais la Géorgie ou le Sierra Leone ont lancé lundi leur campagne avec ce vaccin, balayant les craintes d’effets secondaires. Et en Thaïlande, le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha a reçu mardi la première dose d’AstraZeneca.
AstraZeneca affirme qu’il n’y a « aucune preuve de risque aggravé » de caillot sanguin entraîné par son vaccin. Et le Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré hier que ce vaccin, largement administré au Royaume-Uni, était « sûr » et « extrêmement » efficace.
Pour AstraZeneca, ces déconvenues s’ajoutent à une nouvelle baisse de ses livraisons à l’Union européenne d’ici à juin, que le laboratoire a été contraint d’annoncer en invoquant des problèmes d’exportations. L’UE « n’exclut pas » des recours juridiques contre le laboratoire, a déclaré mardi le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Clément Beaune, en déplorant ces retards.
L’UE attend par ailleurs « plus de 200 millions de doses » du vaccin Pfizer/BioNTech au deuxième trimestre, après un accord prévoyant une « accélération » des livraisons, a indiqué hier la Commission.
AstraZeneca a de son côté annoncé un accord avec les États-Unis pour fournir au pays cette année jusqu’à 700 000 doses d’un traitement par anticorps en cours de développement contre le Covid-19.
Et le laboratoire américain Moderna a indiqué avoir commencé des essais de son vaccin sur des milliers d’enfants âgés de 6 mois à 11 ans, un essai clinique qui concerne un total prévu de 6 750 enfants aux États-Unis et au Canada.
Visas pour des vaccinés en Chine
La Chine est, elle, sur le point d’alléger les restrictions d’entrée sur son territoire concernant les ressortissants de certains pays, dont les États-Unis, mais à condition qu’ils aient reçu un vaccin chinois.
Au Brésil, où le manque de doses ralentit la campagne d’immunisation, le président Jair Bolsonaro – très critiqué pour sa gestion chaotique de la crise sanitaire – a encore changé de ministre de la Santé lundi, remerciant Eduardo Pazuello. M. Pazuello venait d’annoncer la commande de 138 millions de doses de vaccins pour accélérer une campagne d’immunisation trop lente, alors que la pandémie s’aggrave au Brésil, deuxième pays le plus endeuillé avec près de 280 000 morts.
En Europe, l’arrivée d’une troisième vague de Covid-19 a contraint l’Italie à reconfiner lundi les trois quarts de son territoire. Elle suscite aussi des inquiétudes en Allemagne et en France, laissant planer le spectre de nouvelles restrictions.
Source : AFP


Il y a quelque chose de pas très net, dans cette affaire. Le vaccin Pfizer a, lui aussi, montré des effets secondaires parfois graves et été soupçonné d'avoir provoqué des décès, toujours sans qu'il soit possible de prouver le lien avec l'administration du vaccin. Pourquoi ces deux poids, deux mesures?
08 h 28, le 17 mars 2021