Un soignant manipulant un test covid-19 en France. Photo d'archives AFP
La France doit mettre les bouchées doubles pour défendre sa "souveraineté" en matière sanitaire, exhortent des responsables politiques français de tous bords face au cas de la biotech franco-autrichienne Valneva qui va fournir des vaccins anti-Covid au Royaume-Uni.
La ministre française de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a assuré jeudi à la télévision BFMTV qu'"il n'y a pas de perte d'opportunité" pour la France. En effet, selon elle, Valneva ne sera en mesure de livrer Londres qu'à l'automne, donc "après que la France ait été livrée de 150 millions de doses" par d'autres laboratoires.
Elle a aussi fait valoir que la France avait proposé à l'entreprise, qui n'a pas de site de production dans le pays, de financer ses recherches cliniques à hauteur de 80%, mais que celle-ci avait décliné et trouvé "meilleur ailleurs", en l'occurrence au Royaume-Uni. Mais les critiques pleuvent.
"On paie surtout l'abandon de notre souveraineté au profit d'autres puissances émergentes dans la mondialisation, et surtout on a sous-investi dans la recherche", a déploré le numéro deux du Rassemblement national (extrême droite) Jordan Bardella jeudi sur la chaîne CNews.
Il a appelé en particulier à "relever de manière significative le budget" de la recherche et à la "relocaliser", car "investir dans la recherche aujourd'hui, ça sera le prix de l'indépendance demain".
"La France ne réagit pas, et laisse partir la production pour le Royaume-Uni où le gouvernement a signé une pré-commande gigantesque avec des fonds pour financer les essais cliniques! Pourquoi Macron n'a-t-il rien fait?", avait tweeté mercredi le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, à la tête de patron de Debout la France.
Chez Les Républicains (droite), la vice-présidente de l'Assemblée nationale Annie Genevard a relevé mercredi sur CNews que "la stratégie européenne qui consistait à installer une solidarité dans l'accès au vaccin ne dispensait pas la France d'élargir l'offre en essayant de soutenir d'abord une production nationale et l'achat de vaccins auprès de ceux qui peuvent en fournir".
A gauche, le Parti communiste français et La France Insoumise (LFI) réclament que les vaccins tombent dans le domaine public car, comme le souligne Adrien Quatennens, numéro deux de LFI, le vaccin est "en réalité soumis aux lois du marché" qui "n'est pas à la hauteur pour régler ces crises" sanitaires.
"Depuis le début de cette crise on nous parle de souveraineté sanitaire, de réindustrialisation, de relocalisation, et ce n'est pas ce que nous faisons", a-t-il déploré mercredi sur la radio publique franceinfo, en appelant le président Emmanuel Macron à "mettre ses mots en bonne adéquation avec les actes qu'il pose".
Elle a aussi fait valoir que la France avait proposé à l'entreprise, qui n'a pas de site de production dans le pays, de financer ses recherches cliniques à hauteur de 80%, mais que celle-ci avait décliné et trouvé...

