Les forces de l’ordre tentent d’arrêter un manifestant pro-Navalny, dimanche 31 janvier 2021. Maxim Shemetov/Reuters
Le parquet russe s’est dit hier favorable à l’emprisonnement d’Alexeï Navalny, à la veille d’une audience au cours de laquelle l’opposant risque deux à trois ans de détention et au lendemain de la répression de manifestations en sa faveur.
Dans un communiqué, le parquet a jugé « légale et justifiée » la demande des services pénitentiaires russes (FSIN) qui veulent révoquer le sursis du principal détracteur du Kremlin pour violation de son contrôle judiciaire dans le cadre d’une affaire remontant à 2014. Cette déclaration témoigne de la détermination des autorités, malgré les manifestations organisées dimanche pour le second week-end consécutif dans plus d’une centaine de villes de Russie pour réclamer sa libération.
Selon l’ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations, 5 611 manifestants ont été arrêtés à travers le pays, un record, d’après cette source, dans l’histoire récente de la Russie.
« On est face à une accélération des répressions politiques », a affirmé Léonid Drabkine, coordinateur d’OVD-Info. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a lui jugé la réponse policière justifiée et dénoncé la participation « d’un assez grand nombre de voyous et de provocateurs plus ou moins agressifs » à l’égard de la police.
Ennemi juré du pouvoir, Alexeï Navalny a été emprisonné à son retour en Russie le 17 janvier, après une convalescence de plusieurs mois en Allemagne pour un empoisonnement dont il accuse le président Vladimir Poutine. Motif de l’arrestation, la violation, selon les autorités, des conditions d’une peine de prison de trois ans et demi avec sursis prononcée en 2014 et qui pourrait être transformée en sentence ferme.
Les condamnations occidentales ont été unanimes. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a regretté des « tactiques brutales » et le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a « déploré les interpellations massives ». M. Borrell souhaite rencontrer Alexeï Navalny lors de sa visite prévue à Moscou du 4 au 6 février, a annoncé le porte-parole du diplomate.
Source : AFP

