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Monde - Coronavirus

Les experts de l’OMS enfin sur le terrain à Wuhan

Le vaccin d’AstraZeneca approuvé par le régulateur européen pour les plus de 18 ans.

Les experts de l’OMS enfin sur le terrain à Wuhan

Mateo, une jeune Espagnol de 10 ans, applaudi par les infirmiers à sa sortie de l’hôpital après sa guérison, alors qu’il était tombé gravement malade lors de son infection au coronavirus. Mancha Centro Hospital/Handout via Reuters

Les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont enfin entamé hier à Wuhan (centre de la Chine) leur enquête de terrain sur l’origine du coronavirus, qui doit les conduire sur des sites sensibles. Sortis jeudi de 14 jours de quarantaine, les membres de l’équipe ont discuté dans la matinée avec des scientifiques chinois avant de se rendre dans un hôpital de cette ville où la pandémie a démarré fin 2019. L’OMS a confirmé jeudi que la dizaine d’enquêteurs irait bien au désormais célèbre Institut de virologie de Wuhan – équipé de laboratoires P3 et P4 de haute sécurité – qui manipulait notamment des coronavirus.

Dès le début de la pandémie, l’établissement a fait l’objet d’hypothèses, reprises par l’administration de l’ex-président américain Donald Trump, selon lesquelles le virus aurait pu s’en échapper avant de contaminer la planète. Une théorie qui ne s’appuie pour l’instant sur rien de tangible. Durant leur séjour, qui pourrait durer quelques semaines, les experts se rendront également au marché Huanan, premier foyer de l’épidémie où étaient notamment vendus des animaux sauvages vivants. Il est fermé depuis janvier 2020. « L’équipe prévoit de visiter des hôpitaux, laboratoires et marchés », a par ailleurs souligné l’OMS sur Twitter. L’emploi du temps précis des experts reste toutefois opaque. Leurs tweets et ceux de l’OMS constituent les principales sources d’information, la Chine étant quasi muette sur cette visite, ultrasensible politiquement pour elle. Cette mission, qui devrait encore durer quelques semaines, se déroule par ailleurs dans un climat de tensions sino-américaines. Les États-Unis ont réclamé cette semaine une enquête « claire et poussée », soulignant qu’ils allaient évaluer sa « crédibilité » une fois terminée. La Chine a rejeté toute « ingérence politique » dans cette visite scientifique.

AstraZeneca approuvé dans l’UE

Entre-temps, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé hier l’utilisation dans l’Union européenne du vaccin d’AstraZeneca contre le Covid-19 pour les plus de 18 ans, alors que les 27 fustigent ses retards de livraison.

Le vaccin développé par le laboratoire britannique AstraZeneca et l’université d’Oxford est le troisième à obtenir le feu vert de l’EMA, après ceux de Pfizer-BioNTech le 21 décembre et de Moderna le 6 janvier. Les pays de l’UE guettaient la décision du régulateur, se demandant s’il allait ou non suivre l’exemple de la commission de vaccination allemande, qui avait déconseillé jeudi ce vaccin pour les plus de 65 ans, évoquant des données « insuffisantes ».

« L’EMA a recommandé l’octroi d’une autorisation de mise sur le marché conditionnelle pour le vaccin contre le Covid-19 AstraZeneca (...) chez les personnes à partir de 18 ans », a annoncé le régulateur européen, basé à Amsterdam. La décision de l’EMA intervient alors que le groupe pharmaceutique subit depuis plusieurs jours les foudres des dirigeants européens, après avoir expliqué ne pouvoir livrer qu’« un quart » des doses initialement promises à l’UE au premier trimestre. AstraZeneca a immédiatement salué hier le feu vert européen, promettant un « accès large et équitable » à son vaccin.

Plus tôt dans la journée, la Hongrie, critiquant les « lenteurs » de Bruxelles, s’était à nouveau illustrée en devenant le premier pays de l’UE à approuver le vaccin du laboratoire chinois Sinopharm, après avoir fait de même la semaine dernière avec le Spoutnik V russe.

