Cher cousin et ami, Pierrot ; avec ton départ, les souvenirs refont surface. Du temps de l’école notre petit groupe de cousins se retrouvait les jeudis ou les samedis après-midi pour aller au cinéma dont nous étions tous férus. Que de souvenirs aussi de l’été entre Beit-Méry et Broummana, au Cinéma Aida, les promenades dans cette belle nature, et les deux fêtes sacrées de l’été, le 15 août chez les Helou et le 14 septembre chez les Harfouche avec les incontournables feus de bois (abboulé). À l’âge adulte, chacun de notre noyau d’amis a suivi son parcours, avec ses joies, ses peines, ses difficultés, ses erreurs, et la guerre de 1975 à 1990. Mais l’affection familiale était toujours là.
Les années ont passé et ce fut « le temps retrouvé ». Rencontres et dînettes autour de toi et Samira. Tu es resté égal à toi-même, aimable, chaleureux, attachant, avec une belle conversation et cette passion du livre. Ton conseil de choix de lecture était toujours judicieux. À Achrafieh, ta librairie « À l’Affiche » était un point de rencontre de lecteurs et de francophones. Ta foi en un Liban libre et souverain était indéfectible.
Pierrot, nous avons la même date d’anniversaire le 29 décembre, et tu aimais me taquiner en disant « tu es plus vieille que moi ». « Mais non », disais-je, « toi, tu es bien plus vieux, d’ailleurs, tu es le cousin germain de mes parents et je dois te dire oncle ou tonton ! » Tu ne manquais jamais d’appeler pour mon anniversaire et on se souhaitait les vœux respectifs. Des fois, on fêtait ensemble en famille.
En ce 29 décembre 2020, Pierrot, tu as manqué à l’appel, luttant avec acharnement aux soins intensifs contre le maudit virus Covid-19 qui, hélas, a eu raison de toi. Repose en paix.
Nelly HELOU

