Le directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, Firas Abiad. Photo d'archives Ani
Le directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, Firas Abiad, a estimé vendredi qu'il était préférable de prolonger d'une semaine le confinement strict, observé depuis le 14 janvier pour tenter d'enrayer la propagation rapide du coronavirus, mettant en garde contre les conséquences d'une nouvelle vague de contaminations. Le bouclage doit prendre fin lundi 8 février et le comité interministériel chargé de la lutte contre la pandémie est appelé à se réunir dans la journée afin de trancher sur la question de sa prolongation éventuelle.
"La recommandation d'une extension ou non du confinement doit se baser sur les derniers chiffres disponibles, la capacité actuelle des hôpitaux et les conséquences sociales et économiques" d'une telle décision, a préconisé le Dr Abiad dans une série de tweets, avant d'avancer qu'"il est préférable de prolonger le confinement d'une semaine supplémentaire". Il argue notamment que si "les nouveaux cas quotidiens ont commencé par diminuer au cours des derniers jours, ils ont ensuite plafonné" et que le "taux de positivité des tests et celui de reproduction du virus restent plus élevés que prévu, et surtout après un bouclage". Accompagnant ses explications de graphiques et tableau, il a affirmé que "le virus se propage toujours activement", estimant que "la présence du variant britannique explique la réponse en demi-teinte au bouclage".
"Alléger le confinement risque d'inverser toutes les tendances à la baisse et les chiffres connaîtront rapidement un rebond", a-t-il mis en garde. "Au rythme actuel de plus de 2.500 nouveaux cas de Covid par jour, les hôpitaux presque pleins ne seront pas en mesure de faire face. Même les 100 lits supplémentaires promis en soins intensifs ne suffiront pas si une autre vague devait arriver et le personnel de santé est épuisé", a-t-il souligné, ajoutant qu'en cas d'assouplissement des mesures avant une réduction de la transmission "les gens et l'économie devront faire face aux perspectives d'un nouveau confinement strict". Soulignant qu'entre une extension du confinement ou un "allégement prématuré" des restrictions, aucune solution n'était idéale, il a appelé à "déployer efficacement le vaccin" pour sortir de la crise.
Le Liban doit lancer d'ici une dizaine de jours sa campagne de vaccination, avec l'arrivage d'un premier lot de doses du vaccin développé par Pfizer/BioNTech. La priorité est donnée au personnel soignant et aux personnes âgées de plus de 75 ans, Libanais et ressortissants étrangers confondus. Les autorités sanitaires visent une immunisation collective de 80 % d'ici douze mois. Toutefois la présidente de la commission nationale chargée de la lutte contre la pandémie, Petra Khoury, avait souligné lundi qu'en raison de la propagation plus rapide du variant britannique du virus, l'immunité collective risquait d'être plus difficile à atteindre.
Le Dr Firas Abiad a enfin souligné que les sept personnes sur les 18 âgées de moins de 60 ans décédées jeudi n'avaient pas de facteur de comorbidité. "Le taux de létalité a augmenté de 45% au cours des trois dernières semaines du fait notamment d'un système de santé débordé", a-t-il conclu.


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