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Les Européens disposés au dialogue mais veulent des "gestes crédibles"



Les Européens disposés au dialogue mais veulent des

De gauche à droite le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin lors du sommet pour la paix en Libye en 2020. Photo d'archives AFP

Echaudés par les revirements du président turc Recep Tayyip Erdogan, les Européens ont demandé jeudi à son émissaire Mevlüt Cavusoglu "des gestes crédibles" avant de reprendre le dialogue en vue d'une normalisation des relations avec Ankara.

"Le dialogue est essentiel, mais nous attendons des gestes crédibles sur le terrain", a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen après avoir reçu le ministre des Affaires étrangères turc en déplacement à Bruxelles. Mme von der Leyen a précisé que l'entrevue avait été un "bref échange" et a rappelé la décision de sanctionner les actes illégaux et agressifs d'Ankara prise en décembre par les dirigeants européens.

Le chef de la diplomatie turque avait rencontré en fin de matinée le chef de la diplomatie européenne, l'Espagnol Josep Borrell. Il sera reçu vendredi par le président du Conseil européen, le Belge Charles Michel, et par le secrétaire général de l'OTAN, le Norvégien Jens Stoltenberg. "Le président Erdogan a invité Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à se rendre en Turquie et je suis venu pour préparer cette visite", a annoncé Mevlüt Cavusoglu lors d'une déclaration avant sa rencontre avec Josep Borrell. "J'espère que mes entretiens seront fructueux", a-t-il ajouté. La Turquie veut discuter du renouvellement de l'accord sur les migrations conclu avec l'UE, du projet de conférence internationale sur la Méditerranée orientale proposé par Charles Michel, de la libéralisation des visas promise par l'UE et de la modernisation de l'Union douanière, a-t-il énoncé.

"Pas passer l'éponge" 
"Nous espérons tous que les mots du président turc soient rapidement transformés en actes concrets et durables qui prouvent sa réelle bonne volonté vis-à-vis de l'UE", a déclaré à l'AFP le chef de la diplomatie du Luxembourg, Jean Asselborn. Mais "personne n'a l'intention de passer l'éponge", a-t-il averti. "L'UE reste déterminée à défendre ses intérêts et ceux de ses États membres ainsi qu'à préserver la stabilité régionale", a-t-il assuré.

Les sujets de tensions sont nombreux : contentieux avec la Grèce et Chypre, implication d'Ankara dans les conflits en Syrie, en Libye et au Nagorny Karabakh, brouille avec Paris, violations de l'embargo de l'ONU en Libye sur les armes, actions militaires agressives en Méditerranée orientale.

Les dirigeants européens ont tendu la main au président Erdogan en juillet 2020, mais il l'a rejetée. Ils ont décidé en décembre de sanctionner Ankara pour la poursuite de ses forages gaziers unilatéraux dans la zone économique exclusive de Chypre. Les Européens vont ajouter de nouveaux noms à une liste ouverte en novembre 2019 sur laquelle figurent déjà deux dirigeants de la Turkish Petroleum Corporation (TPAO), interdits de visas et dont les avoirs dans l'UE ont été gelés. Un accord pourrait être donné sur plusieurs noms lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères le 25 janvier, a indiqué un diplomate européen.

Ankara a deux mois pour convaincre l'Union. Josep Borrell doit présenter un rapport sur les relations politiques, économiques et commerciales entre l'UE et la Turquie et proposer des options aux dirigeants européens pour leur sommet en mars.

Le vent a tourné pour le président Erdogan avec la perte du soutien des Etats-Unis et l'arrivée au pouvoir de Joe Biden. En outre, les "énormes problèmes économiques" de la Turquie ne lui permettent pas de couper les liens avec l'Europe, son premier partenaire commercial.
"Les Turcs montrent patte blanche", ironise un diplomate de haut rang.

L'Allemagne, première puissance économique de l'UE, mise sur l'apaisement. Son ministre des Affaires étrangères Heiko Maas s'est rendu lundi à Ankara pour saluer les "signaux positifs" adressés par le président turc et "accompagner" ses initiatives.

"Nous espérons une détente durable dans nos relations avec la Turquie de manière à rendre caduque une nouvelle extension des sanctions en mars", a confié Jean Asselborn. "Mais il est nécessaire de s'assurer qu'on est prêt, si jamais on ne laisse pas d'autre choix à l'UE", a-t-il averti.


Echaudés par les revirements du président turc Recep Tayyip Erdogan, les Européens ont demandé jeudi à son émissaire Mevlüt Cavusoglu "des gestes crédibles" avant de reprendre le dialogue en vue d'une normalisation des relations avec Ankara."Le dialogue est essentiel, mais nous attendons des gestes crédibles sur le terrain", a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula...