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Agenda - Hommage

Fouad Kamel... le dernier grain de blé avant l’aridité

Quand je l’ai rencontré la première fois, il semblait être un ange venant du ciel par sa noblesse de caractère et sa grandeur d’âme. Il était incrusté de mots, tel le mur d’une église byzantine, tel un verre de vin débordant d’amabilité et de tolérance.

Fouad Kamel nous a quittés il y a quelques jours ; il était la dernière source de bonheur dans notre vie, il était le dernier poème avant d’être immergé dans l’analphabétisme, le dernier grain de blé avant l’aridité et la dernière lune avant l’obscurité totale.

Fouad Kamel était une âme libre qui voyageait avec les oiseaux survolant les bateaux, les fleurs, la pluie et les tuiles de Bickfaya.

Il maniait si bien les mots qu’avec lui, ils se transformaient en une langue mystique et exprimaient l’amour comme on dit une prière. Son expression civilisée rompait avec le brouhaha linguistique.

Le Liban de Fouad Kamel était le berceau des prophètes. Fouad Kamel éprouvait une grande tristesse de voir ce qu’il était advenu du Liban. Pour lui, nous étions des voyageurs sur le bateau du chagrin guidés par des pirates et des mercenaires. Il est mort, triste de voir nos gouvernants vendre le soleil pour le remplacer par une lampe de 50 watts ! Il portait son chagrin la nuit comme il portait ses habits le jour ! Il professait l’amour où qu’il allait, cet amour qui était sa religion et sa croyance.

Je recevais toujours de lui des lettres renfermant dans leurs lignes une joie de vivre. La joie que nous vivons n’est plus la joie d’antan. Même les fêtes sont devenues comme des jours ordinaires, rien de plus.

La tristesse a envahi les nuages, les arbres, les rideaux, et toi, Fouad, tu es parti, mais tu es resté ici. Tu es présent dans l’odeur de la terre, dans l’éclosion des fleurs, dans le clapotis des vagues, dans le gazouillis des oiseaux, dans les livres des enfants, dans les lettres, dans les cahiers, dans les beaux yeux, dans le cœur de tout croyant, dans l’épée de tout révolutionnaire…

Il reste beaucoup à dire… mais les émotions m’écrasent.

Abdel Hamid EL-AHDAB

Avocat

Quand je l’ai rencontré la première fois, il semblait être un ange venant du ciel par sa noblesse de caractère et sa grandeur d’âme. Il était incrusté de mots, tel le mur d’une église byzantine, tel un verre de vin débordant d’amabilité et de tolérance. Fouad Kamel nous a quittés il y a quelques jours ; il était la dernière source de bonheur dans notre vie, il était le dernier poème avant d’être immergé dans l’analphabétisme, le dernier grain de blé avant l’aridité et la dernière lune avant l’obscurité totale. Fouad Kamel était une âme libre qui voyageait avec les oiseaux survolant les bateaux, les fleurs, la pluie et les tuiles de Bickfaya. Il maniait si bien les mots qu’avec lui, ils se transformaient en une langue mystique et exprimaient l’amour comme on dit une prière. Son expression...