L’EMA avait indiqué vendredi matin qu’un autre vaccin, le Pfizer-BioNTech, n’avait pas de lien avec des décès post-vaccination, dont un certain nombre de personnes âgées, qu’elle a examinés. « Les données ne (montrent) pas de lien avec la vaccination » ni « de problèmes de sécurité », selon le régulateur européen.

Face à la pénurie globale, le géant pharmaceutique suisse Novartis a signé un accord pour aider à la production du vaccin Pfizer-BioNTech.

Variants et vaccins

Ces annonces interviennent sur fond d’inquiétudes en Europe et ailleurs, où se répandent des variants du coronavirus plus contagieux et peut-être plus mortels, posant la question de l’efficacité des vaccins. Au point que les ambassadeurs des États membres de l’UE ont approuvé hier de nouvelles recommandations de la Commission européenne (nouvelle cartographie des zones les plus touchées, restrictions de circulation plus strictes) visant à « fortement décourager les déplacements non essentiels, tout en évitant les fermetures de frontières ou les interdictions générales de voyage ». L’OMS a appelé à ne pas « baisser la garde » en Europe, où de nombreux pays ont déjà plus ou moins verrouillé leurs frontières.

AstraZeneca avait demandé le 12 janvier l’autorisation de son vaccin dans l’UE ainsi qu’en Islande, au Liechtenstein et en Norvège. Mis en cause pour ses retards de livraison annoncés, le groupe a évoqué une « baisse de rendement » dans une usine européenne, expliquant ne pouvoir livrer qu’« un quart » des doses initialement promises à l’UE au premier trimestre. Bruxelles a jugé ces explications « insatisfaisantes » et demandé une inspection d’une usine belge du groupe, où « certains documents et données » ont été saisis jeudi.

La Commission européenne a encore accentué la pression hier en publiant en ligne le contrat signé avec AstraZeneca, amputé de parties entières noircies pour des raisons de confidentialité.

Qu’il s’agisse d’AstraZeneca ou d’autres laboratoires, les pays européens se plaignent de la lenteur de fabrication des vaccins, même si 63 % des doses administrées le sont dans les pays riches (Europe, USA et pays du Golfe) concentrant 16 % de la population mondiale. Plus de 86,5 millions de doses de vaccins anti-Covid ont été administrées dans au moins 73 pays ou territoires.

Nouveaux vaccins américains

Dans le monde, le Covid-19 a fait au moins 2 191 865 morts et contaminé plus de 101 436 360 personnes. Son variant apparu en Grande-Bretagne s’est étendu à 70 pays et le variant sud-africain à 31 pays, selon l’OMS.

Comme la semaine dernière, la pandémie a de nouveau fortement décéléré cette semaine dans le monde (-11 %), mais les chiffres restent élevés : 564 300 nouveaux cas par jour en moyenne. Sur la seule journée de jeudi, 16 326 nouveaux décès et 589 862 nouveaux cas ont été recensés.

Aux États-Unis, pays le plus touché au monde (plus de 433 206 décès pour 25 767 168 cas), deux premiers cas du variant sud-africain ont été détectés, en Caroline du Sud.

Deux entreprises américaines, Novavax et Johnson & Johnson, ont annoncé que leurs vaccins respectifs, toujours en essais cliniques, étaient moins efficaces contre le variant sud-africain. Celui de Johnson & Johnson est efficace à 66 % en général, contre 89,3 % pour Novavax, qui a assuré qu’elle se lançait immédiatement dans le développement d’un nouveau vaccin ciblant ce variant.

Source : AFP

Les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont enfin entamé hier à Wuhan (centre de la Chine) leur enquête de terrain sur l’origine du coronavirus, qui doit les conduire sur des sites sensibles. Sortis jeudi de 14 jours de quarantaine, les membres de l’équipe ont discuté dans la matinée avec des scientifiques chinois avant de se rendre dans un hôpital de cette ville où la pandémie a démarré fin 2019. L’OMS a confirmé jeudi que la dizaine d’enquêteurs irait bien au désormais célèbre Institut de virologie de Wuhan – équipé de laboratoires P3 et P4 de haute sécurité – qui manipulait notamment des coronavirus.
Dès le début de la pandémie, l’établissement a fait l’objet d’hypothèses, reprises par l’administration de l’ex-président américain Donald Trump, selon lesquelles le...
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