Un soignant dans un centre de dépistage du coronavirus à l'hôpital Saint Georges de Beyrouth, le 15 janvier 2021. Photo REUTERS/Ayat Basma
Le directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, Firas Abiad, a mis en garde mardi contre l'éventualité de l'apparition d'un "variant libanais" du coronavirus, estimant que le haut taux de transmission communautaire au Liban constitue l'environnement parfait pour que le virus mute et s'adapte.
"Au cours de l'année écoulée, le Liban a fait les gros titres des journaux pour toutes les mauvaises raisons possibles", a souligné le Dr Abiad dans une série de tweets, mettant en garde contre une autre mauvaise nouvelle, liée à la pandémie, qui pourrait projeter le pays sur le devant de la scène : l'apparition d'un "variant libanais du Covid". Un taux de "transmission communautaire" élevé donne au virus "l'environnement parfait pour muter et s'adapter", a-t-il souligné, estimant que d'autres facteurs comme la porosité de la frontière et la faiblesse du "programme de surveillance génétique du virus" peuvent également favoriser une telle mutation. Il a déploré que "d'autres variants circulent déjà dans le pays et se propagent sans être détectés" et qu'ils risquent de "muter à chaque fois qu'ils se transmettent". Avec une telle variante éventuelle, le virus "peut devenir plus contagieux, plus résistant aux vaccins voire plus virulent", a-t-il mis en garde.
Le responsable a dès lors estimé que, pour limiter les risques, il était "impératif" que le ministère de la Santé "obtienne tout le soutien nécessaire pour contrôler la transmission du virus et améliore son programme de surveillance" de la pandémie. Il s'est par ailleurs défendu de tout alarmisme, mettant en avant l'importance "d'éduquer" aux risques afin que des mesures adéquates puissent être prises.
Ces dernières semaines, des mutations du virus ont donné lieu à trois variants dits préoccupants, rapportés pour la première fois respectivement au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil, qui se sont ensuite rapidement propagés dans d'autres pays. Au Liban, le variant britannique se propage depuis le début de l'année et plusieurs foyers ont été identifiés, notamment dans les régions de Baabda, du Chouf, du Kesrouan, de Kobeyate et dans le Metn.
Lundi, le président de la commission parlementaire de la Santé, Assem Araji, avait exprimé sa crainte que le Liban connaisse rapidement une nouvelle vague du virus, notamment à cause de la présence de ce variant britannique. Il avait reconnu que le pays "ne dispose pas de suffisamment de laboratoires pour déterminer la prévalence de la souche" britannique.

